"Des documents attestent que le président américain a acheté des actions d’entreprises ensuite concernées par des décisions de son administration."
Le président des États-Unis semble avoir encore accru, au cours de cette année 2026, son niveau déjà record d’enrichissement personnel pendant sa présidence, en achetant des actions de sociétés peu avant que sa propre administration ne prenne des décisions favorables à ces mêmes entreprises.
Donald Trump a ainsi acheté pour jusqu’à 1 million de dollars d’actions Nvidia quelques jours avant que l’entreprise ne reçoive l’autorisation de vendre des puces informatiques avancées à la Chine, selon une récente déclaration officielle. Il a également acheté pour jusqu’à 100 000 dollars d’actions AMD, un autre fabricant de puces, peu avant que cette société ne soit elle aussi autorisée à vendre en Chine.
Et quelques semaines avant que Palantir n’obtienne un nouveau contrat avec le ministère de la Sécurité intérieure pour soutenir sa politique d’expulsions, Donald Trump avait également acheté pour jusqu’à 150 000 dollars d’actions de cette entreprise.
Trump promet qu’il ne sert que les États-Unis
« En échangeant d’importantes quantités d’actions avant des décisions de son administration qui auraient un impact direct sur le prix de ces actions, Trump est devenu la somme de toutes les craintes liées à la corruption : un président dont chaque décision doit être interrogée pour savoir si elle est prise dans son propre intérêt financier », a déclaré Jordan Libowitz, du groupe de surveillance Citizens for Responsibility and Ethics in Washington.
Ces opérations boursières, détaillées dans un rapport publié ce vendredi 15 mai par le site NOTUS, ressemblent (en bien plus graves) au type d’activités que Donald Trump avait demandé aux membres du Congrès d’interdire dans son discours sur l’état de l’Union plus tôt cette année. Car faut-il rappeler que les membres du Congrès ne peuvent ni attribuer de contrats publics ni prendre de décisions réglementaires. « Le président dispose d’un pouvoir unilatéral qu’aucun membre du Congrès n’approche de près », poursuit Jordan Libowitz.
Ni la Maison-Blanche ni la Trump Organization, l’entreprise privée de Trump, n’ont répondu aux questions du HuffPost US. Par le passé, la Maison-Blanche avait affirmé, en réponse à des articles sur l’utilisation de sa fonction pour s’enrichir, que tout ce que fait Donald Trump est dans l’intérêt des États-Unis. La Trump Organization, dans une déclaration adressée à NOTUS, a affirmé que la gestion du portefeuille d’actions de Trump est assurée de manière externe et que « le président, sa famille et l’organisation elle-même ne jouent aucun rôle dans les investissements et ne sont pas informés des activités de trading ».
Trump a ouvertement utilisé sa fonction pour s’enrichir personnellement — ce qui correspond à la définition même de la corruption — marquant une rupture spectaculaire avec les présidents précédents depuis au moins un siècle, lesquels avaient tous pris soin d’éviter toute apparence de conflit d’intérêts.
Quand Trump fait sa pub avec l’argent public
Cette semaine, Trump s’est rendu en Chine pour rencontrer le dirigeant autoritaire du pays, Xi Jinping, et il était accompagné de 17 dirigeants de grandes entreprises américaines, dont plusieurs dans lesquelles Trump détient personnellement des actions. Parmi eux figuraient Kelly Ortberg de Boeing et Jensen Huang de Nvidia. Les deux entreprises ont annoncé que ce voyage leur avait permis de générer des affaires.
Depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, Trump a utilisé près de 18 millions de dollars de ressources publiques pour promouvoir ses cryptomonnaies souvenirs, ses complexes de golf en Floride et en Écosse, ainsi que la ligue de golf LIV financée par l’Arabie saoudite, avec laquelle il est associé depuis sa création il y a cinq ans.
L’argent qu’il gagne grâce à ces activités et à ses opérations boursières reste toutefois faible en comparaison des milliards qu’il gagnerait grâce à la plateforme d’échange de cryptomonnaies World Liberty Financial, qu’il a fondée avec ses fils. Cette création est intervenue au moment même où Trump s’est rapproché de l’industrie des cryptomonnaies après avoir passé des années à la qualifier « d’arnaque ».
https://www.huffingtonpost.fr/internati ... 63837.html
Autre article à lire sur le Figaro du 18/5 dernier :

