http://www.liberation.fr/france/2017/06 ... nt_1574980
et des extraits choisis :
ou comment détourner un principe logique déjà existant et le transformer en porte ouverte à tous les procédés arbitraires permettant de maintenir en permanence les salariés sous une épée de DamoclèsNégociation du motif du licenciement, des indemnités…
La proposition du gouvernement irait donc encore plus loin. Et concrétiserait un vieux rêve du patronat : pouvoir négocier, en amont, et à l’échelle de l’entreprise, le motif du licenciement. Et là, tout devient possible : prévoir d’autres critères, encore moins exigeants, que ceux prévus par la loi El Khomri, mais aussi en inventer de nouveaux. Et les personnaliser au niveau de la boîte. En définissant, par exemple, un niveau de ventes pour les commerciaux ou de production pour les ouvriers. En cas de non-respect de ces objectifs, le licenciement deviendrait alors automatique, et sans possibilité de recours. De la même manière, pourraient être négociés le niveau des indemnités légales de licenciement (et non pas prud’homales, accordées par le juge en cas de licenciement illicite, lire page 5), la durée de la période d’essai, le préavis et les congés familiaux.
en clair, plus besoin pour le salarié de donner son accord, on le fait à sa place, et s'il n'est pas content ....Primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail
Aujourd’hui, à l’exception de quelques situations précises, les modifications du contrat de travail découlant d’un accord d’entreprise doivent être acceptées par le salarié, qui doit signer un avenant à son contrat. Le gouvernement propose d’y mettre fin, en prévoyant «un principe général de primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail».
la double peine : d'abord la perte de son emploi au moyen de procédés injustes, mais en prime les yeux pour pleurer pour obtenir une compensation décenteUn barème obligatoire des indemnités en cas de licenciement abusif
Le plafonnement des dommages et intérêts versés par les prud’hommes aux salariés en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse est, on le sait, au programme (lire page 5). Les seuils envisagés par le nouveau gouvernement ne sont pas encore connus. Mais le cabinet de Muriel Pénicaud se dit déjà prêt à baisser le plancher de six mois de salaire, octroyé aujourd’hui aux salariés de plus de deux ans d’ancienneté injustement licenciés par des entreprises de plus de 11 salariés.
de quoi encourager une délocalisation massive pour maximiser les profits hors de France, encourager les magouilles diverses et variées pour plonger dans le déficit une filiale française dont on veut se débarrasser, et obtenir la bénédiction pour licencier à tour de bras ... ce qui parait incompréhensible, c'est que l'on encourage implicitement la fuite des recettes fiscales hors de France et le creusement du chômage en France ...Un nouveau périmètre du licenciement économique
La redéfinition du périmètre géographique pris en compte en matière de licenciement économique revient sur la table. Figure dans le document de la Direction générale du travail une réforme du «périmètre d’appréciation des difficultés économiques» à l’échelle nationale lorsque l’entreprise appartient à un groupe mondial.
Concrètement, une entreprise pourrait réduire ses effectifs dans sa filiale française malgré des résultats florissants à l’échelle internationale. Cette possibilité figurait dans une première version de la loi travail, avant que le gouvernement ne fasse marche arrière sous la pression des syndicats (CFDT comprise) et des frondeurs socialistes.
En bref, même s'il ne s'agit pas de textes définitifs, l'esprit de la réforme est là et force est de constater qu'il est d'un cynisme révoltant ; tout va dans le même sens, réaliser les vieux rêves du patronat en transformant les salariés en esclaves dociles et prêts à tout accepter, tout en ayant de moins en moins de moyens pour se défendre ... écoeurant ...
reste à espérer que chaque salarié, qu'il soit ouvrier ou cadre, prenne conscience du fait que personne n'est à l'abri et agisse en conséquence
