Pomme pourrie.
En décembre 2018, en marge d’une manifestation, une jeune femme avait été victime d’une fracture du crâne après une violente agression par des policiers. Leur supérieur affirmait ne pas pouvoir les identifier sur des vidéos. Une version contestée par ses propres hommes.
Un commissaire a été mis en examen pour avoir protégé des policiers soupçonnés d’avoir frappé une jeune femme à terre jusqu’à lui fracturer le crâne en marge d’une manifestation en 2018 à Marseille, a indiqué jeudi le parquet, confirmant une information de Mediapart. D’après le site d’information en ligne, le commissaire a été mis en examen le 17 septembre pour fausse déclaration sous serment et pour soustraction de preuve. Interrogé par l’AFP, le parquet de Marseille a confirmé.
Les faits remontent au 8 décembre 2018 : à Marseille secouée par plusieurs manifestations, Angelina, alors âgée de 19 ans et vendeuse dans un magasin du centre-ville, a été violemment agressée. En rentrant du travail accompagnée de son petit ami, elle avait d’abord reçu un tir de LBD dans la cuisse, la faisant chuter, avant de se faire encercler puis rouer de coups par plusieurs policiers. Rencontrée par l’AFP en 2020, Angelina, qui ne souhaite pas donner son nom de famille, avait raconté être tombée à terre, avoir reçu un coup de pied en plein visage d’un homme chaussé de rangers, puis avoir reçu une pluie d’autres coups, de pieds, de matraques, qui lui ont fracturé le crâne.
Le commissaire est le plus haut gradé mis en examen alors que près d’une quinzaine de fonctionnaires de police font l’objet de poursuites depuis que l’enquête s’est accélérée fin 2025. Le policier soupçonné d’avoir porté les coups de matraque ayant fracturé le crâne de la jeune femme a été mis en examen en avril.
Au moment des faits, le commissaire mis en cause était le numéro deux du service de sécurisation des transports en commun (SISTC), indique Mediapart. Le jour des violences, il encadrait huit policiers en civil, dont sept ont été mis en examen, ajoute le site. «Si le responsable a toujours expliqué ne pas pouvoir identifier ses agents sur les vidéos, ses déclarations sont contredites aujourd’hui par ses propres subordonnés, qui ont décrit en audition des dissimulations», souligne Mediapart.
L’affaire avait fait grand bruit quand la jeune femme avait porté plainte auprès de la police des polices, l’IGPN. L’enquête a longtemps patiné, notamment en raison de preuves manquantes : des enregistrements radio du logiciel Acropol, captant les échanges entre policiers sur le terrain, avaient été effacés, tout comme des images de vidéosurveillance de la ville.
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