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Au Brésil, Bolsonaro mise sur la stratégie du chaos
Après avoir démis son ministre de la Santé, trop populaire, le président du Brésil a pris part à une manifestation favorable à une intervention militaire. Par Claire Meynial
Publié le 21/04/2020 à 07:24 | Le Point.fr
Jair Bolsonaro lors d'une manifestation contre la quarantaine et les mesures de distanciation sociale, le 19 avril. © SERGIO LIMA / AFP
C'étit inévitable : après des semaines de conflit, Jair Bolsonaro a limogé son ministre de la Santé. Le président du Brésil n'a même pas attendu que Luiz Henrique Mandetta termine sa conférence de presse pour commencer la sienne. « C'était un divorce par consentement mutuel », a-t-il assuré. Ce changement intervient alors que les hôpitaux sont déjà saturés et que le pic de l'épidémie de coronavirus est attendu pour la fin mai.
Il faut dire que Mandetta présentait deux défauts majeurs : prôner la distanciation sociale et être plus populaire que Bolsonaro. Alessandro Molon, membre du Parti socialiste brésilien (PSB) et chef de l'opposition à la Chambre des députés, ne décolère pas : « Bien sûr, Mandetta était un obstacle à la réouverture des commerces et des entreprises. Bolsonaro place l'économie avant tout parce qu'il est obsédé par sa réélection. Mais, surtout, il était jaloux de son succès. Mandetta lui faisait de l'ombre et Bolsonaro est si borné que, même dans ces circonstances, il est préoccupé par ça. Certains dirigeants se grandissent en temps de crise. Lui, il se rapetisse. »
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Quelques jours plus tôt, un sondage de l'institut Atlas Politico révélait que 76,2 % des Brésiliens s'opposaient à une éventuelle démission de Mandetta. 72,2 % approuvaient les mesures de confinement et seuls 23 % appréciaient la gestion du président, qui a continué à prendre des bains de foule. Lors de ses conférences de presse quotidiennes, Mandetta se rangeait à l'avis de l'OMS pour éviter l'effondrement du système de santé. Bolsonaro, lui, plaide pour une reprise de l'activité économique et vante les bienfaits de la chloroquine. Le ministre, chaque jour, rappelait qu'aucune étude scientifique ne permettait d'établir son efficacité. Les balles sifflaient dans les deux sens. « Il faudrait qu'il écoute plus son président, il manque un peu d'humilité », avait menacé Bolsonaro lors d'une émission de radio. « Le virus s'impose. Le virus ne négocie avec personne. Il n'a pas négocié avec Trump, il ne négociera avec aucun gouvernement », avait rétorqué Mandetta, dans le magazine Veja. Il y eut, enfin, cette interview télévisée où il regretta la cacophonie : « Le Brésilien ne sait pas s'il doit croire le président ou le ministre de la Santé. »
Le chaos , l' armée arrive prend le pouvoir et dirige avec le "gérant"
ça ressemble a une situation de dépot de bilan , on trouve un syndic en la personne de militaires, et le tour est joué .

