Alexandre Loukachenko a expliqué que ses déclarations n’étaient qu’une réponse à ce qu’il a estimé être des menaces dans une interview accordée mi-juin.
La tension baisse d’un cran entre l’Ukraine et la Biélorussie. Alors que le pays dirigé par Volodymyr Zelensky consolide ses défenses le long de sa frontière avec la Biélorussie de peur que la Russie n’intègre progressivement son allié dans son effort de guerre, le président biélorusse a souhaité apaiser la situation.
Après avoir qualifié le président ukrainien de toxicomane, assurant qu’il « se piquait » ou qu’il « avait trop fumé » sur une chaîne de télévision russe à la fin du mois de mai, comme l’a rapporté franceinfo, Alexandre Loukachenko s’est excusé.
« Peut-être que je n’aurais pas dû »
Le président est revenu sur ses déclarations mi-juin dans une interview à la chaîne Al-Arabiya, rapportée par Euronews. « Si Volodymyr Zelensky a été offensé par ces propos, je lui présente mes excuses », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Peut-être que je n’aurais pas dû dire cela, étant donné qu’il est malgré tout en guerre. Peut-être que je n’aurais pas dû en parler de façon aussi abrupte. Mais, d’un autre côté, il doit comprendre que, comme on le dit souvent : on récolte ce que l’on sème. »
Il a aussi assuré que son pays n’était pas une menace militaire pour l’Ukraine : « Aucune action militaire ne doit être attendue du Bélarus, et encore moins de moi », a-t-il assuré.
Un allié de la Russie
Figure de l’opposition en exil, Sviatlana Tsikhanouskaya a estimé que ce changement de ton témoignait surtout de la résistance de l’Ukraine face à la Russie et à ses alliés. « D’abord, Loukachenko a appelé l’Ukraine à se rendre », a-t-elle écrit sur X. « Maintenant, il présente ses excuses au président Zelensky. Voilà ce qu’a accompli la force de l’Ukraine. »
Depuis le début de la guerre en Ukraine, Minsk est l’un des principaux alliés de Vladimir Poutine. Les Russes étaient notamment passés par la Biélorussie lors de leur offensive de février 2022.
L’Ukraine redoute désormais que la Biélorussie ne s’implique davantage dans une guerre qui s’enlise, en installant des infrastructures, des terrains d’entraînement ou des systèmes de surveillance pour soutenir les opérations du Kremlin.
Au mois de mai, les autorités ukrainiennes ont affirmé avoir identifié 500 cibles potentielles en Biélorussie en cas d’implication directe de Minsk dans le conflit. Des déclarations qui avaient provoqué une vive réaction d’Alexandre Loukachenko. Le dirigeant avait alors menacé de frapper des objectifs ukrainiens si son pays était attaqué.
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