Au Pakistan, les crimes de nature sexuelle, notamment commis envers les enfants, ne sont que très peu dénoncés ou étudiés. Le «Washington Post» écrivait en 2013 que, même si les autorités ne rendent pas publics les chiffres des faits de pédophilie, les cas d’abus sexuels sur des enfants seraient passés de 668 en 2002 à 2.788 en 2012.
En 2007, le drame survenu à Kainat Soomro avait choqué le Pakistan. Cette adolescente, alors âgée de 13 ans, avait été enlevée et violée par quatre hommes pendant quatre jours, puis rejetée par son village car les chefs de sa tribu l’avaient qualifiée de «vierge noire» pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage –une qualification qui va de pair avec une condamnation à mort. La jeune fille avait forcé l’admiration dans le pays par sa détermination: malgré les menaces qui planaient sur elle et sa famille –et le meurtre de son frère–, elle avait maintenu sa plainte et s’était battue pour traduire en justice ses agresseurs. Son histoire a fait l’objet d’un film, «Outlawed in Pakistan», qui a été projeté au Festival de Sundance en 2013. Ses agresseurs, eux, avaient été acquittés en 2010 au nom du «bénéfice du doute».
