lexpress.frLa Coupe du monde féminine débute ce vendredi soir. L'occasion pour les organisations internationales d'inciter les femmes à investir davantage les terrains.
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à voir la vie en bleu. Le nombre de licenciées dans un club de football a augmenté de 10% à la suite de la victoire de l'équipe de France lors de la Coupe du monde l'année dernière. Et de 365% depuis 1998, année du premier titre planétaire de l'équipe de France face au Brésil. En ce vendredi 7 juin, jour de coup d'envoi de la Coupe du monde féminine en France, la question de l'accès au football pour les femmes dans le monde prédomine. L'Unesco organisait en début de semaine un débat à ce sujet. "Cette Coupe du monde féminine est l'occasion de faire avancer l'égalité entre les hommes et les femmes et ce sport peut être un levier", ouvrait la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay.
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Houriya Al-Taheri est la première femme entraîneure de football professionnel dans le Golfe arabo-persique, région asiatique où les difficultés d'accès au foot peuvent être importantes pour les femmes. "Il fallait que je fasse émerger une génération de joueuses de foot. C'est pourquoi je suis devenue entraîneure". Grâce au foot, elle a appris une autre langue, l'anglais. "Aujourd'hui, je peux porter la voix des femmes qui veulent faire du foot dans mon pays [les Emirats arabes unis] et ça, je l'ai eu grâce au foot ! [...] Maintenant, tout le monde peut jouer. Ce n'était pas le cas avant".
La féminisation du foot en marche
Marie-Cécile Naves, directrice de l'Observatoire Genre et géopolitique à l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) et spécialiste de la question de la féminisation du football, souligne les progrès accomplis en la matière: "La FFF, sous l'impulsion de la Fifa notamment, a souhaité à la fois féminiser ses instances et faciliter l'accès à la pratique du foot dès le plus jeune âge. Il faut souligner la communication qui est faite aujourd'hui : on voit par exemple sur le Web de nombreuses vidéos de petites filles qui maîtrisent les gestes techniques [...] 15 millions d'euros sont aussi consacrés par la FFF à l'accompagnement des clubs amateurs pour développer la pratique féminine."
La stratégie de la Fifa pour le foot féminin consiste notamment à accroître "la présence de femmes à des postes de responsabilités", afin de "moderniser la direction du football". Mais pour le seul cas de l'Europe, "0,17% de femmes dirigent des équipes masculines", rapporte le président de Sport & Démocratie, Sylvère-Henry Cissé.
De plus, la FFF consacre pour la saison 2018-2019 une partie de son budget à des projets qui favorisent le développement du foot féminin à travers le dispositif Fafa (fonds d'aide au football amateur) : certains projets pourraient être valorisés à hauteur de 20% si le porteur expose son plan de développement en faveur de la pratique féminine, comme la construction de vestiaires supplémentaires réservés aux femmes.
La performance avant le genre
Pour autant, de nombreux défis attendent encore d'être surmontés pour que les mentalités changent. Mais ils n'effraient pas Houriya Al-Taheri. "Il est essentiel de se voir non pas comme une femme, mais comme une championne", précise-t-elle. Une vision que partage Veronica Noseda, secrétaire générale de l'association Les Dégommeuses, une équipe de foot loisir, composée à 95% de femmes et de quelques hommes transgenres, qui "luttent contre les discriminations dans le foot et par le foot".
Préjugés sexistes et homophobes
"Il faut voir les joueuses non pas comme des femmes. Il faut voir la performance. Pour ce faire, elles doivent investir les terrains", revendique Veronica Noseda. Une question de visibilité, alors que les obstacles subsistent. "Le premier est que, pour certains, une femme n'est pas légitime sur un terrain de foot et ne sait pas jouer au foot. On va mettre en doute ses compétences sportives. Le second est le préjugé selon lequel tu deviens lesbienne. Il y a des lesbiennes dans les équipes, oui, mais elles ne le sont pas toutes".
Attaquante au Paris Saint-Germain et joueuse de l'équipe nationale du Danemark depuis 2009, Nadia Nadim croit "qu'il faut aussi changer les choses dans les instances, comme l'UEFA et la Fifa", où les femmes sont encore trop rares dans l'organigramme. Arrivée comme réfugiée afghane à 11 ans dans ce pays, Nadia Nadim "voyait des filles jouer à côté de (son) camp. J'ai vite compris que, peu importe le genre ou la couleur de peau, tout le monde peut jouer au foot. C'est de cette manière que je me suis intégrée à la société danoise", raconte-t-elle.
Des joueuses mal répertoriées
La féminisation du football constitue donc un enjeu majeur pour les fédérations. Carole Gomez, chercheuse à l'Iris, a participé à une étude sur le sujet. Elle rapporte plusieurs grandes recommandations : accompagner les footballeuses dans la continuité, médiatiser le foot féminin et développer la recherche sur le sujet.
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Pour cette nouvelle Coupe du monde, Veronica Noseda de l'association Les Dégommeuses, espère en tout cas "une fête populaire et un engouement qui permettraient de faire bouger un peu les lignes". Sa seule crainte, partagée par Marie-Cécile Naves : que l'effervescence ne soit que temporaire. La spécialiste du foot féminin rappelle tout de même l'objectif du président de la FFF, Noël Le Graët, d'ici à 2024: "doubler le nombre de licenciées en France", qui est aujourd'hui de 180 000 pour 2,2 millions de joueurs.
J'ai hésité à mettre dans le sport et puis comme l'article était dans la rubrique société du site, je me suis dis que c'était un sujet de société.
J'avoue qu'ils m'ont "bassiné" à la radio et sur différentes radios avec le mondial féminin de foot, ils étaient dithyrambiques, sur l'équipe de France sur les bienfaits de ce championnat sur le féminisme, sur la modernité du sport, bref ils en ont fait des tonnes.
Comme à mon habitude, je me suis posé la question de savoir à qui profitait tout ce battage et puis je me suis dis que c'était les annonceurs, les équipementiers et les médias qui diffusent les matchs qui allaient s'en mettre plein les poches si tant est que le foot féminin ait du succès auprès du public.
Je ne sais pas si ça va intéresser mais toujours est-il que les médias font le maximum pour ramener le plus de téléspectateur et auditeurs vers ce sport et bien sur c'est tout bénéfice pour eux car plus il y aura de monde devant les télé et à écouter la radio et plus il y aura des sous à prendre pour les plages publicitaires.
Qu'en pensez-vous ?
