Alors j'aime bien,mais quand même heureusement qu'il y a un mec sur ce forum qui vérifie,pas beau lofo d'avoir coupé les causes de cet échec.....
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Après les tragiques attentats des 7 et 8 janvier 2015 , vient le temps de l’introspection et de l’action. L’école-institution sociale centrale dans notre modèle français d’intégration républicaine et laïque-mérite un débat approfondi et des mesures d’exception. Pour alimenter la réflexion après avoir diffusé, le 13 janvier 2015, une note consacrée à l’apprentissage de la citoyenneté dans l’école française, le Conseil national d’évaluation du système scolaire(Cnesco) publie ce jour une second note complémentaire, intitulée Ecole,immigration et mixités sociale et ethnique
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La première note questionnait l’apprentissage de la citoyenneté à l’école.
Nous en résumons ici les principaux points.
Sur le papier, notre programme d’enseignement civique est quasi -exemplaire : la France est le seul pays européen à dispenser pendant douze années consécutives un enseignement à la citoyenneté à la fois obligatoire et associé à des quotas d’heures définis
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Sur le terrain, les lacunes de cet enseignement sont nombreuses
: heures d’enseignement non dispensées dans leur totalité car souvent intégrées dans des enveloppes horaires globales notamment dans l’enseignement professionnel aux publics socialement défavorisés, pratique du débat argumenté
non généralisée, faible engagement des élèves dans les instances de gouvernance des établissements (conseil de classe, conseil d’administration...), taux d’abstention des lycéens record aux élections de la vie lycéenne, projets citoyens dans et hors de l’école trop exceptionnels.
Ce déséquilibre entre cours d’enseignement d’éducation civique et l’apprentissage actif de la citoyenneté par le débat et les projets concrets handicape cet enseignement: la recherche montre, en effet, que c’est par un apprentissage actif que l’élève comprend et s’approprie les valeurs de citoyenneté
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.Ces difficultés dans la mise en œuvre s’expliquent entre autres, par la faiblesse de la formation des enseignants, en éducation civique globalement, sur le fait religieux en particulier mais aussi sur les dispositifs pédagogiques d’apprentissage de la citoyenneté active.
La quasi-absence de formation des élèves qui jouent des rôles de représentants dans leurs établissements (délégués de classe, représentants au Conseil d’administration...) n’est pas, non plus, étrangère à leur faible engagement dans ces responsabilités. Les difficultés de mise en œuvre s’expliquent aussi par l’absence de statut prioritaire de la matière Éducation civique, que révèle notamment l’incohérence du cadre des examens nationaux.
Par exemple, l’éducation civique est évaluée dans les baccalauréats professionnels mais l’éducation civique, juridique et sociale (ECJS) n’a pas sa place dans les épreuves de la voie générale.Des interrogations sur notre modèle d’intégration républicaine et
laïque par l’école.
Au-delà de l’apprentissage de la citoyenneté, les tragiques événements de ce début d’année
interrogent aussi plus largement la capacité de l’école française à jouer le rôle crucial qui est le sien dans notre modèle d’intégration républicain des populations scolaires issues de l’immigration.
Notre seconde note École,immigration et mixités sociale et ethnique montre à partir des résultats de recherche que les résultats scolaires des élèves issus de l’immigration se sont dégradés durant la dernière décennie et que l’écart de performance entre les jeunes autochtones et les immigrés de la seconde génération est supérieur, en France, à celui observé
dans les autres pays de l’OCDE. Les filles issues de l’immigration réussissent cependant mieux que leurs alter ego garçons.
Un sentiment d’injustice dans l’univers scolaire est plus marqué chez les
enfants issus de l’immigration notamment en matière d’orientation.
Ces résultats ne sont pas sans lien avec l’existence, en France, d’une ségrégation sociale et ethnique.
Certaines recherches ont mis en évidence l’existence de «ghettos scolaires».
Or, la recherche montre que la ségrégation sociale et ethnique produit des effets néfastes puissants sur
un ensemble de dimensions sociétales.
Plus les écoles sont ségréguées socialement et ethniquement, plus les problèmes de santé des jeunes, leur consommation de stupéfiants, les incivilités, les maternités précoces, l’intolérance vis-à -vis de l’étranger ou plus généralement de l’altérité, la difficulté à dialoguer et à travailler avec des jeunes de milieux sociaux et culturels différents... progressent.
Les écoles ghettos créent de plus des dynamiques d’apprentissage négatives qu’éclairent aujourd’hui les statistiques scolaires.À l’étranger (Royaume-Uni, Belgique, États-Unis, Irlande...) des politiques nationales volontaristes sont mises en place pour fabriquer les mixités sociale et ethnique, elles peuvent éclairer les décisions d’action publique en France. Si ces politiques scolaires, pour développer une école citoyenne, réellement intégratrice de tous les élèves français, ne peuvent se construire que sur le long terme, il est désormais urgent de les engager concrètement
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