papibilou a écrit : 12 octobre 2022 20:49
Kelenner a écrit : 12 octobre 2022 19:26
Mais cette question n'a aucune pertinence dans une société capitaliste, encore une fois. Il n'y a qu'une seule valeur, une seule légitimité : l'argent. Il faut écouter les gens pour qui vous votez, les Macron et compagnie. Ils le disent très clairement : "les premiers de cordée", "ceux qui ne sont rien"... Donc les grévistes ont "raison", dans cette logique, parce qu'ils défendent leurs intérêts. On peut effectivement le voir comme une forme de chantage, mais ni plus ni moins que les patrons qui font du chantage à la délocalisation, les riches qui "menacent" de se défiscaliser pour qu'on baisse leurs impôts, les commerçants qui corrompent les élus pour obtenir la TVA à 5% et des avantages ruineux et exorbitants...
Donc c'est simple : soit on accepte cet état de fait, celui d'une société ultra-individualiste où la seule vérité est celle du rapport de forces; soit on défend un autre modèle plus coopératif et où chacun aura des responsabilités envers les autres, mais on ne peut pas en même temps fustiger l'attitude de grévistes qui ne font qu'exercer un droit légitime; et lécher le cul de ceux qui par d'autres moyens utilisent exactement la même procédure pour défendre leurs propres intérêts. Au bout d'un moment, il faut être cohérent.
Non. Vous refusez sciemment de prendre en considération les dégâts, les risques provoqués par ce type de grève.
Personne ne songe à remettre en cause le droit de grève. Mais on commence à se demander si les étals des supermarchés vont être approvisionnés, on commence à voir des médecins des infirmiers des pompiers qui ne peuvent se déplacer. S'il y avait eu des négociations qui n'avaient pas abouti, on pourrait se dire que les grévistes sont dans leur droit de faire pression pour obtenir plus. Mais les négociations n'ont pas eu lieu. C'est donc une
grève préventive destinée à faire pression avant ouverture des négociations, sans encore savoir quelles seront les propositions de la direction.
La cohérence vous apparaîtra clairement si un de vos proches est malade et que le docteur ne peut venir. Et vous ne parlerez pas de lécher le cul.
Tu ne comprends pas ce que je dis. Par ailleurs, tu es incohérent, puisque tu prétends ne pas remettre en cause le droit de grève, tout en la considérant comme inadmissible, ce qui n'a pas de sens. Du point de vue légal, ont-ils ou non le droit de se mettre en grève ? Oui ? A partir de là , il n'y a rien à dire. Les grévistes n'empêchent personne de se déplacer. Ils bloquent l'approvisionnement en carburant. Rien n'interdit non plus la grève "préventive", qui est juste ton interprétation personnelle de la situation, manifestement pas vraiment exacte.
Les conséquences me semblent excessivement minimes, en comparaison des conséquences des multiples plans sociaux, baisses d'impôts pour les riches, CICE, baisse massive de la rémunération du travail au bénéfice du capital, arrosage des rentiers, des héritiers, qu'on subit depuis plus de 30 ans. A côté de cela, quelques minutes de queue à la pompe et quelques jours d'inconfort automobile, c'est dérisoire. S'en plaindre est grossier, presque indécent. Dans une société capitaliste, si on refuse le rapport de forces, la lutte des classes, on est condamné à être écrasé par moins scrupuleux, c'est le fond de la question. Les salariés de Total défendent leurs intérêts et ce n'est certainement pas moi qui irai le leur reprocher.