RECTIFICATIF.
Nous avons annoncé dans un premier temps que les 10 prévenus étaient condamnés à des peines allant jusqu'à huit mois de prison avec sursis.
Mais une peine de six mois d'emprisonnement a été prononcée à l'encontre d'un seul prévenu, Jean-Christophe P. Nous présentons nos excuses à nos lecteurs.
Cyberharcèlement de Brigitte Macron : un des 10 prévenus condamné à six mois de prison ferme, des peines allant jusqu'à huit mois avec sursis pour les autres
Huit hommes et deux femmes ont été jugés en octobre pour avoir relayé sur les réseaux sociaux la rumeur selon laquelle l'épouse du président de la République serait une femme transgenre et une "pédocriminelle".
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Brigitte Macron est un homme", "travelo de merde", "pédocriminelle"… Les dix prévenus soupçonnés d'avoir publié et partagé des tweets transphobes à l'encontre de Brigitte Macron ont été condamnés pour cyberharcèlement, lundi 5 janvier, devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils ont écopé de peines allant de six mois ferme pour l'un d'entre eux à jusqu'à huit mois de prison avec sursis pour les autres. Ils doivent également verser des dommages et intérêts à l'épouse du chef de l'Etat. Le tribunal a considéré que le harcèlement moral aggravé était bien caractérisé, que les messages émis par les prévenus "ont eu pour effet une dégradation des conditions de vie de Brigitte Macron" et que "l'altération de sa santé physique et mentale était avérée".
Dans ses réquisitions, le parquet avait demandé de 6 à 12 mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre des trois "instigateurs" de l'infox selon laquelle l'épouse du président serait une femme transgenre et une pédocriminelle. Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme Zoé Sagan sur les réseaux sociaux, a été condamné à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour sa série de messages sur le réseau social X. Durant le procès, il avait dénoncé un "secret d'Etat choquant qui implique une pédophilie cautionnée par l'Etat". Il était absent pour le délibéré, comme la plupart des prévenus. Seuls deux d'entre eux, Bertrand Scholler et la "médium" Delphine J., alias Amandine Roy, étaient présents.
A l'origine d'une vidéo virale de quatre heures publiée dès 2021 sur YouTube, retirée depuis, Delphine J. a écopé de six mois de prison avec sursis et une suspension de ses comptes en ligne pendant six mois. A l'audience, "en tant que femme anatomique", elle avait affirmé s'être sentie "attaquée" par la transidentité supposée de la Première dame. Lundi, elle s'est montrée agacée pendant que le président du tribunal énonçait des éléments pour motiver les condamnations. Mais "Amandine Roy" n'a rien dit ou presque face à la presse, laissant une femme, qui la soutient, parler pour elle. "Nous sommes dans un système de royauté", a déclaré cette femme, qui estime que Brigitte Macron "utilise ses petits-enfants pour faire valoir qu'elle a été impactée".
Le galeriste Bertrand Scholler, auteur notamment d'un photomontage de Brigitte Macron avec le torse poilu en 2024, a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis. Il a réagi dans les couloirs du tribunal après l'annonce de sa condamnation, en déclarant que cette décision signifiait que "Si ce que vous dites ne plaît pas, vous serez condamné. C'est le fait du prince !" "En France on n'a plus le droit de penser !", s'est ensuite indigné Bertrand Scholler face aux caméras.
Une plainte déposée en France en 2024
Les sept autres prévenus, les "suiveurs" selon les termes du procureur, ont, pour certains, bénéficié de peines plus clémentes. Des peines allant de quatre à huit mois de prison avec sursis ont été retenues à l'encontre de cinq prévenus, Jérôme A., Jérôme C., Philippe D., Jean-Luc M. et Christelle L. Fin octobre, le parquet avait requis de trois à cinq mois de prison avec sursis contre eux. Seul prévenu à avoir présenté ses excuses, Jean-Christophe D. écope seulement d'un stage de sensibilisation pour les infractions commises en ligne. En revanche, Jean-Christophe P. est condamné à six mois de prison ferme, la peine la plus lourde, en raison de son absence à l'audience, selon le tribunal.
L'infox selon laquelle Brigitte Macron serait née Jean-Michel Trogneux et aurait modifié son identité après avoir changé de sexe avait commencé à circuler dès l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Confrontée à une campagne de haine sexiste et transphobe l'assimilant à de la pédophilie, la Première dame avait fini par déposer plainte pour cyberharcèlement en août 2024.
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Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (...) montre pas l'exemple, ça va être difficile", a déclaré Brigitte Macron, lors du JT de 20 heures de TF1, dimanche, à la veille du délibéré. "
On ne touchera pas à ma généalogie", "
on ne joue pas avec ça", a-t-elle asséné. A la sortie de l'audience, son avocat s'est félicité de voir que tous les prévenus étaient reconnus coupables et qu'ils étaient tous condamnés à suivre immédiatement un stage de sensibilisation pour le respect des personnes dans l'espace numérique, qui vise à prévenir le cyberharcèlement.
Une autre procédure en cours aux Etats-Unis
A l'audience, la fille cadette de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, avait témoigné du préjudice moral subi par sa mère, évoquant "une dégradation de ses conditions de vie". Selon elle, la Première Dame est désormais contrainte de faire preuve d'une "adaptation permanente de ses comportements", jusqu'"au choix des tenues, à sa posture ou à n'importe quel acte de la vie courante", "car elle sait que son image peut être détournée au profit de théories fallacieuses".
La rumeur, largement partagée au sein des sphères complotistes proches de l'extrême droite en France, a explosé aux Etats-Unis en 2024, après la publication d'une série de vidéos intitulée "Becoming Brigitte" ("Devenir Brigitte") par l'influenceuse complotiste Candace Owens*. Compte tenu de l'ampleur de l'écho reçu par cette prétendue enquête, le couple présidentiel a engagé des poursuites en diffamation outre-Atlantique contre Candace Owens. "Il s'agit de défendre mon honneur !", a justifié Emmanuel Macron, en août, dans une interview à Paris Match(Nouvelle fenêtre).
https://www.franceinfo.fr/politique/emm ... 11126.html
*Plus qu'à envoyer nos forces spéciales exfiltrer Candace Owens pour la présenter devant la justice Française.
