La perte de revenus s’élèverait à 99 millions d’euros pour la santé, 300 millions d’euros pour la prévoyance pour l’ensemble du secteur de l’assurance.
Source:Le Parisien.
C'est un effet pervers de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. Le paiement des cotisations dues par les entreprises aux mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance pour leurs contrats de complémentaire santé et de prévoyance a brutalement chuté du fait des arrêts de travail et du chômage partiel massif demandé pour 12,4 millions de Français depuis le début du confinement le 17 mars. Ces situations dispensent, en effet, les salariés de cotiser pour leur complémentaire et pour la prévoyance.
Conséquence, les assurés en arrêt de travail ou chômage partiel ne sont plus couverts en cas d'accident, invalidité, maladie professionnelle ou décès. « Nous avons alerté le gouvernement sur cette situation qui fait courir un risque important aux salariés qui se retrouvent sans couverture », explique Stéphane Pénet, délégué général adjoint à la Fédération française des assurances (FFA).
Le message a été entendu et un amendement doit être déposé, ces jours-ci, au Sénat, puis discuté à l'Assemblée, pour permettre aux entreprises de maintenir le bénéfice des garantis du contrat collectif pour leurs salariés au chômage partiel et ce de façon rétroactive au 11 mars.
Des cotisations en chute:
Reste, pour les acteurs des complémentaires et de la prévoyance, la perte d'un volume important de cotisations. Selon les projections de Gerep, la perte de revenus s'élèverait à « 99 millions d'euros pour la santé, 300 millions d'euros pour la prévoyance » pour l'ensemble du secteur de l'assurance.
Certes, par ailleurs, la facture des remboursements de soins de ville supportée par les complémentaires santé est en chute libre, les Français confinés ayant cessé pour beaucoup de voir médecin, dentiste, kiné … Selon le cabinet de courtage Gerep qui a réalisé une étude sur 60 000 adhérents, l'enveloppe des prises en charge de soins a fondu de 29 % entre mars et mai, soit un recul de 8 % en année pleine.
« Mais nous anticipons un effet de rattrapage de la consommation de soins après le déconfinement », tempère Damien Vieillard-Baron, président de Gerep, qui souligne que cette projection ne tient pas compte de la facture des soins hospitaliers liés au Covid-19. « A titre d'exemple, une réanimation nous coûte en remboursement, entre 1 000 euros et 4000 euros par jour et par patient. Cette facture devrait nous arriver en juillet ».
Un coût de plusieurs centaines de millions d'euros en cas de hausse du chômage:
Enfin, instituts de prévoyance, mutuelles et assureurs redoutent que la facture n'augmente considérablement en cas d'envolée du chômage. « Le salarié licencié conserve ses garanties pour une durée, proportionnelle à son ancienneté, au maximum de douze mois pendant lesquels il ne cotise pas, mais peut être pris en charge pour sa santé », rappelle Damien Vieillard-Baron.
Cette portabilité des droits, instaurée en 2008, « concerne habituellement 2,5 à 3 % des adhérents », poursuit Damien Vieillard-Baron.«Mais la seule multiplication par deux de ce taux coûterait au secteur, entre pertes de recettes et dépenses, de 600 à 800 millions d'euros en année pleine.»
Interrogées, les grandes fédérations du secteur jouent la prudence. Pas de commentaire du Centre technique des institutions de prévoyance, qui représente 51 institutions. La Mutualité française, qui compte 300 mutuelles adhérentes, ne s'avance pas plus : « Personne, glisse-t-on dans l'entourage du président, Thierry Beaudet, n'est en capacité aujourd'hui d'évaluer précisément les dépenses de santé et le montant des cotisations non recouvrées pour les mutuelles. »
http://www.leparisien.fr/economie/les-c ... 319135.php

