#2 : Sujet général : Guerre à Gaza

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papibilou
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Kabé a écrit : 14 août 2026 11:39
papibilou a écrit : 14 août 2026 09:16
Et c'est moi le comptable.
Une dernière explication de ma position sur ce mot:

Mais on, et surtout les juges de la Cour internationale de justice, s'en fout de votre explication qui ne vous sert qu'à rester dans votre déni de réalité. Peut-être ça vous permet de mieux dormir ?
La seule définition qui fait référence en droit international est celle de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Utiliser une définition ad hoc personnalisée pour nier ce qui se passe à Gaza (et en Cisjordanie) ne sert qu'à regarder ailleurs...
Vous vous foutez de l'étymologie c'est votre droit. L'IA dit ça:
Le génocide est un crime international qui désigne l'extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d'un groupe humain, ou d'une partie de ce groupe, en raison de ses origines nationales, ethniques, raciales ou religieuses.
Mais j'arrête là mon souhait de ne pas voir ce terme affaibli.
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Mesoke
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Mesoke »

Premièrement dans ce cas en effet on se fout de l'étymologie, parce que l'étymologie c'est juste l'origine du terme, pas sa définition.

Ensuite tu as coupé la partie dans laquelle l'IA parlait du monsieur qui a définit ce terme, Lemkin, en croyant qu'on n'irait pas chercher ce qu'en a réellement dit ce monsieur. Sa définition était la suivante :

« De nouvelles conceptions supposent l'adoption de nouveaux termes. Par « génocide », nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. Ce nouveau mot, forgé par l'auteur pour signifier une vieille pratique dans son évolution moderne, ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d'une nation, sauf lorsqu'il est réalisé par des meurtres en masse de tous les membres d'une nation. Il entend plutôt signifier un plan coordonné de différentes actions visant à la destruction de fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, dans le but d'exterminer les groupes eux-mêmes. Un tel plan aurait pour objectifs la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de la vie économique de groupes nationaux, ainsi que la suppression de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, voire de la vie des personnes appartenant à ces groupes. Le génocide vise le groupe national en tant qu'entité, et les actions en question sont dirigées contre des individus, non pas ès qualité, mais en tant que membres du groupe national. »

Sachant qu'on t'avait déjà donné la définition actuelle officielle qui disait la même chose : la notion de génocide tient surtout dans le fait de mettre en oeuvre un plan destiné à éliminer une population, pas la quantité de gens effectivement tués. Ca n'est pas affaiblir ce terme que de considérer que commettre un génocide ça n'est juste un concours de bite sur le plus de morts provoqués, bien au contraire.
Once
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

Curieux qu'on n'ait pas encore parlé d'une forme de génocide très particulière. On est focalisé sur la destruction physique d'un peuple (comme la Shoah) en nous basant sur l'intention claire et nette de l'exterminateur (qui peut poser problème adaptée à Gaza).

Mais on oublie trop souvent d'aborder la question du génocide CULTUREL qui est quelque chose de vraiment terrible et dont on a plusieurs exemples sous la main. Je pense aux Indiens d'Amérique, je pense aux Tibétains aussi.

Quand y a t il un génocide CULTUREL ? Il y a génocide culturel quand il y a :

1) l'interdiction ou la répression d'une langue ;
2) la destruction de lieux religieux, monuments ou œuvres culturelles ;
3) l'interdiction de certaines traditions, pratiques ou coutumes ;
4) l'assimilation forcée, notamment par l'éducation ;
5) le retrait forcé d'enfants à leur communauté afin de les intégrer à une autre culture ;
6) l'effacement de l'histoire ou de l'identité d'un peuple.

Je surligne le dernier élément de la définition car c'est bien ce qu'Israël essaie de faire - non pas seulement à Gaza mais dans tout l'espace palestinien et ce, depuis 1948. Sans y arriver totalement puisque la défense de la cause palestinienne survit malgré tout.

Mais les points 1, 4 et 5 me font aussi penser à ce que Poutine essaie de faire dans le Dombass (et qu'il a réalisé en déportant des enfants ukrainiens du Dombass pour tenter de les assimiler à une autre forme de culture)

Remarque importante : le terme « génocide culturel » est largement utilisé dans les débats historiques, politiques et universitaires, mais il n'est pas une catégorie autonome dans la définition juridique du génocide de la Convention de l'ONU de 1948. Certains actes de destruction culturelle peuvent toutefois servir de preuve d'une intention génocidaire lorsqu'ils accompagnent d'autres actes visant à détruire un groupe.

En bref : le génocide physique vise à détruire les personnes ; le génocide culturel vise à détruire ce qui fait l'identité du groupe.

De mon point de vue, le génocide culturel est bien plus terrible que le génocide physique car il efface de manière plus beaucoup plus radicale l'existence même de tout un peuple dans la mémoire des hommes. Ou alors il les réduit en sous hommes qui ont perdu leur identité réduits au chômage, vivant misérablement, dans l'alcool ou la drogue (ce que l'on voit par exemple chez beaucoup d'indiens d'Amérique ou chez des autochtones australiens..)

On doit pouvoir remarquer, admettre et reconnaître une chose au passage : l'Occident "blanc" a une responsabilité énorme au niveau des tentatives de génocides culturels qu'il a réalisées durant ses périodes coloniales.

Ce qui est aussi incroyable c'est que certains peuples persécutés, martyrisés, déportés, "génocidés physiquement" depuis les plus lointaines époques jusqu'à nos jours continuent malgré tout d'exister en gardant complètes leur identité d'origine et en la défendant ardemment : c'est l'histoire du peuple juif, tout simplement.

Quand on voit le nombre de peuples qui vivaient à l'époque biblique dans la région de l'actuelle Palestine et qui ont tous disparu depuis longtemps pour de multiples raisons (dont une, à savoir qu'ils auraient fusionné avec d'autres) mais qu'on examine en parallèle l'histoire du peuple hébreu depuis ses origines jusqu'à nos jours, on peut se demander comment il a pu survivre à tout ce qu'il a subi depuis toujours et comment il a pu garder une identité intacte : en fait, il n'a jamais voulu s'assimiler, c'est ce qui a fait sa force mais qui lui a aussi valu toutes les persécutions dont il a fait l'objet.

Même si c'est à une toute autre échelle, même si c'est en une tout autre proportion et une toute autre durée historique, ce qui est désastreux c'est qu'aujourd'hui, des Israéliens sans mémoire reproduisent en Palestine ce qu'ils ont eux mêmes subi durant des siècles.

Ils disent que "les gazaouis sont des animaux" sans se rendre compte une seule seconde que ce sont eux qui les ont réduits à cet état. De la même manière, les nazis considéraient les juifs qu'ils envoyaient à l'abattoir comme des "sous-hommes" après les avoir traités comme des animaux.

Le génocide culturel ce n'est pas seulement quand on essaie de détruire physiquement un homme, c'est aussi quand on essaie de lui ôter toute dignité, tout respect de lui même et quand on veut le transformer en déchet humain vivant.

C'est exactement ce que fait Israël à Gaza et en Cisjordanie. Et c'est un crime odieux. Les Israéliens devraient être les mieux placés au monde pour prendre la mesure de ce qu'ils ont en train de faire en Palestine. Mais, apparemment, ils en ont perdu toute conscience en grande majorité.

Seuls, des Juifs de la diaspora, remettent les choses en perspective et dénoncent les crimes de l'actuelle bande de scélérats fanatiques sans mémoire qui sont actuellement au pouvoir en Israël.
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Corvo
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Corvo »

Hélas...

Gaza n’a pas disparu : nous avons simplement cessé de regarder.

À Gaza, les civils continuent de mourir tandis que le monde détourne peu à peu le regard. À force de chiffres, d’images et de communiqués, l’horreur devient presque ordinaire. Pourtant, aucune guerre ne devrait rendre acceptable la mort d’enfants, de familles et de populations prises au piège.

Il existe une forme particulière de violence dont on parle peu : celle de l’habitude.

Au début, les images nous arrêtent. Un immeuble éventré. Un père portant le corps de son enfant. Une mère qui cherche un prénom dans une liste. Un hôpital frappé. Une école transformée en refuge. Nous regardons, nous sommes bouleversés, nous jurons que cela ne peut pas devenir normal.

Puis les semaines passent. Les mois passent. Les années passent.

Et l’insupportable devient une information parmi d’autres.

Gaza n’a pourtant pas disparu.

En août 2026, les Nations unies décrivent encore une situation humanitaire critique dans la bande de Gaza. Des frappes aériennes, des tirs et des bombardements continuent d’être rapportés. Presque toute une population de 2,1 millions de personnes se retrouve concentrée sur moins de la moitié du territoire, dans des conditions de surpopulation extrême. Selon l’ONU, environ 82 % des structures de Gaza ont été endommagées et plus de 134 000 sont considérées comme détruites.

Mais quelque chose a changé.

Ce ne sont pas nécessairement les bombes.

C’est notre capacité à les entendre.

Nous parlons moins de Gaza. Les unes changent. Les notifications disparaissent. D’autres crises surgissent. L’actualité exige sans cesse une nouvelle indignation et laisse derrière elle des tragédies qui, elles, ne se terminent pas parce que nous avons cessé de les regarder.

La souffrance, pourtant, ne connaît pas la fatigue médiatique.

Un enfant qui perd sa mère aujourd’hui ne souffre pas moins parce que le conflit dure depuis longtemps. Une famille qui voit sa maison détruite ne ressent pas moins la violence parce que nous avons déjà vu mille fois des images semblables.

Et surtout, un civil ne devient pas un combattant simplement parce qu’il vit sur un territoire en guerre.

C’est peut-être cela qu’il faut rappeler avec obstination.

La guerre n’abolit pas l’humanité.

Elle ne suspend pas davantage le droit.

Le droit international humanitaire repose notamment sur une règle essentielle : distinguer les combattants des civils. Les civils ne peuvent pas être directement pris pour cible, et les parties à un conflit doivent prendre les précautions possibles pour limiter les pertes civiles. Ce principe ne dépend ni de la sympathie que l’on éprouve pour un peuple, ni du camp politique auquel on appartient.

Reconnaître cela ne revient pas à nier le 7 octobre 2023.

Les meurtres de civils israéliens, les enlèvements et les atrocités commises ce jour-là ne peuvent être effacés, minimisés ou justifiés.

Mais condamner le 7 octobre ne peut pas signifier accepter que la protection des civils palestiniens devienne facultative.

La douleur d’un peuple ne donne pas le droit d’oublier l’humanité d’un autre.

C’est précisément lorsque nous avons une raison de haïr que le droit devient indispensable. C’est précisément lorsque la guerre commence que les limites imposées à la guerre prennent tout leur sens.

À Gaza, pourtant, les enfants continuent de mourir.

Le 6 août 2026, l’UNICEF indiquait qu’au moins 300 enfants avaient été tués au cours des 300 jours ayant suivi l’annonce du cessez-le-feu d’octobre 2025. Un enfant par jour, en moyenne, pendant une période censée précisément marquer la diminution des hostilités. Des centaines d’autres ont été blessés.

Arrêtons-nous un instant sur ce chiffre.

Un enfant par jour.

Pas une statistique.

Un enfant.


Quelqu’un qui avait une voix. Une peur. Une façon particulière de rire. Peut-être un cartable qui existe encore quelque part. Peut-être un jouet sous les décombres. Peut-être une mère qui continue instinctivement à préparer une place pour lui avant de se souvenir qu’il ne reviendra pas.

Nous avons créé un vocabulaire capable de rendre tout cela supportable.

Dommages collatéraux.

Opérations.

Objectifs.

Frappes.

Zones.

Bilans.

Mais derrière chaque mot administratif se trouve un corps humain.

Derrière chaque nombre, une histoire qui ne continuera pas.

Et derrière chaque enfant tué se trouve une question que nous devrions être incapables d’éviter : à quel moment avons-nous décidé que certaines morts étaient le prix normal de la guerre ?

Même le mot « cessez-le-feu » semble aujourd’hui avoir perdu une partie de son sens.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dont les données sont relayées par OCHA, 1 254 Palestiniens avaient encore été tués entre l’annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025 et le 5 août 2026. Rien qu’en juillet 2026, plus de 150 morts ont été rapportés, dont des dizaines de civils.

Pendant ce temps, environ trois quarts de la population dépend toujours de livraisons d’eau potable par camion. Les structures médicales continuent de fonctionner dans des conditions extrêmement difficiles. Les familles vivent au milieu des bâtiments détruits, des déchets et des munitions non explosées.

Voilà ce que signifie Gaza aujourd’hui.

Pas seulement un conflit géopolitique.

Des gens qui cherchent de l’eau.

Des médecins qui essaient de soigner.

Des parents qui calculent où leurs enfants risquent le moins de mourir.

Des enfants qui devraient apprendre à lire et qui apprennent à reconnaître les objets explosifs abandonnés au sol.

Nous pouvons débattre pendant des heures de stratégie militaire, de frontières, de terrorisme, de sécurité, de responsabilité historique, de diplomatie et de rapports de force.

Ces débats sont nécessaires.

Mais ils deviennent obscènes lorsqu’ils servent à faire disparaître l’être humain.

Car il existe une frontière morale plus ancienne encore que toutes les frontières territoriales : celle qui sépare le combattant de l’enfant.

Et cette frontière doit rester infranchissable.

Je refuse donc cette idée selon laquelle parler des civils palestiniens reviendrait à choisir un camp.

Choisir les civils n’est pas choisir un camp.

Demander qu’un enfant israélien puisse grandir sans craindre d’être assassiné ou enlevé et demander qu’un enfant palestinien puisse grandir sans craindre d’être enseveli sous sa maison ne sont pas deux convictions contradictoires.

C’est la même conviction.

Celle selon laquelle une vie humaine n’acquiert pas sa valeur en fonction du passeport qu’elle porte.

Nous devons également nous méfier du silence.

Pas seulement du silence des gouvernements.

Du nôtre.

Celui qui apparaît lorsque nous faisons défiler une image de Gaza sans même nous arrêter.

Celui qui naît lorsque nous pensons : encore.

Encore des morts.

Encore des bombardements.

Encore Gaza.

Ce « encore » est peut-être l’une des victoires les plus terribles de la guerre.

Parce qu’à partir du moment où la répétition anesthésie notre conscience, tout devient possible.

Une société ne perd pas son humanité uniquement lorsqu’elle commet des atrocités.

Elle commence aussi à la perdre lorsqu’elle apprend à vivre tranquillement pendant qu’elles se déroulent.

Je ne veux pas m’habituer.

Je ne veux pas qu’un enfant mort devienne une ligne supplémentaire dans un bilan que personne ne lit jusqu’au bout.

Je ne veux pas que nous inventions des catégories d’êtres humains dont la mort provoquerait moins d’émotion parce qu’elle serait devenue prévisible.

Je ne veux pas que le mot guerre devienne une autorisation morale illimitée.

La guerre existe.

Le terrorisme existe.

La peur existe.

La nécessité pour les États de protéger leurs populations existe.

Mais aucune de ces réalités ne peut supprimer une autre réalité fondamentale : un civil reste un civil. Un enfant reste un enfant.

Il n’existe aucune victoire qui puisse rendre acceptable l’effacement de cette évidence.

Alors il faut continuer à parler de Gaza.

Pas contre Israël.

Pas pour le Hamas.

Pour les êtres humains.

Pour ceux qui ne possèdent aucun missile, aucun uniforme, aucune salle de négociation, aucun siège aux Nations unies.

Pour ceux dont la seule ambition est parfois devenue extraordinairement simple : survivre jusqu’au lendemain.

Le monde ne manque pas d’informations sur Gaza.

Il risque quelque chose de plus grave : manquer d’attention.


Et lorsque nous cessons de regarder suffisamment longtemps, nous finissons par croire que ce que nous ne voyons plus n’existe plus.

Gaza existe.

Ses enfants existent.

Ses morts ont existé.

Ses survivants existent encore.

Et tant que des populations civiles continueront de payer le prix des décisions des hommes armés, nous aurons le devoir de prononcer leurs noms, de raconter ce qu’elles vivent et de rappeler cette vérité élémentaire :

la guerre peut expliquer la violence. Elle ne doit jamais nous apprendre à l’accepter.

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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par mic43121 »

Ce sont NOS incendies qui ont fait passer Gaza au second plan ..
ça s'en va et ça revient....
Mais je suis tout a fait d'accord avec ces VÉRITÉS...
:super:
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

Ce qui m'interroge, moi, c'est la capacité qu'on peut avoir à oublier les choses, ou à détourner le regard. Autre chose aussi : la lassitude face aux tragédies qui se répètent et l'envie de passer à autre chose...

Ce n'est pas si vieux et je m'en souviens bien : quand Poutine a lancé son offensive en Ukraine en février 2022, un membre de ce forum retraçait jour après jour, les horreurs de cette agression. Et l'on suivait jour après jour tous ses posts franchement bien informés et fournis.

Aujourd'hui, 4 ans plus tard, Poutine continue de bombarder les villes ukrainiennes chaque jour, chaque nuit en faisant des morts et des blessés parmi les blessés. Chaque jour, chaque nuit.

Or, l' on peut avoir l'impression que tout le monde s'en fout en étant passé à autre chose (et Dieu sait que les sujets ne manquent pas !) En tout cas, la mobilisation des premiers mois sur l'Ukraine semble être retombée. Je n'accuse personne, je me mets dans le lot d'ailleurs et je ne fais que constater.

Il y a donc bien une lassitude , normale et humaine, qui peut expliquer tout ça. Il peut y avoir aussi une "banalité du mal" comme le disait Hannah Arendt.

Image

Elle a inventé ce concept de "banalité du mal" en observatrice du procès Eichmann : https://fr.wikipedia.org/wiki/Banalit%C3%A9_du_mal

Oui mais, une chose : les tortionnaires, eux, les Poutine et les Netanyaou, n'oublient rien et travaillent sur le long terme. Ils comptent justement sur notre fatigue et notre lassitude pour poursuivre leurs basses œuvres loin des projecteurs.

Et c'est ça qui est terrible : quand on continue de perpétrer des crimes contre l'humanité loin des caméras et dans un quasi silence international.

Mais les victimes, elles, savent et subissent. Et le plus terrible c'est quand l'oppresseur et le vainqueur leur ôte toute possibilité de raconter leur propre histoire en la remplaçant par une seule version officielle = la sienne, comme si elle était unique.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Une particularité des hommes est leur faculté d'adaptation. Lorsque l’on a enlevé aux juifs un droit, ils s’y sont accoutumés. Puis un autre, et ils s’y sont accoutumés, et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu’on les envoie dans les camps.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par vivarais »

Corvo a écrit : 15 août 2026 07:25 Hélas...

Gaza n’a pas disparu : nous avons simplement cessé de regarder.

À Gaza, les civils continuent de mourir tandis que le monde détourne peu à peu le regard. À force de chiffres, d’images et de communiqués, l’horreur devient presque ordinaire. Pourtant, aucune guerre ne devrait rendre acceptable la mort d’enfants, de familles et de populations prises au piège.

Il existe une forme particulière de violence dont on parle peu : celle de l’habitude.

Au début, les images nous arrêtent. Un immeuble éventré. Un père portant le corps de son enfant. Une mère qui cherche un prénom dans une liste. Un hôpital frappé. Une école transformée en refuge. Nous regardons, nous sommes bouleversés, nous jurons que cela ne peut pas devenir normal.

Puis les semaines passent. Les mois passent. Les années passent.

Et l’insupportable devient une information parmi d’autres.

Gaza n’a pourtant pas disparu.

En août 2026, les Nations unies décrivent encore une situation humanitaire critique dans la bande de Gaza. Des frappes aériennes, des tirs et des bombardements continuent d’être rapportés. Presque toute une population de 2,1 millions de personnes se retrouve concentrée sur moins de la moitié du territoire, dans des conditions de surpopulation extrême. Selon l’ONU, environ 82 % des structures de Gaza ont été endommagées et plus de 134 000 sont considérées comme détruites.

Mais quelque chose a changé.

Ce ne sont pas nécessairement les bombes.

C’est notre capacité à les entendre.

Nous parlons moins de Gaza. Les unes changent. Les notifications disparaissent. D’autres crises surgissent. L’actualité exige sans cesse une nouvelle indignation et laisse derrière elle des tragédies qui, elles, ne se terminent pas parce que nous avons cessé de les regarder.

La souffrance, pourtant, ne connaît pas la fatigue médiatique.

Un enfant qui perd sa mère aujourd’hui ne souffre pas moins parce que le conflit dure depuis longtemps. Une famille qui voit sa maison détruite ne ressent pas moins la violence parce que nous avons déjà vu mille fois des images semblables.

Et surtout, un civil ne devient pas un combattant simplement parce qu’il vit sur un territoire en guerre.

C’est peut-être cela qu’il faut rappeler avec obstination.

La guerre n’abolit pas l’humanité.

Elle ne suspend pas davantage le droit.

Le droit international humanitaire repose notamment sur une règle essentielle : distinguer les combattants des civils. Les civils ne peuvent pas être directement pris pour cible, et les parties à un conflit doivent prendre les précautions possibles pour limiter les pertes civiles. Ce principe ne dépend ni de la sympathie que l’on éprouve pour un peuple, ni du camp politique auquel on appartient.

Reconnaître cela ne revient pas à nier le 7 octobre 2023.

Les meurtres de civils israéliens, les enlèvements et les atrocités commises ce jour-là ne peuvent être effacés, minimisés ou justifiés.

Mais condamner le 7 octobre ne peut pas signifier accepter que la protection des civils palestiniens devienne facultative.

La douleur d’un peuple ne donne pas le droit d’oublier l’humanité d’un autre.

C’est précisément lorsque nous avons une raison de haïr que le droit devient indispensable. C’est précisément lorsque la guerre commence que les limites imposées à la guerre prennent tout leur sens.

À Gaza, pourtant, les enfants continuent de mourir.

Le 6 août 2026, l’UNICEF indiquait qu’au moins 300 enfants avaient été tués au cours des 300 jours ayant suivi l’annonce du cessez-le-feu d’octobre 2025. Un enfant par jour, en moyenne, pendant une période censée précisément marquer la diminution des hostilités. Des centaines d’autres ont été blessés.

Arrêtons-nous un instant sur ce chiffre.

Un enfant par jour.

Pas une statistique.

Un enfant.


Quelqu’un qui avait une voix. Une peur. Une façon particulière de rire. Peut-être un cartable qui existe encore quelque part. Peut-être un jouet sous les décombres. Peut-être une mère qui continue instinctivement à préparer une place pour lui avant de se souvenir qu’il ne reviendra pas.

Nous avons créé un vocabulaire capable de rendre tout cela supportable.

Dommages collatéraux.

Opérations.

Objectifs.

Frappes.

Zones.

Bilans.

Mais derrière chaque mot administratif se trouve un corps humain.

Derrière chaque nombre, une histoire qui ne continuera pas.

Et derrière chaque enfant tué se trouve une question que nous devrions être incapables d’éviter : à quel moment avons-nous décidé que certaines morts étaient le prix normal de la guerre ?

Même le mot « cessez-le-feu » semble aujourd’hui avoir perdu une partie de son sens.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dont les données sont relayées par OCHA, 1 254 Palestiniens avaient encore été tués entre l’annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025 et le 5 août 2026. Rien qu’en juillet 2026, plus de 150 morts ont été rapportés, dont des dizaines de civils.

Pendant ce temps, environ trois quarts de la population dépend toujours de livraisons d’eau potable par camion. Les structures médicales continuent de fonctionner dans des conditions extrêmement difficiles. Les familles vivent au milieu des bâtiments détruits, des déchets et des munitions non explosées.

Voilà ce que signifie Gaza aujourd’hui.

Pas seulement un conflit géopolitique.

Des gens qui cherchent de l’eau.

Des médecins qui essaient de soigner.

Des parents qui calculent où leurs enfants risquent le moins de mourir.

Des enfants qui devraient apprendre à lire et qui apprennent à reconnaître les objets explosifs abandonnés au sol.

Nous pouvons débattre pendant des heures de stratégie militaire, de frontières, de terrorisme, de sécurité, de responsabilité historique, de diplomatie et de rapports de force.

Ces débats sont nécessaires.

Mais ils deviennent obscènes lorsqu’ils servent à faire disparaître l’être humain.

Car il existe une frontière morale plus ancienne encore que toutes les frontières territoriales : celle qui sépare le combattant de l’enfant.

Et cette frontière doit rester infranchissable.

Je refuse donc cette idée selon laquelle parler des civils palestiniens reviendrait à choisir un camp.

Choisir les civils n’est pas choisir un camp.

Demander qu’un enfant israélien puisse grandir sans craindre d’être assassiné ou enlevé et demander qu’un enfant palestinien puisse grandir sans craindre d’être enseveli sous sa maison ne sont pas deux convictions contradictoires.

C’est la même conviction.

Celle selon laquelle une vie humaine n’acquiert pas sa valeur en fonction du passeport qu’elle porte.

Nous devons également nous méfier du silence.

Pas seulement du silence des gouvernements.

Du nôtre.

Celui qui apparaît lorsque nous faisons défiler une image de Gaza sans même nous arrêter.

Celui qui naît lorsque nous pensons : encore.

Encore des morts.

Encore des bombardements.

Encore Gaza.

Ce « encore » est peut-être l’une des victoires les plus terribles de la guerre.

Parce qu’à partir du moment où la répétition anesthésie notre conscience, tout devient possible.

Une société ne perd pas son humanité uniquement lorsqu’elle commet des atrocités.

Elle commence aussi à la perdre lorsqu’elle apprend à vivre tranquillement pendant qu’elles se déroulent.

Je ne veux pas m’habituer.

Je ne veux pas qu’un enfant mort devienne une ligne supplémentaire dans un bilan que personne ne lit jusqu’au bout.

Je ne veux pas que nous inventions des catégories d’êtres humains dont la mort provoquerait moins d’émotion parce qu’elle serait devenue prévisible.

Je ne veux pas que le mot guerre devienne une autorisation morale illimitée.

La guerre existe.

Le terrorisme existe.

La peur existe.

La nécessité pour les États de protéger leurs populations existe.

Mais aucune de ces réalités ne peut supprimer une autre réalité fondamentale : un civil reste un civil. Un enfant reste un enfant.

Il n’existe aucune victoire qui puisse rendre acceptable l’effacement de cette évidence.

Alors il faut continuer à parler de Gaza.

Pas contre Israël.

Pas pour le Hamas.

Pour les êtres humains.

Pour ceux qui ne possèdent aucun missile, aucun uniforme, aucune salle de négociation, aucun siège aux Nations unies.

Pour ceux dont la seule ambition est parfois devenue extraordinairement simple : survivre jusqu’au lendemain.

Le monde ne manque pas d’informations sur Gaza.

Il risque quelque chose de plus grave : manquer d’attention.


Et lorsque nous cessons de regarder suffisamment longtemps, nous finissons par croire que ce que nous ne voyons plus n’existe plus.

Gaza existe.

Ses enfants existent.

Ses morts ont existé.

Ses survivants existent encore.

Et tant que des populations civiles continueront de payer le prix des décisions des hommes armés, nous aurons le devoir de prononcer leurs noms, de raconter ce qu’elles vivent et de rappeler cette vérité élémentaire :

la guerre peut expliquer la violence. Elle ne doit jamais nous apprendre à l’accepter.

https://blogs.mediapart.fr/sirine-gaoua ... e-regarder
Qui a commencé le 7 octobre
Un an ; un mois ; une semaine ; un jour avant cette date il n'y avait pas ce déchainement de violence que ce massacre et ces prises d'otages ont déclenchées
Et pour quel résultat ; Gaza est en ruine et le Hamas quasi éliminé
il est obligé de supplier TRUMP d'intervenir pour que cela s'arrête alors qu'avant il haïssait les USA et brulait la bannière étoilée
Les 1200 morts israéliens et autres du 7 octobre qui ne faisaient que la fête ont donné 60 milles morts à Gaza dont principalement du Hamas et de leurs proches
Pas un seul commanditaire du 7 octobre n'a survécu tout comme la majorité des auteurs
Et cela continuera jusqu'à ce que le Hamas soit totalement éradiqué et qu'un nouveau 7 octobre ne se reproduise plus
Les palestiniens auraient pu avoir un pays et des sièges à l'ONU ; mais c'est des palestiniens qui les en ont empêché
Aujourd'hui au Liban c'est pareil , c'est le hezbollah qui empêche le Liban de vivre en paix et de prospérer économiquement
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Mesoke a écrit : 14 août 2026 18:37 Premièrement dans ce cas en effet on se fout de l'étymologie, parce que l'étymologie c'est juste l'origine du terme, pas sa définition.

Ensuite tu as coupé la partie dans laquelle l'IA parlait du monsieur qui a définit ce terme, Lemkin, en croyant qu'on n'irait pas chercher ce qu'en a réellement dit ce monsieur. Sa définition était la suivante :

« De nouvelles conceptions supposent l'adoption de nouveaux termes. Par « génocide », nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. Ce nouveau mot, forgé par l'auteur pour signifier une vieille pratique dans son évolution moderne, ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d'une nation, sauf lorsqu'il est réalisé par des meurtres en masse de tous les membres d'une nation. Il entend plutôt signifier un plan coordonné de différentes actions visant à la destruction de fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, dans le but d'exterminer les groupes eux-mêmes. Un tel plan aurait pour objectifs la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de la vie économique de groupes nationaux, ainsi que la suppression de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, voire de la vie des personnes appartenant à ces groupes. Le génocide vise le groupe national en tant qu'entité, et les actions en question sont dirigées contre des individus, non pas ès qualité, mais en tant que membres du groupe national. »

Sachant qu'on t'avait déjà donné la définition actuelle officielle qui disait la même chose : la notion de génocide tient surtout dans le fait de mettre en oeuvre un plan destiné à éliminer une population, pas la quantité de gens effectivement tués. Ca n'est pas affaiblir ce terme que de considérer que commettre un génocide ça n'est juste un concours de bite sur le plus de morts provoqués, bien au contraire.
https://www.google.com/search?q=Genocid ... fId=ChxjMe
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

papibilou a écrit : 15 août 2026 14:04 Une particularité des hommes est leur faculté d'adaptation. Lorsque l’on a enlevé aux juifs un droit, ils s’y sont accoutumés. Puis un autre, et ils s’y sont accoutumés, et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu’on les envoie dans les camps.
C'est inexact. Il y a eu des rebellions comme celle du Ghetto de Varsovie.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

vivarais a écrit : 15 août 2026 16:36 Qui a commencé le 7 octobre
Le 7 octobre n'est qu'un épisode de ce conflit centenaire. D'ailleurs, vous avez entendu parler de Nakba ? Et vous intéressez-vous aux exactions des colons de Cisjordanie commises en ce moment même avec la complicité de Tsahal ? Alors pourquoi cette compassion à sens unique ?

Un an ; un un jour avant cette date il n'y avait pas ce déchainement de violence que ce massacre
Vous souhaitez voir passées en revues toutes les exactions israéliennes depuis des décennies ?

Et pour quel résultat ; Gaza est en ruine et le Hamas quasi éliminé
Tout bénef pour les génocidaires du gouvernement Netanyaou actuel : ils n'auraient pas pu rêver mieux. D'ailleurs un des cinglés de l'équipe" d'extrême-droite au pouvoir avait pu twitter un moment "Merci le 7 octobre !" Netanyaou l'avait aussitôt fait effacer.
Les palestiniens auraient pu avoir un pays et des sièges à l'ONU ; mais c'est des palestiniens qui les en ont empêché
N'importe quoi.

Par contre, ce qui est factuel et acté c'est qu'Israël n'a pas respecté des dizaines de résolution depuis 1948. Vous voulez la liste ?
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Once a écrit : 16 août 2026 13:37
papibilou a écrit : 15 août 2026 14:04 Une particularité des hommes est leur faculté d'adaptation. Lorsque l’on a enlevé aux juifs un droit, ils s’y sont accoutumés. Puis un autre, et ils s’y sont accoutumés, et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu’on les envoie dans les camps.
C'est inexact. Il y a eu des rebellions comme celle du Ghetto de Varsovie.
Beaucoup trop tard. Ils se sont laissés déposséder de leur biens, de leurs emplois de leurs commerces, se sont laissés enfermer, se sont laissés affamer et ce n’est que lorsque l'armée allemande a voulu arrêter ceux qu’ils n’avaient pas envoyé à Treblinka qu’ils se sont soulevés.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

papibilou a écrit : 16 août 2026 15:36
Once a écrit : 16 août 2026 13:37

C'est inexact. Il y a eu des rebellions comme celle du Ghetto de Varsovie.
Beaucoup trop tard. Ils se sont laissés déposséder de leur biens, de leurs emplois de leurs commerces, se sont laissés enfermer, se sont laissés affamer et ce n’est que lorsque l'armée allemande a voulu arrêter ceux qu’ils n’avaient pas envoyé à Treblinka qu’ils se sont soulevés.
Faux.

1) Les Juifs ne se sont pas « laissés enfermer » au sens d'un choix libre.
Le ghetto était un instrument de coercition : déplacements forcés, murs, gardes, barbelés, terreur, prises d'otages et répression. À Varsovie, environ 400 000 personnes furent concentrées dans le ghetto, dans des conditions de surpeuplement, de faim et de maladie extrêmes. Dire qu'elles se sont « laissées enfermer » efface le rapport de force entre une population civile désarmée et un État policier disposant de l'armée, de la police et d'un appareil de terreur.

2) Par ailleurs : la déportation vers Treblinka n'était pas immédiatement comprise par tous comme une mise à mort.
C'est un point essentiel. Les nazis pratiquaient la tromperie : déportations présentées dans différents contextes comme des transferts ou des affectations au travail. À l'été 1942, les habitants du ghetto de Varsovie ne disposaient pas tous d'une connaissance claire et certaine de ce qui attendait les déportés. Lorsque les informations sur les meurtres de masse à Treblinka se sont confirmées et propagées, la résistance armée s'est structurée davantage.

3) La résistance n'a pas commencé seulement en avril 1943. Après la grande déportation de l'été 1942, la ŻOB — l'Organisation juive de combat — s'est organisée et a cherché des armes. En janvier 1943, plusieurs mois avant le soulèvement célèbre d'avril, des combattants juifs ont attaqué les forces allemandes lors d'une nouvelle opération de déportation. L'opération allemande fut interrompue après la capture d'environ 5 000 à 6 500 personnes, et cette expérience encouragea la population à construire des caches et des bunkers en prévision d'une nouvelle attaque.

4) En fait, la résistance juive ne se réduit pas au ghetto de Varsovie. Des organisations clandestines se sont développées dans environ une centaine de ghettos d'Europe orientale. Il y eut des soulèvements ou des résistances armées dans de nombreux autres ghettos, des groupes de partisans juifs — jusqu'à environ 20 000 combattants juifs dans les forêts d'Europe orientale selon l'USHMM — ainsi que des révoltes dans les centres de mise à mort eux-mêmes : Treblinka en 1943, Sobibor en 1943 et Auschwitz-Birkenau en 1944

5) Surtout, « résister » ne signifiait pas uniquement prendre les armes. Fuir, se cacher, fabriquer de faux papiers, faire passer des enfants, rejoindre des partisans, saboter, transmettre des informations, conserver clandestinement des archives et maintenir des institutions culturelles ou religieuses constituaient également des formes de résistance. L'USHMM considère explicitement comme faux le cliché selon lequel les Juifs n'auraient pas résisté.

Tout cela nous éloigne de Gaza mais c'était important de le rappeler quand même.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Once a écrit : 16 août 2026 15:55
papibilou a écrit : 16 août 2026 15:36
Beaucoup trop tard. Ils se sont laissés déposséder de leur biens, de leurs emplois de leurs commerces, se sont laissés enfermer, se sont laissés affamer et ce n’est que lorsque l'armée allemande a voulu arrêter ceux qu’ils n’avaient pas envoyé à Treblinka qu’ils se sont soulevés.
Faux.

1) Les Juifs ne se sont pas « laissés enfermer » au sens d'un choix libre.
Le ghetto était un instrument de coercition : déplacements forcés, murs, gardes, barbelés, terreur, prises d'otages et répression. À Varsovie, environ 400 000 personnes furent concentrées dans le ghetto, dans des conditions de surpeuplement, de faim et de maladie extrêmes. Dire qu'elles se sont « laissées enfermer » efface le rapport de force entre une population civile désarmée et un État policier disposant de l'armée, de la police et d'un appareil de terreur.

2) Par ailleurs : la déportation vers Treblinka n'était pas immédiatement comprise par tous comme une mise à mort.
C'est un point essentiel. Les nazis pratiquaient la tromperie : déportations présentées dans différents contextes comme des transferts ou des affectations au travail. À l'été 1942, les habitants du ghetto de Varsovie ne disposaient pas tous d'une connaissance claire et certaine de ce qui attendait les déportés. Lorsque les informations sur les meurtres de masse à Treblinka se sont confirmées et propagées, la résistance armée s'est structurée davantage.

3) La résistance n'a pas commencé seulement en avril 1943. Après la grande déportation de l'été 1942, la ŻOB — l'Organisation juive de combat — s'est organisée et a cherché des armes. En janvier 1943, plusieurs mois avant le soulèvement célèbre d'avril, des combattants juifs ont attaqué les forces allemandes lors d'une nouvelle opération de déportation. L'opération allemande fut interrompue après la capture d'environ 5 000 à 6 500 personnes, et cette expérience encouragea la population à construire des caches et des bunkers en prévision d'une nouvelle attaque.

4) En fait, la résistance juive ne se réduit pas au ghetto de Varsovie. Des organisations clandestines se sont développées dans environ une centaine de ghettos d'Europe orientale. Il y eut des soulèvements ou des résistances armées dans de nombreux autres ghettos, des groupes de partisans juifs — jusqu'à environ 20 000 combattants juifs dans les forêts d'Europe orientale selon l'USHMM — ainsi que des révoltes dans les centres de mise à mort eux-mêmes : Treblinka en 1943, Sobibor en 1943 et Auschwitz-Birkenau en 1944

5) Surtout, « résister » ne signifiait pas uniquement prendre les armes. Fuir, se cacher, fabriquer de faux papiers, faire passer des enfants, rejoindre des partisans, saboter, transmettre des informations, conserver clandestinement des archives et maintenir des institutions culturelles ou religieuses constituaient également des formes de résistance. L'USHMM considère explicitement comme faux le cliché selon lequel les Juifs n'auraient pas résisté.

Tout cela nous éloigne de Gaza mais c'était important de le rappeler quand même.
La France avait le plus grand nombre de juifs en Europe. Certes vous trouverez des juifs dans la résistance, mais l’immense majorité a, comme en Allemagne, espéré que accepter les mesures antisémites était un moyen de passer une mauvaise période. Dans la plupart des cas on accepte des mesures iniques graves et la revolte, quand il y en a, n’arrive qu'à un moment ou cette acceptation devient impossible.
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Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Corvo »

Ah ! Léon Léon Léon ...

Le pape Léon XIV dénonce les violences contre la population palestinienne en Cisjordanie
Publié le 16 août 2026 à 15h01 Lecture : 1 min

Lors de l’Angélus de ce 16 août 2026 à Castel Gandolfo, Léon XIV a appelé à la fin des violences en Cisjordanie, où des colons israéliens ont assiégé un village. Le pape a encouragé le signe de « fraternité » que représentent les Jeux méditerranéens.

Après la prière mariale qu’il a récitée sur la place de la Liberté, au pied de sa résidence estivale, le pape a lancé un appel « pour que cessent les violences répétées contre la population civile palestinienne en Cisjordanie ». Des mots qui ont déclenché les applaudissements nourris de la foule. En Cisjordanie, de très nombreuses attaques montrent que des colons tentent de prendre le contrôle de cette région, défiant l’armée israélienne.

Depuis plusieurs jours, des familles du village de Qusra, en Cisjordanie, sont assiégées par des colons israéliens. D’après Terre sainte Magazine, des propriétaires palestiniens et des militants israéliens pour la paix ont essuyé vendredi des tirs de colons à Beit Sahour. Le ministre israélien de la défense, Israël Katz, a indiqué vouloir transférer à la police le maintien de l’ordre dans ce territoire occupé.

Appel à une paix « juste et équitable »
Lors de l’Angélus, Léon XIV a demandé « instamment » à la communauté internationale de « faire en sorte que progresse la solution à deux États, afin de parvenir à une paix juste et durable ». Le 26 juillet dernier déjà, le pontife avait dénoncé « la persistance et l’aggravation de la violence en Terre sainte, dont ont récemment été victimes de nombreux civils, en Cisjordanie et à Gaza ». Il avait plaidé pour une « solution politique équitable, fondée sur l’égale dignité et les mêmes droits pour chaque personne humaine ».

Ce dimanche, le pape a par ailleurs encouragé la tenue des Jeux méditerranéens, compétition sportive quadriennale, dont l’édition 2026 se tiendra à Tarente du 21 août au 3 septembre. Se réjouissant de la participation de « plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe appartenant à l’espace méditerranéen », il a souhaité que cet événement soit « une prophétie de paix et de fraternité entre les peuples de cette région et du monde entier ».

https://www.la-croix.com/religion/le-pa ... e-20260816
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