"Je ne suis jamais parti de la vie politique". La petite phrase est signée François Hollande. L'ancien chef de l'Etat, qui continue à sillonner les librairies dans toute la France pour dédicacer son livre "LEs leçons du pouvoir". , était ce vendredi à Cherbourg dans la Manche, la patrie de son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.
Sans jamais nommer Emmanuel Macron, François Hollande a fait allusion à plusieurs reprises à son successeur à l'Elysée pour critiquer sa politique. Il a dénoncé pêle-mêle "la mise en cause des services publics et des fonctionnaires" ou "la diminution des droits sociaux, au nom du travail, avec des retraités qui sont maintenant montrés du doigt". Et d'ajouter : "Une réforme n'est pas une conviction". Et de mettre en garde : "une présidence doit être ferme pour résister aux groupes de pression".
"Une vision de l'avenir de son pays"
Pour François Hollande, "la première des leçons, c'est qu'il faut avoir des idées, des convictions pour mener la direction du pays, on peut pas être simplement dans la gestion et dans l'accumulation des réformes soi-disant indispensables". François Hollande enfonce le clou : "Ce qui doit animer le président de la République, c'est une vision de l'avenir de son pays". François Hollande a défendu "une conception de l'Etat fondée sur le dévouement, la sincérité, l'intérêt général et une capacité à se sacrifier".
Au cours de son discours, François Hollande a largement défendu la social-démocratie. "Qu'est-ce qu'il y a entre le populisme et le libéralisme ? Il y a le socialisme, la social-démocratie, la gauche de gouvernement [...], la mieux placée pour répondre aux trois enjeux essentiels de la planète et du pays". L'ancien chef d'Etat veut mettre en garde : "Le libéralisme entretient le populisme, l'amplifie, le sert".
"Une présidence humaine"
L'ancien chef d'Etat est aussi revenu sur ses 5 ans de présidence. Une présidence normale ? Il reconnaît que l'adjectif n'était pas forcément le plus approprié. Il préfère parler de "présidence humaine". L'occasion pour lui de se féliciter de ses résultats : mariage pour tous, loi sur la fin de vie, retour de la croissance, créations d'emploi, baisse du chômage et réduction du déficit public.
Avec ce discours, François Hollande signe-t-il son retour dans la vie politique un an et demi après avoir quitté l'Elysée ? "J'entends parler de retour, certains avec sincérité [...], d'autres avec effroi [...], d'autres encore avec gourmandise. Je veux les rassurer : je ne suis jamais sorti, si ce n'est de l'Elysée, je ne suis jamais parti de la vie politique". La mise au point a le mérite d'être claire. Il s'explique : "L'avenir de mon pays et la vie des Français sont des préoccupations légitimes de tout ancien président".
Les oreilles d'Emmanuel Macron ont dû siffler à plusieurs reprises en cette fin de journée ...
Source:La Dépêche.
https://www.ladepeche.fr/article/2018/0 ... acron.html

