L’objectif pour les 72 députés à l’origine de cette initiative est d’accompagner et encadrer la vente, interdite depuis la loi Evin en 1991, et faire gagner de l’argent aux clubs.
Source:Le Figaro.
Le retour de la bière pour les supporters. C’est ce que soutiennent 70 députés La République en Marche qui ont déposé le 24 juillet dernier une proposition de loi pour rétablir la vente d’alcool dans les stades. Parmi eux, trois députés, François Cormier Bouligeon, Cédric Roussel et Belkhir Belhadad, planchent depuis plusieurs mois sur ce texte qui a pour objectif d’«assouplir, de manière encadrée, l’application de la loi Évin dans les stades en étendant l’octroi d’autorisations temporaires de vente d’alcool aux sociétés sportives», cite France bleu.
Il s’inscrit dans une proposition de loi générale «visant à faire de la France une nation sportive». Parmi les 18 articles, l’un porte par exemple sur «l’ouverture systématique des installations sportives des établissements scolaires pour les activités sportives hors cadre scolaire», un autre «exige la transparence des comptes des fédérations sportives», explique L’Equipe .
Et l’article 18 entend rétablir la vente d’alcool dans les stades, interdite depuis la loi Evin. Promulguée en 1991 , elle encadre la vente d’alcool et de tabac en France. Si elle limite fortement la publicité de boissons alcoolisées, elle comporte également un volet qui interdit leur commercialisation dans les stades. Ces derniers ne disposent que de 10 dérogations par an, accordées par le maire ou le préfet. Mais cette interdiction ne s’applique qu’aux supporters dans les tribunes et pas à ceux qui bénéficient des loges VIP.
Il faut «arrêter l’hypocrisie», dénonce Belkhir Belhadad, à France Bleu. Selon lui, comme les spectateurs consomment de l’alcool avant de rentrer dans le stade, celui permettrait d’accompagner la vente et de l’encadrer, arguant qu'assouplir cette disposition de la loi Evin ferait gagner de l’argent aux clubs. D’autant que les clubs amateurs, eux, ont le droit de fournir leurs supporters en bière qui demeure donc sans alcool pour les compétitions professionnelles.
Le rugby, lui, a déjà réussi à s’affranchir de cette interdiction et on peut aisément acheter pendant les matches de la bière et du vin. Pour détourner la loi Evin, certains clubs comme le stade Chaban-Delmas à Bordeaux dispose d’une licence leur permettrant de commercialiser de l’alcool à condition qu’il accompagne une vente de nourriture. Autre technique, avoir deux associations s’occupant de la buvette et bénéficier ainsi de 20 dérogations au lieu de 10, explique Sud Ouest.
De son côté, l’Association nationale de prévention en alcoologue et addictologie (Anpaa) a réagi le 6 août dénonçant dans un communiqué «le lobby alcoolier» derrière les députés. Selon l’association, «la consommation d’alcool est incompatible avec le sport car la promotion de l’alcool auprès des jeunes via les compétitions sportives, vise à banaliser la consommation générale, et en premier lieu celle des jeunes qui constituent la majorité du public».
Les trois députés ne sont pas les premiers à se saisir du sujet. En février dernier, Stéphane Viry avait déposé une proposition de loi dans ce sens. L’élu LR des Vosges, accompagné de 13 autres députés, avançait les mêmes arguments que ses confrères expliquant que la vente à l’intérieur des stades permettrait d’encadrer la consommation et «renforcer leurs recettes». «Il s’agit de faire en sorte que ceux qui s’alcoolisent beaucoup en moins de 10 minutes avant d’entrer dans le stade n’aient plus besoin de consommer de l’alcool fort de cette façon, mais puissent tranquillement boire une bière entre potes avant le match et à la mi-temps», expliquait Stéphane Viry à RTL. L’Anpaa avait alors réagi répliquant que les supporters étaient «capables de se retenir de boire pendant deux fois 45 minutes de football».
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... s-20190807

