« Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

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jeandu53
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« Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

Message par jeandu53 »

« Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

Sonnées par les violences urbaines, les forces de l’ordre déplorent 937 blessés dans leurs rangs en moins de quinze jours.

DÉCRYPTAGE - Vent debout contre la « dissonance insupportable » entre les « déclarations publiques du ministre de l’Intérieur » et les « consignes verbales de la hiérarchie » dans la gestion des manifestations lycéennes, le syndicat Alliance fustige une « chienlit d’État ».

La charge, d’une exceptionnelle violence, en dit long sur l’exaspération qui règne au sein des forces de l’ordre, envoyées en première ligne sur le front de la colère lycéenne. Une semaine après l’apostrophe du chef de l’État aux policiers exigeant d’eux « plus d’empathie » alors que les casseurs les prennent pour cibles comme à la foire, la profession sort de ses gonds pour dire son ras-le-bol face aux « consignes floues, aux injonctions contradictoires et aux discours de façade ». « Entre les déclarations publiques de Laurent Nuñez et les consignes verbales transmises par la hiérarchie, la dissonance est devenue insupportable », s’étrangle Alliance-police nationale (gradés et gardiens de la paix), qui a annoncé son intention de déposer plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Cette décision témoigne du ras-le-bol des policiers qui se sentent « esseulés, trahis, abandonnés, exposés à la violence et livrés à la vindicte ».

Sonnée par les violences urbaines qui ont fait 937 blessés dans les rangs de forces de l’ordre en moins de quinze jours - du jamais-vu même au plus fort des « gilets jaunes » -, la base reproche à sa hiérarchie d’avoir été envoyée au « casse-pipe » sans avoir les moyens de riposter. « Les instructions du ministre de l’Intérieur n’ont pas été suivies sur le territoire national », clame Yoann Maras, délégué national du syndicat. Dans un message, porté à la connaissance du Figaro et diffusé à la veille de la manifestation à hauts risques du 6 octobre, l’hôte de Beauvau avait demandé aux forces de l’ordre une « grande agilité et réactivité, afin d’intervenir sans délais si des troubles devaient éclater ». Or, sur le terrain, le syndicat pointe un doigt accusateur en direction du préfet d’Indre-et-Loire qui a pris l’initiative d’interdire l’usage des lanceurs de balles de défense après un tir qui a éborgné un lycéen à Tours fin septembre.

Mortiers et boules de pétanque

« Comment riposter avec proportionnalité, comme le veut le ministre, sans toutes nos armes de force intermédiaire face à des émeutiers qui nous tirent dessus avec des mortiers, nous jettent des boules de pétanque et nous frappent à coups de marteau, comme à Marseille ?», interroge encore le syndicat Alliance, où l’on assure que des consignes de lever le pied auraient été données dans tout le pays. « À Marseille, Bordeaux, Reims comme dans plusieurs villes d’Île-de-France ou du Centre-Val de Loire, nous avons récupéré des enregistrements de messages radio ainsi que des témoignages de collègues ayant eu des instructions verbales de ne pas intervenir, de laisser-faire, de reculer et même de ne pas sortir les lanceurs de balles des voitures », s’indigne-t-on de même source, qui n’a pas de mots assez durs pour éreinter une « hiérarchie frileuse ».

Cette dernière, jure-t-on chez Alliance, n’aurait « pas hésité à mettre les effectifs en insécurité pour éviter d’avoir des enquêtes IGPN ». « Nous avons collecté beaucoup d’éléments que nous allons mettre en forme dans la plainte qui sera portée par un avocat », prévient Yoann Maras, persuadé que « Laurent Nuñez, dont les instructions sont claires, n’est plus en capacité de les faire respecter ». Soucieux que « toute la lumière soit faite », le syndicat Alliance-police nationale sort l’artillerie lourde à travers l’annonce de ce dépôt de plainte : « mettre à plat la chaîne de commandement, identifier les auteurs des consignes litigieuses et établir les responsabilités à tous les niveaux de l’État ».

Ni boucliers ni fusibles

« Les policiers ne seront ni les boucliers d’une communication politique ni les fusibles d’une administration qui refuse d’assumer ses décisions », sulfate encore les représentants des gradés et des gardiens de la paix qui taclent : « À chacun ses ordres. À chacun ses mensonges. À chacun ses responsabilités. » « Tout le monde s’énerve sur les prétendues violences policières alors que les quelque 10 000 interpellations n’ont donné lieu qu’à 36 enquêtes de l’IGPN, soit à peine 0,4 % du total », glisse un officier, qui relève par ailleurs que les « 7 950 gardes à vue se sont soldées par 26 détentions provisoires, ce qui pose une fois encore la question de la réponse pénale ».

Interrogé par Le Figaro, un cadre précise que le directeur général de la police nationale, « alerté dans les premiers jours du mouvement lycéen que les instructions n’étaient pas partout suivies », a martelé qu’« en cas de besoin, aucune restriction ne devait empêcher l’usage des armes de forces intermédiaires ». Électrisés à l’approche des élections professionnelles qui se dérouleront du 3 au 10 décembre, les syndicats lâchent les coups et se livrent à de la surenchère. Comme en écho au communiqué au vitriol d’Alliance, Un1té, représentant lui aussi les gradés et les gardiens de la paix, a organisé jeudi une manifestation place de la République pour scander que la profession en a « marre du manque d’effectifs, du manque de moyens et du manque de considération, notamment quand on donne une madeleine, une compote et une boîte de thon à des agents engagés douze heures sur un dispositif ». À l’approche d’une nouvelle manifestation, programmée samedi, le feu couve sous la cendre.
SOURCE : LE FIGARO

Et ils ont raison.

Pour quelques cas de lycéens (forcément innocents) brutalisés par des flics, on dénote donc : 937 flics blessés, et de nombreux cas de violences/dégradations dont les auteurs ont pu agir en toute impunité (de nombreuses vidéos circulent sur internet). Et pourquoi donc ? Parce que, comme le dit l'article, il est difficile de mettre hors d'état de nuire, sans recourir à la contrainte physique, des émeutiers sans foi ni loi qui pillent, cassent, voire tirent sur les flics avec des mortiers, ou leur balancent des boules de pétanque ou des coups de marteau. Or chaque cas d'intervention brutale est filmé, suscite la polémique, et donne lieu à une saisine de l'IGPN. C'est pour ça que la hiérarchie adresse à ses troupes des consignes de ne rien faire.

Tout ce qui s'est passé ces derniers jours ne pose donc pas la question des violences policières (contrairement à ce que veut faire croire la gauche). Au contraire, les événements montrent un pays où la police n'ose plus rien faire (ou si peu, et c'est déjà trop pour certains) et où, finalement, les voyous peuvent sévir en toute impunité. On comprend le désarroi des flics.
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Kelenner
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Re: « Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

Message par Kelenner »

C’est beaucoup plus complexe que ça. Il y a des situations où les policiers doivent utiliser la force pour maîtriser des individus violents, personne ne le nie. Mais il y a aussi beaucoup de violence injustifiable de la part des flics, et celui qui prétend le contraire, c’est qu’il n’a jamais participé à une manifestation ou à un grand rassemblement, parce que c’est systématique, même quand il ne se passe absolument rien. Si on refuse de prendre en compte ces deux réalités, alors on ne pourra jamais améliorer la situation.
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Re: « Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

Message par Cépajuste »

La police française est la seule en Europe à utiliser massivement des armes dangereuses lors des manifestations : LBD, grenades de désencerclement, grenade assourdissantes. Elles sont à l'origine de blessures graves, parfois irréversibles, comme des éborgnements ou des mutilations. Ce n'était pas le cas il y a encore 20-25 ans.
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Re: « Trahis, abandonnés et livrés à la vindicte » : ces policiers qui veulent traîner l’État devant la justice

Message par Mesoke »

Il ne faut pas oublier non plus les cas sans doute majoritaires dans lesquels les policiers ont juste été présents pour maintenir l'ordre devant les lycées, sans débordement d'un côté ni de l'autre, sans que, du coup, les médias n'en parlent.
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