CrazyMan a écrit : 19 juillet 2022 17:31Je crois que tu te trompes en menant la question de la lutte écologique sur le terrain de la responsabilisation. Parler de responsabilisation, c'est souvent parlant d'individus qui, séparément, devraient agir de manière responsable.papibilou a écrit : 19 juillet 2022 16:53 En ce cas, pourquoi responsabiliser notre pays alors qu'il représente 1% de la pollution de la planète ? Les riches ne sont pas suffisamment nombreux pour laisser croire que la réduction drastique de leur pollution va changer quoi que ce soit. Qui plus est, comment saurez vous si te!s riches ont fait des efforts et tels autres non ? Les moins favorisés doivent attendre un top départ disant: ça y est, les riches l'ont fait". A force d'attendre les autres on ne fera rien.
Mais ce que j'en dis ...
En revanche, je suis aussi favorable à un effort de la production, mais encore faudra-t-il protéger ceux qui font cet effort qui aura forcément un coût.
La question écologique relève d'un problème beaucoup plus grand que l'ensemble des individus considérés comme des unités séparées. Face à un problème global il faut mener des actions de grandes envergures et il me semble que l'échelle la plus adaptée pour répondre à ce problème se situe au niveau des institutions nationales et internationales. Voilà pourquoi "la France", entendu comme un Etat où le gouvernement décide de la direction à prendre, doit agir au niveau écologique.
Comment savoir si un tel ou un tel fait des efforts ? Et bien déjà il faut agir au niveau de la production de manière forte en imposant un cadre législatif et non en mettant en place des politiques vaguement incitatives tirées de la microéconomie bullshit de seconde SES. Les actionnaires et les multinationales ne sont, pour la plupart, pas prêts à faire des efforts, il faut donc se montrer coercitif et non incitatif.
Au niveau du consommateur, si la production pollue peu et est durable alors la consommation polluera peu et sera durable. Cela me parait assez évident puisque la production se situe en amont de la consommation.
Malheureusement, j'ai bien peur que l'économie constitue un "organisme" bien plus important aux yeux des décideurs que l'écologie. Cela nous amènera sans doute à prendre des décisions frileuses, à repousser à plus tard, à ne pas faire trop vite, etc, jusqu'au moment où les conséquences seront trop importantes pour être traitées comme un "danger à venir". Ce problème de temporalité est central et le gouvernement de Macron a déjà été condamné pour inaction climatique ce qui laisse supposer qu'une fois de plus les décisions écologiques à venir seront soit insuffisantes, soit inexistantes.
Les 10% les plus riches de la planète sont responsables de plus de la moitié des émissions de carbone.
Cependant, ce qu'on appelle riche est au niveau mondial. C'est à dire que dans ces 10% sont inclus le travailleur moyen français.
On peut toujours affiner la hiérarchie par pays, ville ou que sais-je, on trouvera toujours que ce sont les plus aisés de chaque catégorie qui pollue le plus.
Mais le citoyen moyen en europe est un énorme pollueur à l'échelle mondiale.
Tout ça pour dire que, bien que je sois d'accord avec toi, il faut que chacun d'entre nous prenne conscience que nous faisons partie du problème, même le plus modeste d'entre nous. Parce que l'urgence de ce problème n'est pas assez prise au sérieux par une majorité de français, les votes le montrent. Et que se concentrer sur les riches et les grosses entreprises inspirent un sentiment d'impuissance, de défaussement ("nous on y peut rien, c'est les riches") ou d'indifférence chez ceux n'appartenant pas à ces catégories. Des changements de fond imposent une action politique, et une action politique est conditionnée à la prise de conscience de la majorité des citoyens.
Cela me fait penser à cette étude sortie il y a quelques temps disant qu'environ une centaine de compagnies étaient responsables de 70% d'émissions dans le monde. Cette étude avait été mal comprise dans le sens ou l'on ignorait qu'elle prenait en compte non pas seulement les moyens de production de ces entreprises, mais aussi et surtout l'activité générée par notre consommation, par nous.
