lefigaro.frLa présidente de «Libres!» juge «impossible de refonder les idées de la droite de l’intérieur du parti».
Trois jours après la démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains, Valérie Pécresse a annoncé, mercredi soir, au 20 heures de France 2, sa démission des Républicains. «Nous devons refonder la droite, elle est menacée d’extinction, mais en femme libre j’ai décidé de quitter les Républicains. La refondation de la droite ne peut passe faire à l’intérieur du parti», a-t-elle assuré, dénonçant une formation «cadenassé dans sa formation et dans ses idées».
Si le calendrier de l’annonce en a surpris plus d’un à droite, y compris parmi ses proches - Valérie Pécresse s’était affichée aux côtés de Gérard Larcher la veille pour tenter de trouver une réponse politique à la crise de la droite -, sa décision, elle, était en germe depuis des mois. Après l’élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains en décembre 2017, la présidente de la région Ile-de-France n’avait eu de cesse d’appeler à «la réconciliation des deux droites», dénonçant le rétrécissement de la base électorale de sa famille politique. Mais à l’inverse de Xavier Bertrand, elle avait fait le choix de ne pas quitter les Républicains pour créer son propre parti Libres!
«J’ai acquis la conviction qu’aujourd’hui la droite est plurielle», expliquait-elle en septembre 2017 en lançant son mouvement. «C’est pour cela que j’ai créé Libres!: je pense qu’aujourd’hui il y a deux droites. Nous ne regagnerons que si ces droites savent se parler, s’écouter, se comprendre.» De plus en plus convaincue de l’impasse de la ligne stratégique de Laurent Wauquiez au fur et à mesure des mois, Valérie Pécresse, qui avait fini par soutenir la candidature de François-Xavier Bellamy par «fidélité» et «amitié» s’était sentie «en décalage», selon un proche, au meeting parisien de la campagne des européennes, Porte Maillot, le 15 mai dernier. «Non la droite n’est pas morte, le centre n’est pas mort, nos valeurs ne sont pas mortes...», assurait-elle à la tribune en appelant à «la nécessité d’incarner une autre voie, une alternative à la fois à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen. Nous sommes à la fois patriotes et européens!»
«Incarner une alternance pour la France»
En privé, la présidente de la région LR Ile-de-France se disait de plus en plus inquiète du risque «de disparition de la droite» voyant sa formation politique de plus en plus condamnée. Le 7 février, lors des vœux de Libres!, Valérie Pécresse avait expliqué sans ambiguïté vouloir «porter un autre projet pour la France».«Alors que faire? Nous ne pouvons pas laisser notre destin s’écrire sans nous. Oui, nous devons assumer la France. Ne pas rester les bras croisés. Nous relever les manches», indiquait-elle clairement devant ses soutiens. «Ensemble, nous devons être prêts. Prêts à incarner une alternance pour la France. Prêts à rassembler, les conservateurs et les progressistes, les villes et les campagnes, les générations. Prêts à proposer un programme courageux, crédible et cohérent. Prêts à le porter dans tous les territoires», ajoutait-elle sans ambages.
La défaite historique de la droite aux européennes a résonné un peu plus pour elle et ses soutiens comme une confirmation de sa démarche politique. Elle avait d’ailleurs été la première à appeler à la démission de Laurent Wauquiez, quelques heures après l’annonce des résultats. «Le sujet n’est pas personnel. Le sujet, c’est celui de la ligne politique de la droite, et aussi celui de sa stratégie», avait-elle indiqué sur RTL, jugeant indispensable de «recréer une alliance de la droite et du centre». Plusieurs de ses proches, le député LR de l’Essonne et le président du groupe LR à la région Ile-de-France, Othman Nasrou, tous deux membres de «Libres!» paraissaient ces derniers jours de plus en plus critiques à l’égard de la ligne des Républicains. Comme un premier message... avant celui de leur «présidente».
Je pense qu'on voit la fin de les Républicains avec la démission de Wauquiez et celle maintenant de Pécresse, au lieu de réunir les tendances de la droite elle accentue la déchirure entre la tendance molle et la tendance protectionniste.
Je crains fort qu'au prochaine municipale nous ayons une foison de liste encore plus importante que la dernière fois voir même plus importante que les municipales.
La droite classique est morte, vive la droite.
