Amazon est mis en cause dans une enquête du média américain Vice qui révèle notamment que le groupe a recours à l'agence privée Pinkerton pour enquêter sur ses sites européens.
Source:Le Figaro.
Amazon espionne-t-il ses travailleurs ? C'est ce qu'a dénoncé la fédération syndicale internationale Uni Global Union dans un communiqué paru mardi 24 novembre. Elle réclame depuis le 30 septembre une enquête européenne sur les «activités potentiellement illégales» du géant du commerce en ligne à l'égard de ses salariés.
Ces accusations font suite à la parution d'une enquête du média américain Vice et relayée par le magazine Capital. Selon l'article, Amazon a recours à l'agence privée Pinkerton pour enquêter sur ses sites européens, notamment en Pologne. «Non contente d'abuser de sa position dominante» -une enquête pour pratique anti-concurrentielle ouverte par la Commission européenne est en cours-, «Amazon exporte des pratiques dignes de la lutte anti-syndicale américaine du XIXe siècle», a réagi Christy Hoffman, secrétaire général de l'UNI Global Union.
Selon Vice, des fuites de documents internes à Amazon montrent une «surveillance obsessionnelle» des syndicats et des mouvements sociaux et environnementaux par Amazon, «particulièrement entre le Black Friday et Noël».
Vice publie depuis le 1er septembre des révélations sur la surveillance qu'exercerait Amazon sur ses employés, ses entrepôts, les syndicats ou mouvements comme les «gilets jaunes» en France. À la suite des premières publications, 37 dirigeants syndicaux européens, dont en France Laurent Berger pour la CFDT et Christine Besseyre pour FO, ont signé le 30 septembre une lettre demandant à la Commission européenne d'ouvrir une enquête sur les agissements «potentiellement illégaux» du géant mondial du commerce en ligne.
Détectives privés et faux profils sur les réseaux sociaux:
Vice avait fait également état du recrutement de deux postes d'analystes de renseignement chargés d'informer la direction sur des sujets «sensibles et hautement confidentiels», y compris l'activité syndicale, au même titre que les groupes haineux, les activités politiques ou le terrorisme. L'annonce a été depuis retirée et qualifiée d'erreur par le groupe.
Autre élément de l'enquête, Amazon aurait fait appel aux services de détectives privés de l'agence Pinkerton pour espionner des employés. Grâce à ce système Amazon bénéficierait donc d'informations très précises sur les activités syndicales de ses employés notamment sur leurs actions. Par ailleurs, Vice, qui cite une source anonyme, explique qu'Amazon aurait recours aux réseaux sociaux pour suivre les manifestations et autres activités des syndicats, grâce à des faux comptes sans photo.
«Ils utilisaient un faux nom et un profil sans photo. Le pire, c'est qu'ils lisaient des tonnes de conversations et de messages, et savaient tout sur la vie privée de ces personnes. Ils savaient s'ils avaient une mauvaise journée avec leur famille», raconte cette source.
Interrogé par l'AFP, Amazon France indique garantir «un certain niveau de sécurité pour (ses) activités afin de protéger (ses) collaborateurs, (ses) bâtiments et (ses) stocks». «Cela implique la mise en place d'une équipe d'enquête interne qui travaille, en cas de besoin, avec les forces de l'ordre», un fonctionnement «conforme à la loi», assure l'entreprise.
«Nous disposons d'une équipe d'analystes qui nous aide à préparer et anticiper les événements extérieurs», ajoute-t-elle, citant notamment «les manifestations qui pourraient perturber la circulation ou affecter la sécurité de nos bâtiments et des personnes qui y travaillent».
https://www.lefigaro.fr/flash-eco/amazo ... s-20201124

