En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... B1Z32Hi.99Méline avait 8 ans. Elle était lourdement handicapée, ne parlait pas, portait des couches, marchait mal avec une attelle à chaque jambe, et son dos ne tenait droit que cadenassé dans un corset fermé par des boulons. Le 22 août 2010, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), sa mère Laurence l’a étranglée dans son lit avec une écharpe, après avoir dissimulé son visage sous un oreiller. Puis elle a essuyé le sang qui coulait du nez de l’enfant, l’a changée, vêtue d’une jolie robe. Elle a posé une croix en bois sur son torse et disposé autour de son corps sans vie ses peluches préférées.
Quand les secours sont arrivés à la maison, le lendemain matin, alertés par la grand-mère de Méline, Laurence Nait Kaoudjt reposait, à demi consciente, aux côtés de sa fille. Elle avait avalé du Lexomil et tenté de s’ouvrir les veines. Sur une table de nuit, une enveloppe adressée « aux personnes qui me trouveront » contenait des instructions pour les obsèques. Les vêtements choisis pour l’incinération étaient disposés juste à côté. Dans un secrétaire, une autre lettre à laquelle elle avait épinglé la carte de visite du notaire, renfermait son testament, par lequel elle léguait à sa mère la maison qu’elle avait achetée, six mois plus tôt, à Saint-Malo.
Cinq ans ont passé. Laurence Nait Kaoudjt comparaissait lundi 14 septembre devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine à Rennes sous l’accusation de meurtre.
Au-delà du fait divers, je m'interroge. Comment juger cette affaire ? Difficile d'imaginer le quotidien de cette personne. Difficile d'élever un enfant très handicapé dans notre pays. Difficile de juger. Alors quoi : perpétuité, clémence ?

