L’euro n’est pas un événement ponctuel : c’est un régime monétaire. Il agit tous les jours, depuis 25 ans, via un taux de change unique et une politique monétaire unique. Donc son impact n’est pas limité aux 2 ou 3 premières années.papibilou a écrit : 19 janvier 2026 19:01 L'euro a pu jouer un rôle faible dans les 2 ou 3 premières années. Il existe aujourd'hui depuis 25 ans. Combien de temps allonsnous croire que " c'est la faute de l'euro" ?
Vous devez intégrer que nous ne sommes pas compétitifs en raison de nos coûts salariaux.
L'euro a bon dos, mais on peut regarder ce qu'il s'est passé dans les pays qui ne l'ont pas pris.
Ajoutons que c'est toute l'Europe qui se désindustrialise :
https://www.franceinfo.fr/monde/europe/ ... 75704.html
Comme le rappelle ce lien la France est restée sur la gamme moyenne et a pris de plein fouet l'essor industriel de la Chine qui est devenue l'usine du monde, y compris par le dumping.
L’euro n’explique pas tout, mais il explique pourquoi la France ne peut plus corriger ses écarts de coûts ou de productivité par la dévaluation, comme elle le faisait régulièrement avant 1999.
Oui, les coûts salariaux français sont élevés. Mais dans un système de taux de change flexible, un pays à coûts élevés compense par une monnaie plus faible. Avec l’euro, ce mécanisme n’existe plus.
Les pays européens hors euro (Suède, Danemark, Royaume‑Uni, Suisse) ont tous mieux résisté à la désindustrialisation que la France. Oui, toute l’Europe se désindustrialise, mais la France beaucoup plus vite que l’Allemagne, la Suède, l’Autriche ou les Pays‑Bas. Donc il faut expliquer pourquoi la France décroche davantage.
L’euro n’est pas la cause unique de la perte de compétitivité française mais il est un multiplicateur de handicaps. Dire que l’euro n’a joué qu’au début est économiquement faux : un régime de change agit en continu. Dire que tout vient des coûts salariaux est incomplet : sans ajustement monétaire, ces coûts pèsent beaucoup plus lourd. Ce n’est pas la faute de l’euro, c’est l’effet combiné de nos faiblesses + un taux de change inadapté.

