En France, l'assistant vocal virtuel d'Amazon, Alexa, a débarque en juin 2018.
Source:Le Point.
Les enceintes connectées sont-elles devenues de nouveaux outils d'espionnage ? La question se pose à l'heure de la multiplication des objets connectés, censés nous faciliter le quotidien. Et un article de Bloomberg, paru jeudi, vient jeter de l'huile sur le feu : Amazon emploie des milliers de personnes à travers le monde dont la tâche est d'écouter les enregistrements capturés par les enceintes Echo utilisant l'assistant vocal virtuel Alexa afin de les transcrire et les annoter. Le but affiché de l'entreprise : aider Alexa à mieux comprendre le langage humain, et améliorer ainsi ses fonctionnalités pour davantage rendre service à l'utilisateur.
Ces enregistrements seraient faits à partir des conversations des utilisateurs avec la machine, mais aussi avec certains « bruits de fond ». Selon Bloomberg, citant un employé de la région de Boston, le travail consiste la plupart du temps à analyser les données vocales enregistrées à la recherche de sons ou de mots spécifiques. Et ce, dans le but de mieux les référencer et de rendre l'algorithme d'Alexa plus performant. Mais, de temps en temps, Alexa capte des bribes de conversations d'ordre privé. Le site évoque notamment une femme chantant faux sous la douche ou bien un enfant hurlant pour qu'on vienne l'aider. Certains enregistrements sont même bien plus dérangeants. Ainsi, deux des employés interrogés par Bloomberg sous le couvert de l'anonymat pensent, un jour, avoir entendu, au travers de l'enceinte, ce qui s'apparenterait à une agression sexuelle. Amazon affirme avoir mis en place une procédure à suivre dans ces cas, mais, selon les employés, après avoir fait remonter ce qu'ils avaient entendu, l'entreprise leur a fait savoir que ce n'était pas de son ressort d'agir.
La confidentialité, au cœur de la politique d'Amazon ?
Dans un courrier électronique à l'attention de Bloomberg, l'entreprise de Jeff Bezos explique prendre « la sécurité et la confidentialité des données de ses clients très au sérieux ». « Nous n'annotons qu'un infime échantillon des enregistrements vocaux fournis par Alexa afin d'améliorer l'interface et l'expérience utilisateur », ajoute-t-elle, précisant n'avoir aucune tolérance envers de quelconques abus du système. « Toute information est traitée avec la plus grande confidentialité ». Sur son site internet, Amazon explique bien avoir recours aux demandes des utilisateurs à Alexa pour mieux former ses systèmes de reconnaissance vocale et à terme améliorer la compréhension de la langue pour fournir un meilleur produit.
Mais, relève Bloomberg, à aucun moment il n'est précisé que ces données sont écoutées par des êtres humains. L'entreprise se contente d'indiquer qu'aucun clip audio n'est gardé tant que l'enceinte n'est pas activée, soit en pressant une des touches disponibles, soit en prononçant la commande d'activation, qui le plus souvent consiste pour l'utilisateur à prononcer le mot « Alexa » ou « Echo ». Une clarification qui constitue sans doute un vrai soulagement pour ces utilisateurs qui refuseraient encore d'entrer dans l'ère de l'abandon total de vie privée...
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