D'après le journal Le Monde, en enquêtant initialement sur la société Pefaco, spécialisée dans les jeux en Afrique, les juges Serge Tournaire et Aude Buresi auraient incidemment découvert certains éléments leur permettant d'élargir leur instruction des faits de "corruption d'agents publics étrangers".
Les enquêteurs s'interrogent notamment sur la manière dont le groupe Bolloré a obtenu, en mars 2011, la concession du port de Conakry. Ils se demandent si cette attribution n'est pas liée à l'organisation, trois mois plus tôt, de la campagne présidentielle d'Alpha Condé par une société appartenant à Vincent Bolloré, l'agence Havas, alors détenue à 33 % par l'homme d'affaires breton.

Le 8 mars 2011, Alpha Condé, président guinéen fraîchement élu, décidait par décret présidentiel d'expulser l'opérateur du terminal à conteneurs de Conakry. La société française Necotrans, qui avait remporté l'appel d'offres face à Bolloré en 2008, était alors délogée par l'armée (voir vidéo) : "Il y avait des autorités militaires, des gendarmes postés devant nos bureaux, se souvient Abdou Diouf, à l'époque directeur du port de Conakry pour Necotrans. On était sorti d'un pays presque manu militari. C'était très compliqué et c'était surtout inexplicable."
Une fois la société Necotrans expulsée, Alpha Condé confiait ce marché titanesque (500 millions d'euros d'investissements) à Bolloré, sans nouvel appel d'offres, dans un contrat de gré à gré. Y aurait-t-il une connexion entre cette attribution de marché et la campagne réalisée par Havas quelques mois plus tôt ?
Havas, l'agence de communication qui a fait la campagne d'Alpha Condé

