Kelenner a écrit : Toutes les enquêtes d'opinion sont très claires à ce sujet, le sujet de l'immigration est le principal moteur du vote FN. D'autres préoccupation peuvent s'y ajouter (sécurité, chômage, salaires...) mais soit elle passent au second plan, soit elles sont reliées au premier (chômage = trop d'immigrés; insécurité = la faute des arabes etc...). Ca semble donc logique que le parti insiste sur son seul point fort.
Le reste, notamment le programme économique passé en 20 ans de l'ultra-libéralisme le plus débridé (quand le parti représentait principalement les classes les plus aisées) à une espèce de gloubi-boulga pseudo-marxisant pour séduire les ouvriers, est de circonstance. Il n'y a pas de réflexion idéologique derrière. Il faut quand même se souvenir que Madame Le Pen a déclaré sans rire avoir "pris conscience" de la pauvreté en France en se présentant à Hénin-Beaumont, à 40 ans passés. Ca en dit long sur la sincérité du discours...
Il faut reconnaître que cette thématique de l'immigration fonctionne.
Et cela malgré l'intervention continue de tous les artistes, intello, journalistes. Tout ce que la gauche bien-pensante compte comme relais dans les leaders d'opinions. Noah, longtemps personnalité préférée des français a mis le paquet, on a eu D. Boon dernièrement, plus tous les "touche pas à mon pote" et pourtant le FN monte.
Soit, beaucoup de français sont d'affreux racistes, ce dont je doute réellement.
Soit, il y a réellement un problème avec l'immigration massive de peuplement, (et non pas une immigration professionnelle) et les français les plus touchés, c'est à dire les classes populaires votent massivement pour le FN, le seul parti à mettre en avant ce problème.
Mais cela c'est hyper difficile à prendre en compte par les partis de gauche.
Par le PS qui compte énormément sur le vote des 2ième et 3ième générations, qui est sa base électorale avec les fonctionnaires.
Par les partis d'extrême-gauche, prisonniers de leur idéologie droit-de-lhommiste, universaliste, anti-nationaliste qui attirent de moins en moins les classes populaires.
Le PS au pouvoir ne peut pas se tirer une balle dans le pied en réformant notre politique d'immigration, en mécontentant une part importante de sa base électorale.
Et la droite traditionnelle au pouvoir a du mal aussi à réformer cette politique, car une partie du patronat fait pression pour maintenir une immigration continue de personne non qualifiée pour remplir des tâches que les français récents ou nouveaux ne veulent pas accomplir.
Résultat des courses. Notre politique d'immigration n'est pas réformée. Les classes populaires votent de plus en plus pour le FN.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville