Je me sens "foulard rouge" et bien dans ma peau
Dans le Vaucluse, les "foulards rouges" s'organisent contre les gilets jaunes
Un groupe Facebook comptant près de 800 membres vient de voir le jour et entend faire respecter "l'État de droit".
Par Romain Herreros
"Puisque le préfet et les forces de l'ordre ne souhaitent pas faire respecter l'Etat de droit, le mouvement citoyen 'foulards rouges' le fera lui-même, sans violence, mais avec détermination". Voilà ce que promet la page Facebook des "Foulards rouges" créée le 26 novembre à destination des internautes du Vaucluse qui s'opposent aux gilets jaunes. Trois jours après sa création, la page compte 800 membres.
Auprès du Dauphiné libéré, l'un de ses créateurs, John Christophe Werner, explique que l'objectif est de rassembler "les citoyens qui sont pénalisés tous les jours par les méthodes des gilets jaunes". À la manière des ses adversaires sur le réseau social, l'intéressé a également relayé cet appel sur sa page Facebook personnelle (mais publique).
Sur cette page, les internautes ne cachent pas leur exaspération envers les "extrémistes" gilets jaunes et se partagent des informations concernant les blocages routiers observés dans la région. Car c'est bien cela dont il est question dans ce groupe: la liberté de circulation. Témoignages, modes d'actions, blagues potaches... On trouve un peu de tout dans ce groupe qui -paradoxalement- ressemble dans son organisation à celles des gilets jaunes. À ceci près qu'aucune "fake news "n'y a pour l'heure été partagée.
"Toujours sans violence"
"Si les foulards rouges se coordonnent, cela peut parfaitement être faisable de débloquer des ronds-points, à condition d'intervenir au bon moment. N'essayez bien évidemment pas de le faire seul. Toujours sans violence, et si vous sentez que les gilets jaunes pourraient devenir violents, vous repartez, ou restez en retrait, appelez les forces de l'ordre, et reprenez votre intervention en leur présence après leur avoir expliqué ce que vous voulez faire", prévient l'un des administrateurs, en conclusion d'un témoignage d'une tentative de déblocage d'accès à l'autoroute.
"Soyons vigilants, attention à ne pas monter le peuple français les uns contre les autres. Soyons intelligents dans les paroles et les actes", avertit un autre, affichant foulard rouge en photo de profil. En attendant de gagner en visibilité et de savoir quels modes d'actions adopter, des "foulards rouges" imitent les gilets jaunes, en affichant leur couleur sur leur tableau de bord.
Les foulards rouges ont évidemment peu de chance de passer à la télé, mais seront ils plus entendus après cet acte V qui inquiète les français... qui souhaitent en majorité que le mouvement des GJ remballe ses palettes, nettoie les RP, dégage les canettes et retourne bosser... un peuFace aux Gilets jaunes, les Foulards rouges bretons s’organisent
"Je ne suis pas Gilet jaune", peut-on lire sur la couverture de la page Facebook des Foulards rouges rennais. | OUEST-FRANCE
Guillaume ROBELET.
Publié le 03/12/2018 à 16h39
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Une page Facebook de Foulards rouges vient d’être lancée par un Rennais. Le but : donner la parole à ceux qui ne sont pas d’accord avec les Gilets jaunes et dénoncer les actions de blocage.
Romain, écharpe autour du cou, ne souhaite pas dévoiler nom, ni montrer son visage par « peur des représailles » . Ce Rennais de 25 ans, chef de projet en informatique et « non politisé » , vient de lancer le groupe fermé « Les foulards rouge de Rennes (Ras le bol des Gilets Jaunes) ». Un nom explicite, tout comme la photo de couverture représentant un bandana rouge enroulé autour d’un biceps, avec la mention « Je ne suis pas Gilet jaune ».
Un coup de gueule
« L’objectif de ce groupe est de dire simplement qu’on respecte les opinions des Gilets jaunes mais qu’on n’approuve pas leurs méthodes, dit-il. Nous sommes pacifistes, contre les blocages, contre la casse et contre les insultes à tout va. » Pour Romain, cette page est une sorte de coup de gueule. « Je veux juste aller au travail sans être embêté sur la route. Il y a le stress de ne pas être à l’heure. »
Gwendal, 21 ans, a également rejoint les Foulards rouges, lassé par les blocages. Ce commercial, habitant à La Mézière, explique être bloqué « en moyenne 4 heures par semaine. Je travaille sur 13 départements, j’ai l’impression d’être otage de leurs opérations. Mes collègues aussi en on marre. »
La page rassemble pour l’instant 175 membres. Elle a été créée samedi, le jour de la manifestation violente à Paris. « Où est la limite à la violence ? Détériorer l’Arc de Triomphe et piller les magasins… c’est vraiment choquant » , dénonce Romain.
Le groupe national des Foulard rouges, lancé il y a une semaine, regroupe pour sa part 19 000 personnes. Au départ, ce sont des habitants du Vaucluse qui souhaitaient mettre fin aux blocages dans leur département.
« Collabo-macroniste »
Avec les « foulards rouges de Rennes », Romain veut créer un lieu de débats et de dialogues, pour dire qu’on a le droit de ne pas être d’accord avec les Gilets jaunes. « Je voulais rencontrer des gens qui ont les mêmes idées que moi. Dans mon entourage, beaucoup soutiennent les Gilets jaunes. Je me sens isolé. Surtout, il est impossible de discuter rationnellement avec des gilets jaunes qui m’insultent directement en me traitant de collabo-macroniste. Si tu n’es pas avec eux, tu es contre eux » , dénonce-t-il.
Si la page s’adresse en premier lieu aux Rennais et aux Brétilliens, elle concerne tous les Bretons. « J’envisage d’élargir la page à toute la région. Pourquoi ne pas organiser des rencontres aussi ? » Facebook, outil de communication des Gilets jaunes, est aussi celui des Foulards rouges désormais.

