
« Une récompense allant jusqu’à 100.000 euros sera versée pour toute information menant à la capture du suspect. » L’appel au public pour localiser le Tunisien Anis Amri, suspecté d’être l’auteur de l’attentat au camion de Berlin, a été lancé par la Bundeskriminalamt (BKA) la police fédérale allemande, mercredi. Et si l’annonce rappelle forcément le « top 10 most wanted » du FBI, elle se justifie par le caractère « exceptionnel » de l’affaire, « avec un suspect armé qui représente une menace immédiate pour la sécurité des citoyens », relève Alain Rodier. Mais le directeur de recherche du Centre français de renseignement (CF2R), le souligne, « une telle mise à prix n’est pas dans la culture européenne ». « Ici, ce n’est pas le Far West », lâche l’expert.

Aux Etats-Unis, le système, hérité du Commonwealth, est institutionnel. Les fameux posters « Wanted » étaient émis par les autorités locales ou fédérales aux premiers jours de l’Amérique. Pour la capture de Billy the Kid ? 500 dollars. Celle de Jesse James ? 5.000 dollars. Jusqu’à 50.000 dollars pour l’assassin de Lincoln.
La légitimité des fameux chasseurs de prime a été validée par une décision de la Cour suprême de 1872. Aujourd’hui, on les appelle des « bail enforcement agents ». Environ 1.200 agents indépendants « chassent » les personnes qui se font la malle pendant leur libération sous caution. Ils touchent une prime quand ils appréhendent un suspect, qui peut ensuite comparaître devant un tribunal.
Parallèlement, le FBI a mis en place sa fameuse liste des « 10 criminels les plus recherchés » à l’initiative de son directeur, J.Edgar Hoover, en 1950. Une récompense de 100.000 dollars est offerte pour leur capture, le plus souvent dans des affaires de meurtres. Selon les chiffres officiels de 2014, 94 % des 504 fugitifs placés sur la liste ont été interpellés – dans un tiers des cas avec l’aide du public.
Parfois, le montant s’envole, comme les 2.000.000 de $ touchés par une ex-miss Islande dans le cadre de la capture du parrain de la mafia de Boston, « Whitey » Bulger, en 2011. Il s’agit de l’argent du contribuable, mais les récompenses représentent au final une fraction assez faible des 8 milliards de dollars du budget annuel du FBI.


