Ce mardi, l'Institut de sondage Ifop a publié une enquête réalisée pour le magazine Marianne. Les questions ainsi que les illustrations utilisées ont été largement critiquées sur les réseaux sociaux.
Source:La Dépêche.
La polémique n'en finit plus sur les tenues au lycée. Ce mardi, l'Institut de sondage Ifop a publié une enquête réalisée pour le magazine Marianne. Les questions ainsi que les illustrations utilisées ont été largement critiquées sur les réseaux sociaux.
Le débat continue autour des règles vestimentaires à l'école. Cette fois la polémique concerne un sondage réalisé par l'Ifop pour le magazine Marianne. Les 2000 sondés devaient répondre à la question suivante : "Qu'est-ce qu'une 'tenue correcte' au lycée ?"
Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont insurgés sur la manière dont les questions étaient formulées mais également sur les illustrations utilisées pour représenter les tenues vestimentaires des lycéennes.
La question évoquant l'interdiction du port de certains vêtements par des filles a notamment fait l'objet de vives critiques. En effet, les différentes réponses étaient illustrées par des dessins représentant une lycéenne à la poitrine généreuse et découverte.
Les formulations du sondage font réagir:
Parmi les exemples de réponses présentées aux sondés le "no bra" décrit comme un "haut sans soutien-gorge au travers duquel la pointe de ses tétons est visible", un "haut avec décolleté plongeant" ensuite, puis le "crop-top" soit "un tee-shirt laissant apparaître le nombril" et enfin un haut "laissant apparaître les bretelles du soutien-gorge".
Autre question, autre polémique....
Cette fois, cela concerne le "dévoilement des jambes des lycéennes". Là encore, quatre réponses proposées : le mini-short, la mini-jupe, la robe moulante ou le jean troué. Selon le sondage, 56% des Français interrogés souhaitent interdire le port du mini-short 49% celui de la mini-jupe.
Forcément, la publication de ce sondage a provoqué de multiples réactions enflammées notamment parmi les personnalités politiques. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des "sondages propagande pour la dictature des puritains", un "effet miroir contre la liberté des femmes", selon le numéro 1 du parti "la France insoumise".
De son côté, Ségolène Royal parle d'un sondage "affligeant de bêtise et de sexisme", accompagné de dessins "réduisant les jeunes filles à leurs seins et leur jupe et réduisant les jeunes hommes au voyeurisme".
La députée de la majorité présidentielle, Yaël Braun-Pivet, et présidente de la Commission des Lois de l'Assemblée nationale, a elle aussi tenu à réagir assurant que "100% des femmes souhaitent qu'on leur fiche la paix".
Des personnalités, ont elles, aussi réagi à ce sondage. L'économiste Rebecca Amsellem a fait part de son mécontentement sur Twitter. "Donc on est en 2020 et cela semble tout à fait normal pour un institut de sondage de créer un débat autour de ce que doivent porter les filles. Hâte de connaître le % de Français qui pensent que c'est OK pour les garçons de dévoiler leurs genoux", a-t-elle écrit.
Penelope Bagieu, dessinatrice engagée a répondu en suivant au message de Rebecca Amsellem : "Je visualise les mecs de 70 ans qui ont répondu à ça, tout va bien."
Suite à cette vive polémique, l'institut de sondage a réagi sur le réseau social Twitter. Dans son communiqué, l'institut assure qu'il "mesure depuis plusieurs décennies le soutien des Français aux mouvements sociaux qui agitent le pays, réaliser un sondage sur le thème de "la tenue des lycéennes" nous est apparu à la fois pertinent, car correspondant au cœur des revendications du mouvement, et conforme aux termes du débat public en cours".
Quant à l'utilisation de ces illustrations montrant des poitrines dénudées, l'Ifop argumente : "Nous avons utilisé des pictogrammes par défaut, qui figuraient déjà dans d'autres études relatives au rapport des Français au dévoilement des corps.
Ces sondages menés de front par le pôle "genre, sexualité et santé sexuelle" de l'Ifop, mesurent depuis de nombreuses années la pression sexuelle vécue par les femmes dans notre société et la difficulté à faire évoluer les consciences à ce propos".
https://www.ladepeche.fr/2020/09/30/sei ... 106308.php

