Le cancer du sein est particulièrement concerné par ces retards, mais aussi ceux dits « tête et cou » et ceux du poumon et du côlon.
Source:Le Point.
« C'est une catastrophe. À l'aune de la crise sanitaire, on a purement et simplement oublié des malades, qui sont finalement plus nombreux que ceux du Covid. » Guérie d'un cancer du sein, Catherine Cerisey est inquiète. Elle reçoit « un paquet » d'e-mails et d'appels de femmes « dont la tumeur est déjà très avancée lors du diagnostic, alors qu'elle ne l'aurait pas été s'il avait eu lieu plus tôt », confie-t-elle au Parisien.
Selon une étude d'Unicancer relayée par le quotidien francilien, la prise en charge des nouveaux malades a chuté avec la crise sanitaire, et pourrait entraîner la mort de milliers de personnes supplémentaires dans les années à venir.
« Ce n'est pas bon »:
Dans le détail, l'enquête montre que, entre mars et juillet, la prise en charge des nouveaux malades a plongé de 6,8 %, avec un pic à 21 % en avril et mai, qui n'a pas été compensé les mois suivants. Un chiffre qui grimpe à 23,3 % si l'on élargit à l'ensemble des hôpitaux et pas seulement aux spécialistes de la cancérologie.
« Ce n'est pas bon », déplore le professeur Jean-Yves Blay, président d'Unicancer. « Pour les patients que l'on connaissait déjà , tout va bien, le suivi a eu lieu en temps et en heure. Le problème, l'inquiétude, c'est pour les nouveaux. La chute du nombre de diagnostics n'a pas été rattrapée pour l'instant », souligne-t-il.
« Concrètement, cela signifie que ce que l'on a vécu entre mars et juillet va se traduire, pour ces seuls cinq mois, par un excès de 1 000 à 6 000 morts du cancer dans les prochaines années », alerte l'oncologue, qui assure que chaque mois compte face au cancer, avec un risque relatif estimé à 1,06 % par mois de retard au diagnostic et au traitement des nouveaux patients.
Dépistages arrêtés, cabinets fermés:
Le cancer du sein est particulièrement concerné par ces retards, mais aussi ceux dits « tête et cou » et ceux du poumon et du côlon. « On parle beaucoup des patients qui n'auraient pas consulté d'eux-mêmes, mais il ne faut pas oublier une autre réalité : ceux qui voulaient mais n'ont pas pu ! » se désole le professeur Blay auprès du Parisien.
« Dans beaucoup d'endroits ce printemps, y compris ceux qui n'étaient pas très impactés par le virus, les dépistages se sont arrêtés, les cabinets de radiologie en ville ont fermé », abonde Catherine Cerisey, qui conclut : « Cela doit nous interroger sur la démocratie sanitaire en temps de crise, elle a reculé pendant le Covid, les patients doivent de nouveau être entendus. »
https://www.lepoint.fr/sante/crise-du-c ... 691_40.php

