SOURCE : LE FIGAROAlexandre Devecchio : «Blocus des lycées et visite du pape, génération Mélenchon et génération Léon»
LA BATAILLE DES IDÉES - Instrumentalisé par LFI, le blocus des lycées a donné lieu à des scènes d’émeute et montré une jeunesse nihiliste et violente. Celle-ci ne saurait pourtant résumer la jeunesse française.
Folklore lycéen ou violences urbaines ? Des poubelles qui flambent, des pavés qui pleuvent, des mortiers tirés sur des policiers. À l’heure où nous publions, le blocus a gagné 180 établissements, conduit à 164 interpellations en une seule journée, et se propage au-delà de l’Île-de-France. On retiendra de cet épisode une image : celle de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, esquissant quelques pas de danse devant une poubelle en feu, au milieu de lycéens scandant son nom. Une autre vidéo montre pourtant qu’il a empêché les dégradations.
Reste le symbole : un premier magistrat, garant de l’ordre public, venu encourager le désordre. « La violence peut être légitime », a-t-il même déclaré. Manuel Bompard a lui aussi salué la mobilisation et souhaité qu’elle s’amplifie. À sept mois de l’élection présidentielle, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon attise les fractures françaises pour mieux s’en repaître. Après les émeutes de 2023 qu’elle a refusé de condamner, voici qu’elle tente d’instrumentaliser les lycéens. Avec toujours le même ressort : un antiracisme dévoyé.
Dans le récit des insoumis, les lycées d’Île-de-France, qui bénéficient pourtant des milliards d’euros de la politique de la ville et de l’éducation prioritaire, sont présentés comme volontairement relégués par un racisme d’État. L’action des forces de l’ordre pour enrayer la violence est présentée par Jean-Luc Mélenchon comme une « répression » du gouvernement « avec un arrière-goût raciste évident ». Qu’importe si, pour ces jeunes, l’école est souvent la seule porte de sortie, du moment qu’ils servent l’agenda idéologico-politique mélenchoniste.
Une autre jeunesse se lève
On aurait cependant tort de s’en tenir au cynisme des insoumis, car ces derniers ne font qu’exploiter un malaise et une frustration qui les dépassent. « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal », écrivait Hannah Arendt. Ce qui saisit dans ces violences urbaines, comme dans celles de 2005 ou 2023, c’est leur vacuité : nulle revendication, projet ou espérance, seulement l’ivresse de la meute et la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Au-delà de certains facteurs culturels, cette violence est avant tout le fruit du nihilisme contemporain. Voilà une génération qui a grandi devant les écrans, à laquelle on n’a transmis ni l’histoire de son pays, ni la maîtrise de sa langue. Une génération à qui l’on a répété que la France était coupable. Comment s’étonner qu’elle ne sache plus que détruire ?
Et pourtant, dans le même temps, une autre jeunesse se levait. Quatre-vingt mille jeunes gens remplissaient le Stade de France pour écouter Léon XIV, qui les a exhortés à ne craindre ni l’avenir ni la famille. Que sont venus chercher ces jeunes gens à Saint-Denis ? Des repères, une transcendance qu’ils ne trouveront jamais sur TikTok. On a baptisé cette jeunesse « génération Léon ». Elle nous rappelle que la soif de sens n’a pas tout à fait disparu.
Il en est une autre qu’on oublie trop souvent. Celle de la France périphérique et rurale, souvent laïque, mais attachée à la culture française. Elle n’a pas toujours la chance d’avoir un lycée près de chez elle. Elle se lève tôt pour prendre le car scolaire, fait son apprentissage, travaille l’été. On aimerait voir plus souvent ces deux jeunesses-là à la une du journal télévisé.
C'est la théorie des deux France que j'ai déjà évoquée :
- avec le pape, la vieille France : des gens respectueux, qui communient dans une ambiance bon enfant, en présence d'élus de droite,
- devant les lycées, la nouvelle France de Mélenchon : des wesh wallah qui bloquent, cassent, insultent, avec le soutien d'élus de gauche (notamment LFI).
Mais alors laquelle est vraiment la plus représentative ? J'ose espérer que la nouvelle France est bruyante, mais minoritaire, mais je ne suis pas très sûr...
