Cet adolescent ne s'imaginait pas que sa blague prendrait de telles proportions et encore moins que des membres du gouvernement lui apporteraient leur soutien: le jeune Hugo a été menacé de mort le weekend du 13 avril après une blague sur La Mecque.
Source:Le Figaro.
En retour, le jeune homme a reçu de nombreux messages de soutien de la part d’internautes et des membres du gouvernement. La secrétaire d’État Marlène Schiappa a notamment rappelé que le blasphème n’existait pas en France.
L’affaire ressemble à une banale histoire de cyberharcèlement mais plusieurs membres du gouvernement n’ont pas hésité à s’emparer du sujet ce week-end. Un adolescent a été la cible de nombreuses menaces après avoir publié un tweet humoristique sur le pèlerinage à La Mecque. «Ptdr y’a du monde à InZeBoite», écrit-il, en référence à un jeu télévisé diffusé sur la chaîne pour enfants Gulli. Mais la blague ne passe pas auprès de certains internautes. Plusieurs d’entre eux commencent à menacer l’adolescent et à réclamer son nom et son adresse. «Décapitez-le ce fils de pute», enjoint notamment cet anonyme. Le nom d’un collège est également diffusé comme étant celui où Hugo est scolarisé, rapportent plusieurs médias.
Face à cette déferlante de haine, le jeune homme publie un message d’excuse et demande qu’on le «laisse en vie». «Je n’ai jamais voulu offenser quelqu’un dans ce tweet arrêtez de vouloir la violence pour rien , il y a bien pire dans ce monde et sur Twitter», a-t-il ajouté. Ses deux tweets ont depuis été supprimés.
#JeSoutiensHugo:
Très vite, Hugo reçoit de nombreux messages de la part d’autres internautes sous le hashtag #JeSoutiensHugo. Beaucoup lui rappellent qu’il n’a pas à s’excuser, étant donné que le blasphème n’existe pas en France. «Et si certains ne sont pas réceptifs à l’humour, ils n’ont aucun droit d’imposer leur point de vue. Et encore moins a fortiori de menacer quiconque», réagit un internaute s’adressant à Hugo. Certains vont même jusqu’à s’indigner en dessin.
Des internautes qui se présentent comme musulmans prennent aussi la défense de l’adolescent.
Le cyberharcèlement puni par la loi:
Dans la foulée, le gouvernement s’empare du sujet. La secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a rappelé que la France était «une République laïque» où chacun pouvait «critiquer et se moquer des religions sans être menacé de mort pour cela» et que le cyberharcèlement de groupe était puni depuis cet été par la loi. Les harceleurs en ligne encourent deux ans de prison et 30.000 euros d’amende mais elle peut être portée à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende si plusieurs circonstances aggravantes (la victime est un mineur de 15 ans, une personne vulnérable, a subi un harcèlement entraînant une incapacité totale de travail de plus de huit jours, etc) sont réunies.
Le nouveau secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, a lui aussi rappelé que le cyberharcèlement était répréhensible. «La foi des intégristes est bien fragile pour se sentir menacée par l’ironie d’un adolescent», a-t-il ajouté.
Les faits ont été signalés auprès de Pharos, a rapporté pour sa part la police nationale. Cette plateforme en ligne permet de signaler des contenus suspects ou illicites sur Internet.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... e-20190415

