De l'aide psychologique,il n'y en a pas eu."
Chauffeur de bus Rémois,Manuel Dias,soixante trois ans fut la seule victime du Stade de France,fauché par la première explosion.Son fils Michaël se bat depuis contre l'oubli.
Cela fait un an que votre père Manuel est décédé au Stade de France.Ce France-Suède at'il réveillé des souvenirs douloureux?
"Ce ne sera jamais aussi douloureux qu'il y a un an,le jour du deuil."
Vous n'étiez pas au Stade vendredi,pourquoi?
"Je n'ai pas été invité.On m'avait proposé de venir pour le premier match après les attentats et pour l'Euro mais j'ai refusé à chaque fois.Ils se sont peut-être lassés(sourires)...Mais c'est trop tôt pour faire la fête à dix mètres de l'endroit ou mon père a perdu la vie.Le foot entre nous c'était une façon d'échanger,de parler des matchs,des transferts.Je n'ai plus ça,alors j'ai coupé un peu avec le foot.J'ai dû voir trois matches de l'Euro et un récemment du Sporting (Portugal)."
En revanche vous serez aujourd'hui à Saint-Denis pour dévoiler une plaque commémorative à la mémoire de votre père et de toutes les victimes des attentats de Paris.
"La municipalité de Paris en est à l'origine.C'est à la fois anecdotique mais en même temps il faut que cela reste dans les esprits,qu'on ne banalise pas les attentats.Récemment quelqu'un me disait:"Cela fait seulement trois mois qu'on n'a pas eu d'attentats",en parlant de Nice.Cette plaque doit rappeler que des vies sont brisées,chez les blessés aussi.
Et comment se poursuit la votre?
"On tente de ne pas se faire oublier.On nous donne rarement la parole et elle est contrôlée.On nous empêche de pointer du doigt les responsabilités politiques et comme à Nice on tombe dans les discours bien-pensants et larmoyants!
Mon discours pour le dévoilement de la plaque commémorative a été par exemple revu et corrigé par l'Elysée.
Et au niveau des aides?
"Elles sont anecdotiques.Ma soeur est très présente auprès de l'Association "13 Novembre:Fraternité et vérité" et doit se battre pour des choses dérisoires.Je ne peux être déçu de l'aide psychologique,il n'y en a pas eu.On devait appeler un numéro,le psychologue de Banlieue nous a dit qu'il n'avait pas le temps et il a fallu se battre pour qu'il voie ma mère quinze minutes.Ensuite vous avez rendez-vous dans un hôpital psychiatrique ou vous côtoyez des cas qui n'ont rien à voir avec ce que vous vivez.
Sur le plan financier l'accompagnement est également dérisoire avec des pertes énormes compensées par quelques milliers d'euros pour les faire taire."
Article de presse paru hier dans le quotidien Sportif l'Equipe,je pensais que ça vous intéresserait.

Aux mains de l'Etat,la force s'appelle Droit....Aux mains de l'individu,elle se nomme le crime....
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
...La mort avant le déshonneur!