"Faire des États-Unis, un pays explicitement chrétien": l'administration Trump lance un festival de prières...

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Corvo
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"Faire des États-Unis, un pays explicitement chrétien": l'administration Trump lance un festival de prières...

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...à coup de millions de dollars

L'administration du président américain Donald Trump organise ce dimanche 17 mai à Washington un festival de prières sur 9 heures: le Rededicate 250. Des figures du gouvernement républicain comme Marco Rubio ou Pete Hegseth prendront la parole, suscitant des critiques.

La prière géante est venue ôter quelques millions de dollars au budget prévu pour les festivités du 250e anniversaire des États-Unis. Le festival, baptisé "Rededicate 250: Jubilé national de prière, de louange et d'action de grâce", vise littéralement à "redédier le pays à Dieu", selon les mots de la révérente Paula White-Cain, conseillère spirituelle principale de la Maison-Blanche et figure polémique de l'entourage de Donald Trump.

La démocratie américaine est peut-être laïque, mais l'administration du 47e président des États-Unis ne semble pas à une contradiction près. Figureront d'ailleurs parmi les intervenants, le secrétaire à la Défense des États-Unis Pete Hegseth, le secrétaire d'État Marco Rubio ainsi que le président de la Chambre des représentants et des dizaines d'orateurs chrétiens, a rapporté le journal américain The Washington Post, ce lundi 14 mai. Le président américain Donald Trump doit également s'adresser à la foule par visio-conférence, selon la chaîne américaine NBC.

Une liste d'orateurs polémiques
L'événement "porte sur l’histoire et les fondements de notre nation, construite sur des valeurs chrétiennes et sur la Bible", a justifié la révérente Paula White-Cain. L'idée centrale du festival "Rededicate 250" tourne autour de l'idée que "les pères fondateurs voulaient faire du pays, un pays explicitement chrétien", ont analysé nos confrères.

Le festival dans son ampleur et dans son insistance sur l'identité chrétienne américaine est tel qu'il est considéré comme du jamais vu par des historiens des religions américaines, explique le Washington Post, qui parle de "forme spécifique de protestantisme conservateur".

Certains des orateurs ont été qualifiés par des experts de "nationalistes chrétiens ou d'extrémistes", affirme le journal britannique The Guardian. Parmi eux, selon nos confrères, "un pasteur de Détroit qui a qualifié le programme démocrate de 'démoniaque'", "un rabbin qui a défendu le recours à la torture et rédigé un essai intitulé The Virtue of Hate et un auteur chrétien et animateur de radio qui a déclaré en 2020 qu’il mourrait dans la lutte pour empêcher Joe Biden d’entrer à la Maison Blanche".

"Je ne connais rien de comparable, avec une telle implication de hauts responsables gouvernementaux et à cette échelle, visant à présenter cette image fausse des États-Unis comme une 'nation chrétienne'", a affirmé au Washington Post Amanda Tyler, directrice du groupe baptiste BJC, qui défend la séparation entre l'Église et l'État.

"Aucun musulman, aucun représentant d’Églises historiquement noires"
En revanche, la programmation semble présenter peu de diversité. "Aucun musulman, aucun représentant d’Églises historiquement noires, aucun chef religieux autochtone et aucun protestant traditionnel" ne seront présents, relève le Guardian. "Le seul cadre religieux inscrit dans la Constitution consiste justement à maintenir la religion à distance du pouvoir politique: pas de religion d’État, pas de test religieux pour exercer une fonction publique", a déclaré au Washington Post Kevin Kruse, de l'université de Princeton.

La prière géante a été largement promue par des figures républicaines et du gouvernement sur les réseaux sociaux. À l'instar de Pete Hegseth, qui a affirmé dans une vidéo promotionnelle: "Nos fondateurs connaissaient deux vérités simples. Nos droits ne viennent pas du gouvernement, ils viennent de Dieu. Et la force d’une nation dépend de la force de sa foi". Une phrase qui fait écho aux justifications du secrétaire à la Défense des États-Unis concernant la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, observe NBC4.

"Ce qui aurait dû être une fête rassembleuse a été détourné à des fins politiques et intégré à ce discours MAGA qui tente de réécrire notre histoire et de promouvoir le programme du président", a déclaré de son côté le député américain Jared Huffman, faisant référence au mouvement "Make America Great Again" de Donald Trump, comme cité par NBC. Les pères fondateurs "se retourneraient dans leur tombe", s'ils apprenaient la tenue d'un tel événement, a-t-il ajouté.

Entre utilisateurs d'X, "Rededicate 250" fait aussi débat. "En tant que chrétienne, je ne me sens pas à l’aise face à l’ingérence politique d’un groupe de personnes qui n’ont jamais ouvert le Nouveau Testament", affirme une femme sur la plateforme.

L'association qui organise notamment l'événement de Washington, Freedom 250, a été questionnée par des démocrates au Congrès. Elle est considérée comme un "contournement", orchestré par Donald Trump, "d'une commission distincte créée par le Congrès il y a dix ans pour préparer les événements du bicentenaire", rapporte NBC.

https://information.tv5monde.com/intern ... rs-2821552

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