C’est ce que le réalisateur iranien Massoud Bakhshi, sidéré par l’existence d’une émission de ce type dans son pays, retrace dans le film « Yalda, la nuit du pardon ».
Source:Le Nouvel Obs.
Pour la vie, tapez 1. Pour la mort, tapez 2....
..... Entre deux chansons et deux plages de pub, l’animateur beau gosse invite les téléspectateurs à choisir entre la libération ou la pendaison d’une jeune femme.
Ce soir-là , soir de la fête zoroastrienne de Yalda, où l’on célèbre le solstice d’hiver en mangeant des fruits à cœur rouge et récitant des poèmes de Hafez, ils sont vingt millions, rivés sur le petit écran, à jouer le jeu. On croirait une satire de la téléréalité, une parodie de procès populaire, une version ubuesque de « Faites entrer l’accusé ».
Eh bien, non, le programme qui a inspiré « Yalda, la nuit du pardon » de Massoud Bakhshi (en salles le 7 octobre) existe vraiment. En Iran.
Ce pardon, pour avoir la vie sauve, les repentants doivent l’obtenir en direct de la bouche des proches de victimes, tandis que les téléspectateurs sont appelés à donner leur avis avant l’arrivée, sur le plateau, d’un procureur, qui enregistre la sentence finale.
Un show présenté à la manière d’une émission de variétés, mais conçu pour faire monter le suspense et laisser accroire que le peuple des télé-jurés est souverain.
Si le pardon l’emporte, les sponsors verseront à la famille de la victime le lourd « prix du sang ».
Bouleversé et même sidéré que, dans son pays, la télévision jongle avec la vie et la mort sous les sunlights, Massoud Bakhshi en a tiré un film remarquable, qui, à son tour, nous bouleverse et nous sidère.
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