Le dirigeant saoudien ne répondra probablement jamais directement aux vulgarités éructées le 27 mars par le président américain, mais il n’oubliera pas l’épisode et a les moyens, diplomatiques et économiques, de prendre sa revanche.
Dans le flot d’invectives proférées ces derniers jours par Donald Trump, les plus outrancières ont visé les alliés des Etats-Unis plus souvent que ses adversaires. La France et Emmanuel Macron figurent parmi les cibles préférées du chef de la Maison Blanche, qui vient de se surpasser en propos agressifs envers Paris et surtout infamants sur la vie privée du chef de l’Etat français. Mais la palme de la grossièreté de Trump, même si elle a été moins remarquée, concerne ses propos sur le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, la semaine dernière.
«Il ne pensait pas qu’il devrait me lécher le cul [«kissing my ass» en anglais, ndlr]», s’est moqué Donald Trump en parlant de «MBS». S’exprimant devant un parterre d’investisseurs internationaux, à Miami le 27 mars, lors d’un forum d’investissement soutenu par l’Arabie Saoudite, le président américain a rapporté une conversation privée récente, à propos du déclenchement de la guerre en Iran, qu’il aurait eue avec le prince héritier saoudien. Ce dernier lui aurait dit : «Tu sais c’est incroyable, il y a un an, vous étiez un pays mort. Maintenant vous êtes le pays le plus important au monde.» Et Trump de commenter : "Il ne pensait pas que ça allait arriver, il ne pensait pas qu’il devrait… me lécher le cul. Il pensait qu’il avait affaire à un autre président américain raté, avec un pays en déclin, mais maintenant il doit être gentil avec moi. Dites-le lui !"
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