sacamalix a écrit :
On sait également que l'automatisation et la robotisation vont supprimer des emplois. On sait également qu'il est suicidaire de continuer cette fuite en avant vers toujours plus de production, toujours plus de croissance, toujours plus de consommation... Alors on fait quoi ? La vie devient une grande loterie où seuls survivront ceux qui auront un emploi ? On exploite les ressources, les gens, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien et qu'on en crève tous ? Parce qu'il ne faut pas se leurrer, la seule issue possible au capitalisme tel qu'il est pratiqué actuellement, c'est ce qui est arrivé aux habitants de l'île de Pâques : disparaître après avoir épuisé toutes les ressources disponibles.
Bien évidemment qu'on ne pourra pas tous gagner 2000€ en travaillant 18h. Mais si pour certains, l'argent est le symbole de la réussite, quelque chose à amasser, pour d'autres ce n'est qu'un moyen de subsistance, et ils ont d'autres intérêts. Est-il moins honorable de vouloir aider son prochain ou profiter de sa famille plutôt que de se tuer à la tâche pour la seule satisfaction de voir grossir son compte en banque ? Pourquoi ceux qui font le choix de l'humain (en sachant que leurs moyens financiers seront limités, mais suffisants à leurs besoins) devraient-ils subir la dictature de l'argent ?
Un exemple tout bête : ma voiture, c'est un simple moyen de locomotion. Je ne lui demande rien d'autre qu'un moteur qui tienne la route, un volant et des sièges pour toute la famille. Dois-je pour autant être jugé par celui qui ne voit que par les grosses berlines prestigieuses, qu'il ne sort que le dimanche pour aller chercher le pain ?
On va arriver à une période où il faudra apprendre à partager la ressource, la richesse. Pas forcément à parts égales, mais en fonction des besoins et des envies de chacun. Tout le monde n'aura pas d'emploi, mais tout le monde devra vivre. Comment tu résous l'équation sans sortir de ce système égoïste ? Je souhaite que chacun puisse choisir sa vie. Je suis prêt à laisser ceux qui le souhaitent se battre pour gagner des millions, jusqu'à ce qu'ils crèvent parce que leur jet privé à touché une déneigeuse russe. Mais dans ce cas, il faudrait aussi accepter que d'autres vivent dans une philosophie différente, et leur donner les moyens de la vivre.
Ne t'en fais pas mon cher Fonck, comme tu le dis si bien, les gens aiment trop leur Iphone pour s'en priver. Alors même si tu leur donne 800€ tous les mois, tu trouveras toujours des gens pour aller bosser, gagner un peu voire beaucoup plus, et nourrir leur soif de gadgets et de clinquant. Mais ceux qui ont d'autres valeurs pourront également les exprimer... et une implication dans une association solidaire, un club sportif ou l'éducation de ses enfants, c'est aussi de la valeur ajoutée pour la société...
Peut-on imaginer une société, en fin de compte, sans travail ? une société où les robots bosseraient à notre place ? ou l'emploi serait optionnel ? Déjà je pense aux chômeurs, aux exclus, aux personnes qui viennent de se faire licencier, qui ont une famille à assumer, à élever, qui cherchent un boulot pas trop pourri, pas trop mal payé, aux seniors (aujourd'hui à 45 ans t'es un senior et tu n'intéresses plus les employeurs qui préfèrent embaucher un jeune mois cher), tous ces gens qui sont dans "la merde" et qui doivent garder espoir. Et nous on est là à philosopher sur "une société sans travail est-elle possible ?" J'avoue que j'ai un peu honte.
Tu as une vision encore une fois bien trop idyllique de l'humain. Si l'être humain se trouvait "libéré" du travail, que crois-tu qu'il ferait ? Que tous les êtres humains deviendraient adeptes du développement personnel et cultiveraient leur jardin ? Regardons autour de nous, il existe aujourd'hui des personnes "délivrés" du travail. Prenons par exemple, les pays très peu peuplés et qui ont une manne pétrolière. Les monarchies pétrolière (Arabie saoudite, Qatar, ...) Que voit-on ? Extrémisme religieux, ne pensent qu'à accumuler les richesses les plus fastueuses, financement du terrorisme, ..., esclavagisme, ...
Si on voyage dans notre passé, que voit-on ? des nobles, des seigneurs eux aussi délivrés du travail. A quoi passaient-ils leur temps ? A guerroyer, à abuser des plus faibles, à comploter entre-eux pour conquérir le pouvoir.
Ainsi d'une certaine manière, on peut voir le travail comme une bénédiction !
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville