
Ce dénouement, qui intervient après six mois de blocage, consacre la réussite de son plan. En s'appuyant sur l'intérêt stratégique de ses concurrents pour une consolidation à trois opérateurs et sur la pression des marchés financiers, Patrick Drahi sécurise une sortie de crise par le haut pour le groupe Altice.
Le 17 avril 2026 marque la fin d'un statu quo qui paralysait le secteur des télécoms depuis le rejet " sec " de la première offre de 17 milliards d'euros en octobre dernier. Alors qu'on le disait acculé par sa dette et contraint à la braderie, Patrick Drahi a finalement imposé son prix et ses conditions à ses acheteurs. En acceptant de se répartir l'acteur des télécoms (42 % pour Bouygues, 31 % pour Iliad, 27 % pour Orange), le trio ne se contente pas d'absorber SFR : il valide une reconfiguration structurelle qui fait théoriquement repasser la France à trois opérateurs, s'inscrivant ainsi dans la logique de consolidation européenne prônée par le plan Draghi.
La stratégie du prix imposé
Mais cette négociation à 20,35 milliards d'euros valide surtout le bien fondé de la posture d'inflexibilité adoptée par Patrick Drahi. En rejetant l'offre initiale de 17 milliards d'euros en octobre, le propriétaire d'Altice a dicté ses conditions et son tempo. Le pivot de cette remontée des prix repose sur la phase de " due diligence " entamée début 2026. En ouvrant les comptes de SFR,Patrick Drahi a permis aux acheteurs d'examiner la réalité des actifs, tout en agitant la menace d'une vente à la découpe. En lançant des sondes pour céder séparément le réseau fibre (NetCo) et l'activité entreprises (SFR Business), il a rappelé au consortium que les composantes stratégiques du groupe pouvaient s'arracher au prix fort.
L'équilibre précaire du consortium
Le succès de cette opération repose, enfin, sur une alliance inédite entre Orange, Bouygues et Iliad, trois concurrents dont les intérêts divergent historiquement. Si Patrick Drahi a pu obtenir un bon prix, c'est en exploitant la nécessité pour ses rivaux de s'unir, après l'échec de la consolidation de 2016.
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L'incertaine phase de transition
Mais le deal n'est pas acté pour autant. Le premier défi de cet accord exclusif, dont l'échéance est fixée au 15 mai 2026, réside dans la préservation de la valeur de l'actif. Pour Patrick Drahi, l'enjeu est de maintenir le " paquebot à flot " tout au long d'un processus de cession particulièrement long, dont le closing est espéré pour fin 2027"
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