sofasurfer a écrit : 10 décembre 2020 11:30
El Lobo a écrit : 10 décembre 2020 00:52
Ce qui contrevient au traité de l’ONU sur le commerce des armes, exigeant notamment qu’elles ne puissent servir à « des attaques dirigées contre des civils ou d’autres crimes de guerre ».
La France ne vend qu'a des pays démocratiques, comme par exemple l'Arabie Saoudite qui prend soin de ne cibler que les militaires dans son conflit avec le Yemen...
Les ventes de matériel militaire profitent parfois à des États responsables d’exactions contre des civils. Des ventes autorisées, mais l'usage final des armes se heurte au droit humanitaire international et peut engager tant la responsabilité des fabricants que celle du gouvernement français.
Le terrible conflit au Yémen a mis en débat la question des ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Toutefois, le Yémen n'est pas le seul endroit où du matériel militaire français est utilisé contre des populations civiles ou dans le cadre de disputes de territoires en violation des règles internationales.
En Egypte, vendre et "la fermer" sur les droits de l’Homme
C'est le cas en Égypte. Un pays dirigé d’une main de fer par le maréchal al-Sissi qui avait conduit en 2013 la répression contre des manifestants pro-Morsi, l'ancien président islamiste. Dans la région du Sinaï, officiellement, l'armée égyptienne, aidée par les forces de sécurité intérieure, fait la guerre aux terroristes. Mais plusieurs ONG, dont Human Rights Watch qui a publié un rapport en mai 2019, dénoncent de "graves abus et crimes de guerre" perpétrés par l’armée et la police. Le tout commis en toute impunité selon des observateurs. "La zone est complètement fermée aux journalistes, un blackout complet a été organisé donc personne n'a accès véritablement à ce qui se passe sur le terrain, explique Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer armes chez Amnesty International. Or on a quand même réussi à documenter une vidéo qui montre l'exécution extrajudiciaire de personnes civiles."
Le Sherpa aurait été vendu à l’Égypte au moins jusqu’en 2014. Une date qui a son importance. Cela signifie que la France a continué à vendre des véhicules à l’Égypte après août 2013, soit après que les pays membres de l’Union européenne s'étaient engagés à ne pas vendre à l’Égypte de matériel pouvant servir à la répression interne. Une décision prise quelques semaines après l’évacuation violente de manifestants au Caire qui a fait plus de 800 morts.
La France considère qu’elle ne rompt pas son engagement, puisqu’elle vend des armes à l’armée égyptienne et non pas à la police qui était en première ligne dans la répression. Mais dans les faits, et comme le montrent de nombreuses vidéos, les véhicules Sherpa sont bien utilisés par la police, aujourd’hui encore au Sinaï.
"Le dommage est donc irréparable, déplore Aymeric Elluin. La France a autorisé l'exportation de véhicules à destination du ministère des Armées, alors que ces véhicules ont été documentés ensuite dans les mains des forces de sécurité. Ils n'ont pas pris en compte le risque de détournement et le fait que ces véhicules servaient à la répression interne".
Selon la journaliste Anne Poiret, autrice du livre Mon pays vend des armes (Les Arènes, 2019), la position de la France s’explique par le poids que représente l’Egypte aujourd’hui dans les ventes d’armes. “C’est devenu notre premier client sous François Hollande. Des sources au sein du ministère des Affaires étrangères m'ont expliqué que l'argument industriel passait avant toutes les considérations politiques et diplomatiques. Il fallait vendre et notamment vendre le Rafale. Et le reste passait derrière" précise-t-elle. Dans ce contexte, la question de la répression interne n’aurait pas pesé lourd : "Pour dire les choses de façon plus familière sur les droits de l'Homme, on leur demande de la fermer" précise la journaliste.
Au Cameroun, des camions français au service de tortionnaires
La lutte contre le terrorisme est aussi au cœur d’affrontement au Cameroun entre l’armée et les djihadistes de Boko Haram qui terrorisent le nord du pays. Envoyés en première ligne, les forces spéciales du bataillon d’intervention rapide (BIR) se livreraient, selon les ONG, à des violences sur des civils. "Les membres du BIR ont commis énormément d'exactions, ont tué des centaines de civils, précise Ilaria Allegrozzi, spécialiste du Cameroun pour l'ONG Human Rights Watch. Certains sont arrêtés de manière arbitraire et détenus dans des conditions inhumaines, torturés dans des centres de détention illégaux."
L'autorisation des exportations de matériel militaire relève en effet du gouvernement. Pour Arnaud Idiart, consultant en exportation d’armes : Cette affaire de vérification du respect des droits de l'Homme, vous comprenez bien que l’industriel n’y est pour rien".
Un argument rejeté par les ONG. Celles-ci cherchent désormais à alerter sur la responsabilité des entreprises, et non plus seulement celle des États. "Si on parle de la responsabilité pénale des industriels, on va estimer leur connaissance du risque, confronté au fait d'avoir continué à vendre vers certains lieux géographiques particulièrement dangereux", analyse l’avocate Laurence Greig.
FrenchArms est une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse Reports, en coopération avec Disclose et la participation d'Arte, Mediapart, Bellingcat et la cellule investigation de Radio France.
https://www.franceculture.fr/geopolitiq ... s-ou-detat
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Macron n'aime pas la démocratie. Dans une démocratie il n'y a pas d'ordonnances.
Avec macron, c'est : ""J'ordonne... tu exécutes sans discussion et vite"".