Kelenner a écrit :
Bon, je ne connais pas le cas particulier de la boîte de ton ami, mais c'est vraiment un truc que j'ai du mal à piger dans votre logique soi-disant "libérale" -pour les autres. Si sa boîte a véritablement perdu 200 000 euros en 2015, peut-être est-ce seulement une mauvaise passe et je le souhaite à ton ami, mais d'une façon ou d'une autre ça veut dire qu'elle n'est pas viable. Dans votre logique libérale, ce n'est pas à l'Etat de compenser les pertes d'une entreprise qui ne tient pas la route : les forts bouffent les faibles, toussa toussa quoi...
Tu devrais donc dénoncer comme une aberration économique totale de renflouer les caisses d'entreprises bancales. De toutes évidences, ça ne sert à rien, c'est voué à l'échec et ça ne créera jamais le moindre emploi. Il vaudrait donc mieux concentrer les aides sur ce qui fonctionne, ou qui peut fonctionner. Une entreprise n'est pas un être humain, elle peut crever, ce qui compte c'est de permettre de créer suffisamment d'activité ailleurs pour permettre au maximum de gens d'avoir un emploi. Balancer des sommes indécentes et monstrueuses pour tenter tant bien que mal de sauver artificiellement (et avec le fric des autres !) des projets qui ne tiennent pas la route, je ne vois pas ce que ça apporte. Et ce, d'autant plus que ce n'est nullement l'objectif affiché du CICE.
Une boite tant qu'elle a de la trésorerie ou que les banques sont prêts à financer une trésorerie à court terme, elle reste vivante.
Tu es peut-être au courant, qu'il y a une crise dans le BTP et que cette crise touche également la Bretagne.
De nombreuses boites ont fermé.
La sienne pour l'instant, elle survit à la crise parce qu'elle avait des réserves de trésorerie importante.
Mais c'est sur que si la crise continue, il devra soit licencier, soit arrêter son activité.
Ce qui est marrant avec cet ami, c'est que c'est le vrai type de droite, catho breton, famille industrielle, etc ...
Mais alors depuis la crise, il est plutôt passé "à gauche".
Je m'explique. Son principal problème, c'est qu'il n'a plus que des clients retraités ou pré-retraités plutôt riches.
Il n'a plus de jeunes ménages primo-accédants.
Il est donc favorable désormais aux prêts à taux zéro, à une hausse des salaires des jeunes ménages, à l'embauche de fonctionnaires pas trop mal payés qui pourront obtenir des prêts bancaires facilement ...
Bref, il est devenu pour ainsi dire un patron avec des idées presque "de gauche" favorables à une reprise économique par la demande et la hausse des salaires ...
Nos discussions sont bien sur très animées, tu imagines !
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville