L'Italie demande elle aussi le droit au dérapage budgétaire.

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Crapulax
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L'Italie demande elle aussi le droit au dérapage budgétaire.

Message par Crapulax »

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a présenté un budget modifié, avec un déficit nettement réduit, à 2,04%, en 2019, quand Paris pourrait afficher 3,5%.

À Rome:

Faire un geste de bonne volonté et profiter du dérapage budgétaire de la France pour se faire entendre. C'est dans cet esprit que le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, flanqué de son ministre des Finances, Giovanni Tria, est arrivé à Bruxelles mercredi après-midi pour rencontrer Jean-Claude Juncker, à la veille du Conseil européen des 13 et 14 décembre.

Le chef du gouvernement italien a assuré mercredi soir avoir présenté un projet de budget assorti d'un déficit nettement réduit «à 2,04 % du PIB» au lieu des 2,4 % affichés dans la première mouture retoquée par Bruxelles le 13 novembre.

Il semblerait qu'une succession de pressions ces tout derniers jours ait fini par faire bouger les lignes.

Dès l'après-midi, les marchés avaient acheté la rumeur d'un effort consenti par Rome et le spread (l'écart entre taux italien et allemand) était tombé à 272 points, contre 283 à l'ouverture, et plus de 300 points après le rejet du budget par l'Europe à la mi-novembre. Pour la première fois depuis septembre, les rendements à dix ans sur les bons du Trésor italien tombaient au-dessous de 3 %.

Il semblerait qu'une succession de pressions ces tout derniers jours ait fini par faire bouger les lignes. Une douzaine d'organisations patronales mais aussi le président de la République, Sergio Mattarella, lui-même demandaient mercredi matin que l'Italie trouve un accord pour éviter une procédure d'infraction risquée pour l'économie italienne. Pendant ce temps, les deux vice-premiers ministres, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, continuaient à refuser de descendre en deçà d'un déficit à 2,2 % et de réaménager leurs deux réformes phares, le revenu de citoyenneté et la réforme de la loi Fornero sur les retraites. Mercredi soir, Giuseppe Conte a assuré que les deux réformes étaient préservées, sans livrer plus de détails.

Pour autant, il n'est pas sûr que cette «bonne avancée», selon les mots de la Commission qui va maintenant «étudier la proposition», permette à l'Italie d'éviter la procédure d'infraction, sachant que Bruxelles demandait une réduction du déficit à 1,8 % et une baisse du déficit structurel.

Position compliquée:

Néanmoins, l'Italie entend bien bénéficier de la crise française. La veille, devant les députés, le premier ministre revendique «le droit de présenter un budget expansif», fait de «mesures visant à soutenir les travailleurs et les entreprises» et contenant des «réponses urgentes aux besoins des citoyens», ainsi que des «mesures d'équité sociale nécessaires et durables».

Les 10 milliards promis par le président français pour calmer la colère des «gilets jaunes», qui pourraient faire déraper le budget 2019 de la France jusqu'à 3,5 % du PIB, compliquent la position de Bruxelles à l'égard de l'Italie. «Il serait inacceptable que l'Europe adopte deux comportements différents avec Paris et Rome, a lancé Matteo Salvini depuis Jérusalem où il était en visite officielle. Je ne peux imaginer que l'on ferme les yeux sur Emmanuel Macron, en imposant des sanctions inacceptables à l'Italie.»

Une mise en garde à laquelle le commissaire Pierre Moscovici s'est empressé de répondre, affirmant que «la France ne bénéficierait pas d'un traitement de faveur par rapport à l'Italie en cas de dérapage de son déficit. Il n'y a pas deux poids deux mesures, les règles sont les mêmes pour tous». Des garanties très écoutées en Italie, en particulier celle-ci, parlant de la France: «La Commission européenne comprend que, face à des mouvements sociaux et à des revendications très fortes de réduction de fracture territoriale ou sociale, un gouvernement puisse être amené à prendre des mesures.» Une précision que l'Italie, qui cherche par tous les moyens à faire de son budget une affaire politique et non financière, aura prise pour elle.
Source:Le Figaro.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018 ... xelles.php
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Crapulax
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Re: L'Italie demande elle aussi le droit au dérapage budgétaire.

Message par Crapulax »

...................................Budget: Rome trouve un accord avec Bruxelles......................................




La coalition populiste au pouvoir à Rome et la Commission européenne se sont entendues mercredi sur le budget 2019 de l'Italie, qui a notamment accepté de reporter deux mesures phares, après un long bras de fer, a annoncé le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis.


L'accord prévoit 10,25 milliards d'euros d'économies budgétaires, en partie grâce au "report de l'entrée en vigueur des deux principales mesures" du gouvernement italien: la réforme des retraites et le revenu de citoyenneté, un revenu minimum en faveur des plus défavorisés, a expliqué M. Dombrovskis.

Cette solution "n'est pas idéale, mais elle permet d'éviter à ce stade l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif", a-t-il ajouté à propos du budget italien, jusqu'alors jugé "hors des clous européens".

L'accord conclu mercredi porte sur un déficit public à 2,04% du Produit intérieur brut (PIB) --contre 2,4% au départ-- avec une prévision de croissance ramenée à 1% pour l'an prochain au lieu de 1,5%.

Il doit permettre d'éviter une aggravation de l'énorme dette de l'Italie, qui s'élève à environ 130% de son produit intérieur brut (PIB).

"Ce processus n'a pas été facile. Au début il semblait y avoir peu de chances de combler l'écart entre nos positions respectives", a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, voyant dans cet accord "une victoire pour le dialogue par rapport à la confrontation".

Économies sur les investissements:

Outre le report de la réforme des retraites et du revenu de citoyenneté, d'autres économies doivent être réalisées sur les investissements italiens, qui seront partiellement compensés par les fonds européens.

L'Italie a également demandé à Bruxelles de bénéficier d'une flexibilité pour circonstances exceptionnelles, afin de faire face aux risques sur ses infrastructures routières et aux inondations de grande ampleur.
Source:Le Figaro.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/1 ... xelles.php
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