da capo a écrit : 06 avril 2020 19:14
Il faudrait remettre les choses à plat.
A l'origine, les gilets jaunes étaient pour la plupart des sexagénaires plutôt fauchés
qui refusaient de changer leur vieux diesel, d'acquitter une taxe écolo sur le gas-oil et une augmentation de la csg.
Ensuite, sont venus s'agglutiner des mécontents de tendances politiques et d'origines sociales diverses, des râleurs en désordre auxquels leur nombre et l'occupation folklorique des ronds-points a donné un sentiment de puissance et l'illusion de représenter ''le vrai peuple''.
Bref, le seul crédit qu'on peut leur accorder, c'est leur refus initial d'être récupérés par les syndicats et les partis, eux mêmes dans la confusion depuis l'élection de Macron.
Finalement, les gilets jaunes ne représentent rien de précis et sont ce que la rouspétance est à la protestation, ou ce que la populace est au peuple.
A vrai dire, je ne sais pas de qui Rachida Dati veut parler, le sait-elle au moins ?
J'ai des doutes.
1) Le départ de la mobilisation a été beaucoup plus brutal que ça.
La taxe carbone, le prix du carburant étaient loin de ne concerner que des sexagénaires (je ne vois d'ailleurs aucune raison pour cela).
Le problème n'était pas de refuser de changer leur vieux Diesel, mais de ne pas avoir les moyens de le faire. Il y avait des retraités mécontents que votre freluquet narcissique (qui se ressemble...vous connaissez le proverbe

) leur fasse les poches, mécontents aussi de la hausse du prix du carburant.
2) Dans la journée sur les ronds-points, il y avait des gens qui pour vous" ne sont rien", des gens qui ne savent pas traverser la rue et qui n'ont pas envie de se payer un costume mais juste le gars qui est dedans: on a entendu des choses peu indulgentes pour Jupiter. Il y avait des chômeurs des retraités (fainéants puisqu'ils ne bossent plus pour enrichir les bourgeois) des précaires à mi temps imposés.
3) MAIS LE SOIR, et à midi, il y avait du renfort, ceux qui ne faisaient pas grève, et alors il y avait toute sorte de gens dont des employés smicards, des petits patrons artisans, des petits exploitants agricoles, des fonctionnaires... et des caissières, des pompiers , des infirmières libérales.
Il y avait aussi les routiers qui s'arrêtaient SPONTANEMENT dix minutes ou plus, histoire de calmer les haineux derrière, qui ne pouvaient plus doubler.
Ce sont bien ceux-là oui, qui tiennent le pays à bout de bras.
4) Le samedi dans les manifs...il y avait le "peuple ouvrier" et les petits (commerçants, artisans, paysans) dont Macron dit qu'il est le nôtre. Celui qui vote RN, celui qui vote à gauche (celle qui reste la vraie).
5) Macron a failli partir se mettre en sécurité. A Varennes?
Colonisation: tête de pont de la barbarie dans une civilisation d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. Aimé Césaire "Discours sur le colonialisme"