Contre la peine de mort bien sûr, on ne peut pas condamner le crime et cautionner ensuite la mort organisée.
Penser aux familles des victimes évidemment mais je ne suis pas sûre que se faire complice d'un crime à leur tour, les soulage vraiment...
Un mouvement historique
" L’abolition de la peine de mort est inscrite en Europe dans un mouvement historique qui touche également le reste du monde, à l’exception de la Chine, du monde arabo-musulman et des Etats-Unis.
La France a été l’un des derniers pays à voter l’abolition de la peine de mort. Elle était déjà en vigueur dans la plupart des pays voisins en 1981. En 2000, elle a ensuite été inscrite dans la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne qui conditionne l’entrée dans l’UE. En 2007, elle a enfin été inscrite dans la Constitution française, à l’initiative de Jacques Chirac.
Tout cela est le résultat des évolutions profondes dans nos sociétés et fait partie d’un corpus de valeurs fondamentales des pays européens aujourd’hui. Seul le FN et quelques élus UMP prônent encore le rétablissement de la peine de mort.
Lorsque la France a aboli la peine de mort, c’était une décision de François Mitterrand appuyée par Robert Badinter. Le président a imposé une opinion car il a estimé que, pour des questions morales, c’était plus important que l’avis de l’opinion publique. Ce passage en force serait impossible aux Etats-Unis où chaque décision importante doit être validée par le Congrès. En ce sens les Etats-Unis sont beaucoup plus démocratiques que l’Europe mais aussi conformistes en matière de questions de société.
Il a fallu plus de vingt ans après l’abolition pour qu’une majorité de Français y souscrivent et ce progrès reste fragile quand on voit le succès du Front national : un sondage réalisé en 2006 par la TNS Sofres révélait ainsi que 42 % de Français étaient favorables au rétablissement de la peine de mort, victoire pédagogique emportée plus de vingt ans après la victoire politique et juridique.
Il est important de continuer à évoquer cette peine barbare et vaine, notamment auprès des jeunes générations qui n’ont pas connu la peine de mort. Comme disait Robert Badinter, la peine de mort, c’était "couper un homme en deux" et il faut rester conscient de cela."
