https://www.lemonde.fr/planete/article/ ... _3244.htmlArrêté antipesticides de Langouët : « Les carences de l’Etat justifient l’action des maires »
Par Maureen Songne Publié hier à 19h11, mis à jour hier à 19h31
Les associations qui soutiennent le maire de Langouët, dont l’arrêté antipesticides est attaqué par la préfecture d’Ille-et-Vilaine, dénoncent le manque de moyens pour limiter l’utilisation des pesticides.
Le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, qui a interdit l’usage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations, a reçu une immense vague de soutiens ces derniers jours, qui a culminé jeudi 22 août, jour de sa convocation devant le tribunal administratif de Rennes. Entre 600 personnes, selon la police, et un millier, selon les organisateurs, l’attendaient à la sortie.
L’élu sans étiquette de cette petite commune de 602 habitants avait pris en mai un arrêté interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ».
Arrêté qui avait été attaqué en référé par la préfecture d’Ille-et-Vilaine, au motif qu’un maire n’est pas compétent pour prendre des décisions sur l’utilisation de produits phytosanitaires, y compris au nom du principe de précaution, un pouvoir réservé à l’Etat. :roll:
Devant le juge, l’élu, qui revendique la légalité de son arrêté et a adressé un mémoire de 300 pages au tribunal, rappelle qu’un règlement européen oblige depuis 2009 les Etats à protéger leurs habitants de l’épandage de pesticides, et que le Conseil d’Etat a partiellement annulé en juin un arrêté réglementant l’utilisation de pesticides, au motif qu’il ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains.
« On ne peut pas continuer à négliger la santé de la population »
Parmi les soutiens du maire, François Veillerette, directeur de l’association Générations futures, se souvient de cette première victoire : « On a déjà participé à l’annulation partielle du Conseil d’Etat de l’arrêté pesticides. Cela nous semblait important de venir le soutenir aujourd’hui. »
L’édile était-il pour autant en droit de braver l’autorité de l’Etat ? Pour François Veillerette, il relevait de son « devoir moral de protéger la commune ». « Il s’est décidé à agir faute d’action du gouvernement, les carences de l’Etat justifient l’action des maires. Le boulot d’un maire, qui possède des pouvoirs de police en tant qu’autorité administrative de sa commune, c’est aussi de protéger la population des dangers environnementaux. Un habitant tombé malade aurait pu poursuivre la ville et même l’Etat faute de mesures », explique-t-il.
Un avis partagé par Cécile Claveirole, responsable de la question agricole à France Nature Environnement, pour qui le maire est même « visionnaire et en avance sur son temps » :
« On ne peut pas continuer à négliger la santé de la population. Il y a quelques jours, le ministre de l’agriculture a affirmé que la France serait le premier pays au monde à interdire le glyphosate [une affirmation démentie par Les Décodeurs]. Mais ça fait treize ans que ça dure, ce ne sont que des paroles, il n’y a pas d’actes derrière. »
Un nouvel exemple du fossé entre les discours et les actes ...
quelle place attribue t-on à la santé publique en France pour être autant dans l'immobilisme face à des risques connus depuis plusieurs années ? et attaquer un maire qui a le courage de se soucier de la santé de ses habitants en agissant concrètement ?
il faut soutenir ces actions locales et souhaiter qu'elles se multiplient pour bousculer ce petit monde politique et contribuer à accélérer les choses ; ceci étant valable pour le glyphosate et autres pesticides comme pour bien d'autres sujets

