Dans l’après-midi, le collectif «Marchons Enfants», opposé au texte a manifesté devant le Palais Bourbon aux cris de «Occupez-vous de la crise, pas d’une loi qui divise».
Source:Le Figaro.
Coup d’envoi de l’examen du projet de loi de bioéthique à l’Assemblée nationale. Une seconde lecture marquée par un nouveau casting gouvernemental. Aux côtés de Frédérique Vidal (Recherche), Olivier Véran, le ministre de la Santé et Eric Dupont -Moretti, le nouveau garde des Sceaux, ont remplacé Agnès Buzyn et Nicole Belloubet.
A la tribune, ils ont défendu le «point d’équilibre» trouvés par les députés en première lecture. Soit une version du texte proche du projet de loi initial du gouvernement, sans les modifications votée en commission début juillet comme l’autorisation de la «Ropa» (une méthode qui autorise une femme en couple à se faire implanter un embryon conçu avec les ovocytes de sa partenaire) et l’élargissement du dépistage des embryons conçus par fécondation in vitro.
«Une seconde lecture ne saurait être un match retour», a interpellé Olivier Véran. «Je sais que la route est très étroite. Nous sommes sur une ligne de crête entre le possible et le souhaitable», a-t-il lancé.
Face aux critiques récurrentes de l’opposition ces derniers jours sur un examen de cette loi «en catimini», au coeur de l’été, il a rétorqué: «C’est faux et la preuve, c’est que nous sommes là pour que le débat parlementaire ait lieu». Pour défendre l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules, mesure phare du texte, il a enfin invoqué «le combat de l’égalité» et cité le philosophe Michel Serres: «Vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant «je t’ai choisi».
«Un progrès considérable»:
«Heureux» et «fier» de porter ce texte, Eric Dupont-Moretti a lui-aussi promis qu’il serait «le garant des équilibres qui ont été trouvés». Après avoir loué «un progrès considérable dans le long cheminement vers l’égalité des droits», il a adressé un message aux opposants au texte, attachés à «un modèle plus traditionnel de la famille»: «Je respecte leurs convictions, qu’elles soient morales ou religieuses», a souligné l’ancien avocat. Le contradictoire a toujours été le sel de ma vie professionnelle. J’espère bien le retrouver ici».
Sur le délicat sujet de filiation, il a défendu le dispositif retenu en commission pour reconnaître deux femmes comme mère d’un enfant avec une PMA avec don. Soit une filiation qui passe par l’accouchement pour la femme qui donne naissance à l’enfant et par une reconnaissance conjointe anticipée effectuée en couple devant le notaire pour sa compagne.
Pour la filiation des enfants nés de mères porteuses à l’étranger, il a appelé à «un cadre juridique sécurisant» mais qui reste sous le contrôle du juge. «La GPA reste une ligne rouge pour le gouvernement», a-t-il rappelé.
«C’est une rupture profonde»:
Un des co-rapporteurs du projet de loi bioéthique, Jean-Louis Touraine (LREM), désireux de faire avancer le texte plus loin que le gouvernement, a pour sa part considéré que le projet de loi bioéthique était une «loi de progrès raisonnable» et «une loi d’amour». Dans un climat agité, Emmanuelle Ménard (non inscrite, apparentée RN) ) a défendu un motion de rejet préalable.
«Ce texte va laisser une trace indélébile dans notre société: le bannissement des pères. Ce qui se joue ici c’est une rupture profonde, anthropologique», a tonné la députée. «Derrière chaque phrase que vous employez, il y a des familles qui écoutent, qui entendent, et qui parfois souffrent de vos propos, madame», lui a répondu le ministre de la Santé. Dans l’après-midi, le collectif «Marchons Enfants», opposé au texte a manifesté devant le Palais Bourbon aux cris de «Occupez-vous de la crise, pas d’une loi qui divise».
https://www.lefigaro.fr/actualite-franc ... e-20200727

