Corvo a écrit : 20 mai 2026 12:51
Bon ça c'est si il est élu...
Auprès de «Libération», l’équipe du candidat insoumis, qui alerte sur «une question urgente pour le fonctionnement démocratique du pays», précise que la question ferait l’objet d’un projet de loi en procédure accélérée.
Haro sur la concentration des médias. S’il obtient les clés de l’Elysée, Jean-Luc Mélenchon fera de la concentration dans les médias une de ses priorités, dès les premières semaines de son mandat. En l’espèce, un démantèlement des grands groupes de presse privés,
selon une information de France Info et de France Inter, confirmée à Libération. «Notre priorité sera de faire passer un projet de loi en procédure accélérée», a précisé l‘entourage du candidat ce mercredi 20 mai.
Le mouvement considérant que les «empires médiatiques» de neuf milliardaires «nuisent au pluralisme et à la liberté d’expression».
«
Une question urgente pour le fonctionnement démocratique du pays»
Ces groupes de presse «renforcent la méfiance des Français envers les médias et les informations diffusées. Dans les secteurs culturels, ils contraignent les imaginaires et attaquent la liberté de création», affirme l’entourage de Jean-Luc Mélenchon.
Plusieurs propriétaires de groupes privés sont ainsi dans le viseur de Jean-Luc Mélenchon, à commencer par Vincent Bolloré.
Le milliardaire d’extrême droite est l’actionnaire majoritaire du groupe Canal +, de Prisma Média ou encore du groupe Lagardère, ce qui lui a permis ces dernières années d’ajouter à la chaîne CNews les rédactions d’Europe 1, du Journal du Dimanche, de Geo ou encore Voici. Le milliardaire breton «
a dit qu’il se servait de ses médias pour mener son combat civilisationnel», souligne le mouvement insoumis, qui y voit «une question urgente pour le fonctionnement démocratique normal du pays».
Seraient également ciblés :
Bernard Arnault, propriétaire du groupe les Echos-le Parisien,
Rodolphe Saadé, qui détient le groupe la Provence et Altice Média, dont dépendent les rédactions de BFMTV et de RMC, ou encore
Xavier Niel, propriétaire du groupe le Monde (qui détient également le Nouvel observateur et le HuffPost). Interviewée par Sud Radio, la vice-présidente de l’Assemblée Clémence Guetté a assuré que la loi s’appliquerait «à tous». Ce qui inclurait aussi
Matthieu Pigasse, banquier d’affaires engagé à gauche, qui revendique de mener une bataille culturelle contre l’extrême droite avec son groupe Combat, propriétaire notamment de l’antenne Radio Nova et des Inrocks. «Dans la proportion des médias détenus (entre Vincent Bolloré et Matthieu Pigasse), on n’est pas du tout dans le même monde», fait cependant remarquer la députée.
Les organes de distribution de contenus dans le viseur
Dans le détail, Jean-Luc Mélenchon propose d’élargir les règles anti-concentration «sans tenir compte du support». Il souhaite éviter que des rédactions de presse écrite, de télé et de radio continuent d’être réunies dans un même groupe et aux côtés «d’autres industries culturelles comme le cinéma, l’édition ou encore les agences de publicité». Enfin, la mesure prévoirait l’empêchement, pour un groupe médiatique, de détenir à la fois les organes de production et ceux de distribution de contenus, des box internet aux boutiques.
Outre cette question de la concentration des médias, le quadruple candidat à l’élection présidentielle entretient plus globalement un rapport ambivalent avec les médias. Dernier exemple en date au mois de février, à l’occasion d’un échange avec la presse consécutif à la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.
Un filtrage qui avait exclu de l’événement la majorité des médias traditionnels, tels que Libé, le Monde, l’Humanité ou les médias de l’audiovisuel public.
Le HuffPost, Mediapart, les Jours ou encore Reporterre avaient passé le cut, accompagnés de «nouveaux médias», selon le terme utilisé par LFI, parmi lesquels Farah RK, Grande Bavardeuse, Alertes Racisme ou 15 minutes médias, qui proposent une visibilité sur les réseaux sociaux considérable.
Une tendance au tri qui a pris fin début mai, le candidat souhaitant «jouer sur les deux tableaux» selon un cadre insoumis au Parisien.
C’est ainsi qu’il a confirmé sa candidature à la présidentielle sur le plateau du très traditionnel 20 heures de TF1, en même temps qu’il donnait une interview au très couru Brut, puis de revenir à la Tour TF1 pour une grosse heure d’interview sur LCI.
Mise à jour à 12h21 avec les déclarations de Clémence Guetté sur Sud Radio
https://www.liberation.fr/politique/bol ... GLGSUYSIE/