Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
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Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Des promesses toujours des promesses...
Alors que le parti d’extrême droite avait promis de peser sur les discussions parlementaires à Bruxelles en vue de durcir la politique migratoire de l’Union, Marine Le Pen a annoncé quitter la table, contredisant ses élus qui n’ont d’ailleurs pas été prévenus.
Au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen décide de tout. Et ne s’abaisse pas souvent à consulter ni à informer les principaux concernés par ses choix. Mercredi 1er octobre au matin, le député européen Fabrice Leggeri, coordinateur du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE, où siège le RN), pour les sujets liés à l’immigration, a ainsi découvert sur X que la position de son parti sur la directive «retour», destinée à favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière, avait fait un virage… à 180 degrés. «La Commission européenne prépare un nouveau coup d’Etat juridique», alerte la députée du Pas-de-Calais qui estime que le texte en préparation vise à «empêcher» les Etats d’«expulser» les migrants et annonce que «le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère». Et ce, «contrairement aux Républicains, qui défendent avec ardeur ce texte».
C’est peu dire que Fabrice Leggeri, ancien patron de l’agence Frontex et principale prise de guerre du parti d’extrême droite lors de la campagne des européennes, en 2024, a peu goûté l’annonce. «Personne n’a rien compris au tweet de Marine, le texte n’a même pas été voté en commission, les amendements ne sont même pas encore déposés», n’en revient pas un collaborateur frontiste. L’annonce de Le Pen vient, de fait, contredire les prises de parole publiques de Leggeri et accessoirement ruiner ses efforts depuis près d’un an. En novembre dernier, l’eurodéputé estimait ainsi que la mise à l’agenda du nouveau texte était «un succès […] à mettre au crédit du poids des Patriotes pour l’Europe» et surtout pas à Retailleau qui «se contente d’accompagner sans initier».
Hara Kiri parlementaire
Le texte en lui-même, pensé comme un complément au Pacte asile et immigration adopté à la toute fin de la précédente mandature, penche clairement du côté droit. «L’approche est beaucoup plus punitive que la directive retour de 2008 : elle allonge la durée de rétention de dix-huit à vingt-quatre mois, la détention devient le principe, elle permet la création de centres de retours dans le but de repousser les personnes exilées vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont pas de lien…», détaille Diane Fogelman, chargée de plaidoyer sur les migrations pour Amnesty International France. «Je ne vois pas en quoi ce texte déplaît à Marine Le Pen, elle aurait pu l’écrire», s’étonne une collaboratrice du groupe socialiste qui a découvert avec la même stupéfaction que Fabrice Leggeri la déclaration de la députée française.
«C’est curieux, il a toujours soutenu l’initiative et la shadow rapporteur de son groupe [chargée d’élaborer le texte sans en être signataire, ndlr] est une Néerlandaise du PVV [le Parti pour la liberté de Geert Wilders] qui avait l’air de vouloir négocier avec la droite pour modifier le texte, poursuit la même. Là ça torpille toute possibilité de peser dans les négos.» Ce que confirme un collaborateur RN, effondré par ce hara-kiri parlementaire : «Si notre position de base c’est de voter contre, ça rend compliquée la négo et ça fout la merde au sein du groupe parce que nos alliés pensent qu’on peut négocier quelque chose avec le PPE [la droite] et ECR [l’autre groupe d’extrême droite où siègent les partisans de Giorgia Meloni].» En clair, à rebours de l’attitude constructive du RN à l’Assemblée nationale, la délégation française Bruxelles préfère quitter la table plutôt que de durcir un texte déjà très régressif pour les droits des exilés.
C’était pourtant la promesse de Jordan Bardella pendant la campagne européenne. En juillet, à propos des sujets migratoires, le jeune président du groupe PFE se félicitait lors d’une conférence de presse en marge de la session plénière de Strasbourg que «la nouvelle configuration de l’hémicycle [fasse] qu’aujourd’hui la majorité regarde vers la droite» et vantait sa «capacité de peser et d’influer par nos voix sur le vote final». Sauf que des anciennes amours frexiteuses de la formation d’extrême droite à l’intégration au jeu parlementaire européen, il y a un pas que Marine Le Pen refuse encore de franchir. Dans cet entre-deux, le RN balance et ses élus se divisent.
Deux visions
L’affaire s’est nouée le 9 juillet, en réunion à Strasbourg. Deux camps s’opposent alors : Fabrice Leggeri, qui défend l’idée de durcir un contenu certes trop mou pour lui mais perfectible, avec l’appui de la droite et notamment de François-Xavier Bellamy, référent de son groupe sur le texte ; et Pascale Piera pour qui il n’est pas envisageable de transformer une directive (qui laisse aux Etats des marges de manœuvre dans l’application) en un règlement (qui doit être appliqué dans les pays membres tel que voté en plénière). Deux visions, résumées par un partisan de Leggeri : «Est-ce qu’on va faire ce qu’on a promis aux européennes ou est ce qu’on est en 2015 avec le Frexit ?»
Deux parcours aussi : «Leggeri c’est un produit de la matrice», grince un pro-Piera qui rappelle le passé de haut fonctionnaire européen de l’ex troisième de liste. Tous deux membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, ils s’opposent régulièrement, ce que l’ancien patron de Frontex vivrait très mal puisque, chef de file de la délégation sur les sujets migratoire, il perd régulièrement ses arbitrages au profit de l’ancienne magistrate qui connaît Marine Le Pen depuis trente ans et a sa ligne directe. «Le débat a suscité beaucoup de réactions, une petite dizaine de députés ont pris la parole», rapporte un témoin. Mais la question n’a pas été arbitrée à l’époque, ni par Le Pen, ni par Bardella (qui, ce jour-là, devait, il faut dire, gérer à distance la perquisition du siège du RN). Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles.
https://www.liberation.fr/politique/ele ... RJGA4DBBM/
Alors que le parti d’extrême droite avait promis de peser sur les discussions parlementaires à Bruxelles en vue de durcir la politique migratoire de l’Union, Marine Le Pen a annoncé quitter la table, contredisant ses élus qui n’ont d’ailleurs pas été prévenus.
Au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen décide de tout. Et ne s’abaisse pas souvent à consulter ni à informer les principaux concernés par ses choix. Mercredi 1er octobre au matin, le député européen Fabrice Leggeri, coordinateur du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE, où siège le RN), pour les sujets liés à l’immigration, a ainsi découvert sur X que la position de son parti sur la directive «retour», destinée à favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière, avait fait un virage… à 180 degrés. «La Commission européenne prépare un nouveau coup d’Etat juridique», alerte la députée du Pas-de-Calais qui estime que le texte en préparation vise à «empêcher» les Etats d’«expulser» les migrants et annonce que «le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère». Et ce, «contrairement aux Républicains, qui défendent avec ardeur ce texte».
C’est peu dire que Fabrice Leggeri, ancien patron de l’agence Frontex et principale prise de guerre du parti d’extrême droite lors de la campagne des européennes, en 2024, a peu goûté l’annonce. «Personne n’a rien compris au tweet de Marine, le texte n’a même pas été voté en commission, les amendements ne sont même pas encore déposés», n’en revient pas un collaborateur frontiste. L’annonce de Le Pen vient, de fait, contredire les prises de parole publiques de Leggeri et accessoirement ruiner ses efforts depuis près d’un an. En novembre dernier, l’eurodéputé estimait ainsi que la mise à l’agenda du nouveau texte était «un succès […] à mettre au crédit du poids des Patriotes pour l’Europe» et surtout pas à Retailleau qui «se contente d’accompagner sans initier».
Hara Kiri parlementaire
Le texte en lui-même, pensé comme un complément au Pacte asile et immigration adopté à la toute fin de la précédente mandature, penche clairement du côté droit. «L’approche est beaucoup plus punitive que la directive retour de 2008 : elle allonge la durée de rétention de dix-huit à vingt-quatre mois, la détention devient le principe, elle permet la création de centres de retours dans le but de repousser les personnes exilées vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont pas de lien…», détaille Diane Fogelman, chargée de plaidoyer sur les migrations pour Amnesty International France. «Je ne vois pas en quoi ce texte déplaît à Marine Le Pen, elle aurait pu l’écrire», s’étonne une collaboratrice du groupe socialiste qui a découvert avec la même stupéfaction que Fabrice Leggeri la déclaration de la députée française.
«C’est curieux, il a toujours soutenu l’initiative et la shadow rapporteur de son groupe [chargée d’élaborer le texte sans en être signataire, ndlr] est une Néerlandaise du PVV [le Parti pour la liberté de Geert Wilders] qui avait l’air de vouloir négocier avec la droite pour modifier le texte, poursuit la même. Là ça torpille toute possibilité de peser dans les négos.» Ce que confirme un collaborateur RN, effondré par ce hara-kiri parlementaire : «Si notre position de base c’est de voter contre, ça rend compliquée la négo et ça fout la merde au sein du groupe parce que nos alliés pensent qu’on peut négocier quelque chose avec le PPE [la droite] et ECR [l’autre groupe d’extrême droite où siègent les partisans de Giorgia Meloni].» En clair, à rebours de l’attitude constructive du RN à l’Assemblée nationale, la délégation française Bruxelles préfère quitter la table plutôt que de durcir un texte déjà très régressif pour les droits des exilés.
C’était pourtant la promesse de Jordan Bardella pendant la campagne européenne. En juillet, à propos des sujets migratoires, le jeune président du groupe PFE se félicitait lors d’une conférence de presse en marge de la session plénière de Strasbourg que «la nouvelle configuration de l’hémicycle [fasse] qu’aujourd’hui la majorité regarde vers la droite» et vantait sa «capacité de peser et d’influer par nos voix sur le vote final». Sauf que des anciennes amours frexiteuses de la formation d’extrême droite à l’intégration au jeu parlementaire européen, il y a un pas que Marine Le Pen refuse encore de franchir. Dans cet entre-deux, le RN balance et ses élus se divisent.
Deux visions
L’affaire s’est nouée le 9 juillet, en réunion à Strasbourg. Deux camps s’opposent alors : Fabrice Leggeri, qui défend l’idée de durcir un contenu certes trop mou pour lui mais perfectible, avec l’appui de la droite et notamment de François-Xavier Bellamy, référent de son groupe sur le texte ; et Pascale Piera pour qui il n’est pas envisageable de transformer une directive (qui laisse aux Etats des marges de manœuvre dans l’application) en un règlement (qui doit être appliqué dans les pays membres tel que voté en plénière). Deux visions, résumées par un partisan de Leggeri : «Est-ce qu’on va faire ce qu’on a promis aux européennes ou est ce qu’on est en 2015 avec le Frexit ?»
Deux parcours aussi : «Leggeri c’est un produit de la matrice», grince un pro-Piera qui rappelle le passé de haut fonctionnaire européen de l’ex troisième de liste. Tous deux membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, ils s’opposent régulièrement, ce que l’ancien patron de Frontex vivrait très mal puisque, chef de file de la délégation sur les sujets migratoire, il perd régulièrement ses arbitrages au profit de l’ancienne magistrate qui connaît Marine Le Pen depuis trente ans et a sa ligne directe. «Le débat a suscité beaucoup de réactions, une petite dizaine de députés ont pris la parole», rapporte un témoin. Mais la question n’a pas été arbitrée à l’époque, ni par Le Pen, ni par Bardella (qui, ce jour-là, devait, il faut dire, gérer à distance la perquisition du siège du RN). Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles.
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Patchouli38
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Marine Le Pen est anti-Europe et vient à nouveau de le confirmer, sauf l'argent européen dont elle cherche à en détourner le moindre centime.
Il suffit de lire sa critique qui est purement mensongère, surtout que son équipe travaillait justement à rendre la proposition plus restrictive.
On dirait qu'il existe une forme de dictature au sein de son propre parti, ou la cheffe n'est jamais dans la discussion mais l'exigence.
Là, elle vient de désavouer son propre parti au sein du Parlement européen.
Elle, qui n'arrête pas de critiquer le Président de la République, se conduit exactement comme lui. Si elle venait à devenir Présidente de la République, toute discussion serait impossible avec elle et elle mettrait sans problème la France au ban de l'UE, tellement elle déteste l'Europe.
Elle vient de nous le prouver.
Il suffit de lire sa critique qui est purement mensongère, surtout que son équipe travaillait justement à rendre la proposition plus restrictive.
On dirait qu'il existe une forme de dictature au sein de son propre parti, ou la cheffe n'est jamais dans la discussion mais l'exigence.
Là, elle vient de désavouer son propre parti au sein du Parlement européen.
Elle, qui n'arrête pas de critiquer le Président de la République, se conduit exactement comme lui. Si elle venait à devenir Présidente de la République, toute discussion serait impossible avec elle et elle mettrait sans problème la France au ban de l'UE, tellement elle déteste l'Europe.
Elle vient de nous le prouver.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
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papibilou
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
En tous cas elle est anti Schengen. Et c'est peut-être la raison de son opposition au texte envisagé au parlement européen.
- Corvo
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Vous devriez vous méfier parce que ça commence à se voir...papibilou a écrit : 04 octobre 2025 14:25 En tous cas elle est anti Schengen. Et c'est peut-être la raison de son opposition au texte envisagé au parlement européen.
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papibilou
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- Corvo
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Ça, à part comme la Belle au Bois au bois Dormant avoir dormi pendant cent ans, qu'elle soit anti Schengen tout le monde le sait. Cherchez mieux. Un indice : ça ne concerne ni Marine le Pen ni le Prince Charmant.
Modifié en dernier par Corvo le 04 octobre 2025 21:05, modifié 1 fois.
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vivarais
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
On vous croirait presqueCorvo a écrit : 04 octobre 2025 09:06 Des promesses toujours des promesses...
Alors que le parti d’extrême droite avait promis de peser sur les discussions parlementaires à Bruxelles en vue de durcir la politique migratoire de l’Union, Marine Le Pen a annoncé quitter la table, contredisant ses élus qui n’ont d’ailleurs pas été prévenus.
Au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen décide de tout. Et ne s’abaisse pas souvent à consulter ni à informer les principaux concernés par ses choix. Mercredi 1er octobre au matin, le député européen Fabrice Leggeri, coordinateur du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE, où siège le RN), pour les sujets liés à l’immigration, a ainsi découvert sur X que la position de son parti sur la directive «retour», destinée à favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière, avait fait un virage… à 180 degrés. «La Commission européenne prépare un nouveau coup d’Etat juridique», alerte la députée du Pas-de-Calais qui estime que le texte en préparation vise à «empêcher» les Etats d’«expulser» les migrants et annonce que «le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère». Et ce, «contrairement aux Républicains, qui défendent avec ardeur ce texte».
C’est peu dire que Fabrice Leggeri, ancien patron de l’agence Frontex et principale prise de guerre du parti d’extrême droite lors de la campagne des européennes, en 2024, a peu goûté l’annonce. «Personne n’a rien compris au tweet de Marine, le texte n’a même pas été voté en commission, les amendements ne sont même pas encore déposés», n’en revient pas un collaborateur frontiste. L’annonce de Le Pen vient, de fait, contredire les prises de parole publiques de Leggeri et accessoirement ruiner ses efforts depuis près d’un an. En novembre dernier, l’eurodéputé estimait ainsi que la mise à l’agenda du nouveau texte était «un succès […] à mettre au crédit du poids des Patriotes pour l’Europe» et surtout pas à Retailleau qui «se contente d’accompagner sans initier».
Hara Kiri parlementaire
Le texte en lui-même, pensé comme un complément au Pacte asile et immigration adopté à la toute fin de la précédente mandature, penche clairement du côté droit. «L’approche est beaucoup plus punitive que la directive retour de 2008 : elle allonge la durée de rétention de dix-huit à vingt-quatre mois, la détention devient le principe, elle permet la création de centres de retours dans le but de repousser les personnes exilées vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont pas de lien…», détaille Diane Fogelman, chargée de plaidoyer sur les migrations pour Amnesty International France. «Je ne vois pas en quoi ce texte déplaît à Marine Le Pen, elle aurait pu l’écrire», s’étonne une collaboratrice du groupe socialiste qui a découvert avec la même stupéfaction que Fabrice Leggeri la déclaration de la députée française.
«C’est curieux, il a toujours soutenu l’initiative et la shadow rapporteur de son groupe [chargée d’élaborer le texte sans en être signataire, ndlr] est une Néerlandaise du PVV [le Parti pour la liberté de Geert Wilders] qui avait l’air de vouloir négocier avec la droite pour modifier le texte, poursuit la même. Là ça torpille toute possibilité de peser dans les négos.» Ce que confirme un collaborateur RN, effondré par ce hara-kiri parlementaire : «Si notre position de base c’est de voter contre, ça rend compliquée la négo et ça fout la merde au sein du groupe parce que nos alliés pensent qu’on peut négocier quelque chose avec le PPE [la droite] et ECR [l’autre groupe d’extrême droite où siègent les partisans de Giorgia Meloni].» En clair, à rebours de l’attitude constructive du RN à l’Assemblée nationale, la délégation française Bruxelles préfère quitter la table plutôt que de durcir un texte déjà très régressif pour les droits des exilés.
C’était pourtant la promesse de Jordan Bardella pendant la campagne européenne. En juillet, à propos des sujets migratoires, le jeune président du groupe PFE se félicitait lors d’une conférence de presse en marge de la session plénière de Strasbourg que «la nouvelle configuration de l’hémicycle [fasse] qu’aujourd’hui la majorité regarde vers la droite» et vantait sa «capacité de peser et d’influer par nos voix sur le vote final». Sauf que des anciennes amours frexiteuses de la formation d’extrême droite à l’intégration au jeu parlementaire européen, il y a un pas que Marine Le Pen refuse encore de franchir. Dans cet entre-deux, le RN balance et ses élus se divisent.
Deux visions
L’affaire s’est nouée le 9 juillet, en réunion à Strasbourg. Deux camps s’opposent alors : Fabrice Leggeri, qui défend l’idée de durcir un contenu certes trop mou pour lui mais perfectible, avec l’appui de la droite et notamment de François-Xavier Bellamy, référent de son groupe sur le texte ; et Pascale Piera pour qui il n’est pas envisageable de transformer une directive (qui laisse aux Etats des marges de manœuvre dans l’application) en un règlement (qui doit être appliqué dans les pays membres tel que voté en plénière). Deux visions, résumées par un partisan de Leggeri : «Est-ce qu’on va faire ce qu’on a promis aux européennes ou est ce qu’on est en 2015 avec le Frexit ?»
Deux parcours aussi : «Leggeri c’est un produit de la matrice», grince un pro-Piera qui rappelle le passé de haut fonctionnaire européen de l’ex troisième de liste. Tous deux membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, ils s’opposent régulièrement, ce que l’ancien patron de Frontex vivrait très mal puisque, chef de file de la délégation sur les sujets migratoire, il perd régulièrement ses arbitrages au profit de l’ancienne magistrate qui connaît Marine Le Pen depuis trente ans et a sa ligne directe. «Le débat a suscité beaucoup de réactions, une petite dizaine de députés ont pris la parole», rapporte un témoin. Mais la question n’a pas été arbitrée à l’époque, ni par Le Pen, ni par Bardella (qui, ce jour-là, devait, il faut dire, gérer à distance la perquisition du siège du RN). Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles.
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lepicard
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Ma foi ,,, son père lui a dit ;;; "fait comme l'oncle Adolph ,ça marche sur les gogos ,,, on en manque pas ""Corvo a écrit : 04 octobre 2025 09:06 Des promesses toujours des promesses...
Alors que le parti d’extrême droite avait promis de peser sur les discussions parlementaires à Bruxelles en vue de durcir la politique migratoire de l’Union, Marine Le Pen a annoncé quitter la table, contredisant ses élus qui n’ont d’ailleurs pas été prévenus.
Au Rassemblement national (RN), Marine Le Pen décide de tout. Et ne s’abaisse pas souvent à consulter ni à informer les principaux concernés par ses choix. Mercredi 1er octobre au matin, le député européen Fabrice Leggeri, coordinateur du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE, où siège le RN), pour les sujets liés à l’immigration, a ainsi découvert sur X que la position de son parti sur la directive «retour», destinée à favoriser les expulsions de migrants en situation irrégulière, avait fait un virage… à 180 degrés. «La Commission européenne prépare un nouveau coup d’Etat juridique», alerte la députée du Pas-de-Calais qui estime que le texte en préparation vise à «empêcher» les Etats d’«expulser» les migrants et annonce que «le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère». Et ce, «contrairement aux Républicains, qui défendent avec ardeur ce texte».
C’est peu dire que Fabrice Leggeri, ancien patron de l’agence Frontex et principale prise de guerre du parti d’extrême droite lors de la campagne des européennes, en 2024, a peu goûté l’annonce. «Personne n’a rien compris au tweet de Marine, le texte n’a même pas été voté en commission, les amendements ne sont même pas encore déposés», n’en revient pas un collaborateur frontiste. L’annonce de Le Pen vient, de fait, contredire les prises de parole publiques de Leggeri et accessoirement ruiner ses efforts depuis près d’un an. En novembre dernier, l’eurodéputé estimait ainsi que la mise à l’agenda du nouveau texte était «un succès […] à mettre au crédit du poids des Patriotes pour l’Europe» et surtout pas à Retailleau qui «se contente d’accompagner sans initier».
Hara Kiri parlementaire
Le texte en lui-même, pensé comme un complément au Pacte asile et immigration adopté à la toute fin de la précédente mandature, penche clairement du côté droit. «L’approche est beaucoup plus punitive que la directive retour de 2008 : elle allonge la durée de rétention de dix-huit à vingt-quatre mois, la détention devient le principe, elle permet la création de centres de retours dans le but de repousser les personnes exilées vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont pas de lien…», détaille Diane Fogelman, chargée de plaidoyer sur les migrations pour Amnesty International France. «Je ne vois pas en quoi ce texte déplaît à Marine Le Pen, elle aurait pu l’écrire», s’étonne une collaboratrice du groupe socialiste qui a découvert avec la même stupéfaction que Fabrice Leggeri la déclaration de la députée française.
«C’est curieux, il a toujours soutenu l’initiative et la shadow rapporteur de son groupe [chargée d’élaborer le texte sans en être signataire, ndlr] est une Néerlandaise du PVV [le Parti pour la liberté de Geert Wilders] qui avait l’air de vouloir négocier avec la droite pour modifier le texte, poursuit la même. Là ça torpille toute possibilité de peser dans les négos.» Ce que confirme un collaborateur RN, effondré par ce hara-kiri parlementaire : «Si notre position de base c’est de voter contre, ça rend compliquée la négo et ça fout la merde au sein du groupe parce que nos alliés pensent qu’on peut négocier quelque chose avec le PPE [la droite] et ECR [l’autre groupe d’extrême droite où siègent les partisans de Giorgia Meloni].» En clair, à rebours de l’attitude constructive du RN à l’Assemblée nationale, la délégation française Bruxelles préfère quitter la table plutôt que de durcir un texte déjà très régressif pour les droits des exilés.
C’était pourtant la promesse de Jordan Bardella pendant la campagne européenne. En juillet, à propos des sujets migratoires, le jeune président du groupe PFE se félicitait lors d’une conférence de presse en marge de la session plénière de Strasbourg que «la nouvelle configuration de l’hémicycle [fasse] qu’aujourd’hui la majorité regarde vers la droite» et vantait sa «capacité de peser et d’influer par nos voix sur le vote final». Sauf que des anciennes amours frexiteuses de la formation d’extrême droite à l’intégration au jeu parlementaire européen, il y a un pas que Marine Le Pen refuse encore de franchir. Dans cet entre-deux, le RN balance et ses élus se divisent.
Deux visions
L’affaire s’est nouée le 9 juillet, en réunion à Strasbourg. Deux camps s’opposent alors : Fabrice Leggeri, qui défend l’idée de durcir un contenu certes trop mou pour lui mais perfectible, avec l’appui de la droite et notamment de François-Xavier Bellamy, référent de son groupe sur le texte ; et Pascale Piera pour qui il n’est pas envisageable de transformer une directive (qui laisse aux Etats des marges de manœuvre dans l’application) en un règlement (qui doit être appliqué dans les pays membres tel que voté en plénière). Deux visions, résumées par un partisan de Leggeri : «Est-ce qu’on va faire ce qu’on a promis aux européennes ou est ce qu’on est en 2015 avec le Frexit ?»
Deux parcours aussi : «Leggeri c’est un produit de la matrice», grince un pro-Piera qui rappelle le passé de haut fonctionnaire européen de l’ex troisième de liste. Tous deux membres de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, ils s’opposent régulièrement, ce que l’ancien patron de Frontex vivrait très mal puisque, chef de file de la délégation sur les sujets migratoire, il perd régulièrement ses arbitrages au profit de l’ancienne magistrate qui connaît Marine Le Pen depuis trente ans et a sa ligne directe. «Le débat a suscité beaucoup de réactions, une petite dizaine de députés ont pris la parole», rapporte un témoin. Mais la question n’a pas été arbitrée à l’époque, ni par Le Pen, ni par Bardella (qui, ce jour-là, devait, il faut dire, gérer à distance la perquisition du siège du RN). Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles.
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papibilou
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Si ça me concerne je vous rappelle, à toutes fins utiles, que je suis un européiste convaincu contrairement à MLP, puisque j'ai maintes fois exprimé mon souhait d'un approfondissement de l'UE en particulier une défense européenne et une politique étrangère européenne. On est loin du RN, là !
Quant à l'immigration, je ne cesse d'alerter les partis modérés de la nécessité de se préoccuper p!us efficacement de l'immigration illégale, mais pas de l'immigration légale sauf pour mieux intégrer ces gens dont le pays a besoin.
- gare au gorille
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Vous aussi ça commence à se voir, c'est bien à ça qu'on vous reconnait.
* il pleut doucement sur la ville *
* Et le poète soul engueulait l' Univers *
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- Corvo
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Vous vous prenez pour la coccinelle de Gotlib ?...gare au gorille a écrit : 04 octobre 2025 21:18Vous aussi ça commence à se voir, c'est bien à ça qu'on vous reconnait.
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
À moins que je ne me trompe elle n'est plus ni chef de parti ni eurodéputée. Le chef lui est Président de parti eurodéputé et président du groupe "Les Patriotes pour l'Europe" et qui dit chef de parti dit en principe décideur...Ah oui c'est c'est vrai Marine le Pen se rêve encore en candidate (et en vainqueur) à la présidentielle de 2027 donc c'est elle qui trace (en tout cas pour le moment) les lignes...papibilou a écrit : 04 octobre 2025 21:09Si ça me concerne je vous rappelle, à toutes fins utiles, que je suis un européiste convaincu contrairement à MLP, puisque j'ai maintes fois exprimé mon souhait d'un approfondissement de l'UE en particulier une défense européenne et une politique étrangère européenne. On est loin du RN, là !Corvo a écrit : 04 octobre 2025 20:06
Ça tout le monde le sait déjà depuis longtemps. Cherchez mieux. Un indice : ça ne concerne pas Marine le Pen.
Quant à l'immigration, je ne cesse d'alerter les partis modérés de la nécessité de se préoccuper p!us efficacement de l'immigration illégale, mais pas de l'immigration légale sauf pour mieux intégrer ces gens dont le pays a besoin.
"Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles."
Bardella compterait pour du beurre ?...
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vivarais
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Comme partout il y a les marionnettes et celui qui tire les ficellesCorvo a écrit : 05 octobre 2025 09:15À moins que je ne me trompe elle n'est plus ni chef de parti ni eurodéputée. Le chef lui est Président de parti eurodéputé et président du groupe "Les Patriotes pour l'Europe" et qui dit chef de parti dit en principe décideur...Ah oui c'est c'est vrai Marine le Pen se rêve encore en candidate (et en vainqueur) à la présidentielle de 2027 donc c'est elle qui trace (en tout cas pour le moment) les lignes...papibilou a écrit : 04 octobre 2025 21:09
Si ça me concerne je vous rappelle, à toutes fins utiles, que je suis un européiste convaincu contrairement à MLP, puisque j'ai maintes fois exprimé mon souhait d'un approfondissement de l'UE en particulier une défense européenne et une politique étrangère européenne. On est loin du RN, là !
Quant à l'immigration, je ne cesse d'alerter les partis modérés de la nécessité de se préoccuper p!us efficacement de l'immigration illégale, mais pas de l'immigration légale sauf pour mieux intégrer ces gens dont le pays a besoin.
"Avec une certaine brutalité, la patronne du RN vient de la trancher. Sans prendre la peine d’en informer ses ouailles."
Bardella compterait pour du beurre ?...
Macron tout au long de ses mandats contredit ses ministres cela ne vous interpelle pas
2 ont eu les burnes de démissionner Colomb et Hullot
Vous allez encore dire le père HS mais c'et simplement pour démontrer que vos œillères vous empêche de voir que c'est pareil ailleurs et parfois en pire
Qu'est ce qu'en s'en tape de ce qui se passe dans les antichambres de Strasbourg ; l'important est ce qui va ressortir de ce sujet lorsque du vote
Les états d'âme des uns et des autres on s'en tape ; surtout les immigrés
Si vous voulez mettre un sujet instructif et intelligent dites nous en quoi consiste les discussions parlementaires à Bruxelles en vue de durcir la politique migratoire de l’Union,*
Car votre sujet à part la médisance habituelle n'apporte rien de concret
Modifié en dernier par vivarais le 05 octobre 2025 11:10, modifié 1 fois.
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Ca fait plusieurs fois qu'on a des exemples de le Pen qui prend des décisions toute seule dans son coin sans avertir personne, et pas des petites décisions sur le choix de la déco des toilettes du siège du parti. Mais c'est LFI le parti autoritaire dirigé par un seul dictateur qui y prend toutes les décisions ...
Réfléchissez sur les faits, les vraies informations vérifiées.
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Re: Au Parlement européen, le RN se divise sur… l’immigration
Jean-Marie Le Pen VS Bruno Mégret,
Marine Le Pen VS Jean-Marie Le Pen,
Marion Maréchal née Le Pen VS Eric Zemmour,
Marine Le Pen VS Jordan Bardella... ça finira aussi par un divorce, c'est dans leurs gènes.
Marine Le Pen VS Jean-Marie Le Pen,
Marion Maréchal née Le Pen VS Eric Zemmour,
Marine Le Pen VS Jordan Bardella... ça finira aussi par un divorce, c'est dans leurs gènes.