https://www.huffingtonpost.fr/entry/cor ... deb4ea003e
Macron s'est mis volontairement dans la posture « J'ai de la culture donc, vous voyez, je suis des vôtres ».POLITIQUE - Macron, Robinson, le fromage et le jambon. Le président de la République a tenté de répondre aux inquiétudes du monde de la culture, particulièrement touché par le coronavirus et ses conséquences, ce mercredi 6 mai depuis l’Élysée. Et pour ponctuer ses annonces, parmi lesquelles la très attendue “année blanche” pour les intermittents du spectacle, le chef de l’État a utilisé une formule surprenante.
“Quand Robinson part, il ne part pas avec des grandes idées de poésie ou de récit. Il va dans la cale chercher ce qui va lui permettre de survivre. Du fromage, du jambon, des choses très concrètes”, a-t-il lancé comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de l’article.
Une phrase assez énigmatique sur l’œuvre de Daniel Defoe, qui a pu surprendre les observateurs et ceux qui attendaient de pied ferme les annonces de l’exécutif. Jusqu’à attirer la moquerie de certains.
C’est ainsi que, désireux de montrer l’étendue de son savoir livresque, il a évoqué les aventures de Robinson Crusoé pour expliquer que, dans une situation de crise, il fallait faire dans le « concret », le « pragmatique », aller à l'essentiel avec ce que l'on avait à portée de main.
D'où : « Robinson, quand le naufrage est là, il prend d'abord du jambon et du fromage ! »
Il est certes vrai que, dans le roman de Daniel Defoe racontant le naufrage et la vie solitaire de Robinson, on trouve quelque chose qui ressemble à ce qu’a dit Macron :
Pages 74 et 75 ( chapitre sur le radeau)
Si l’on considère que la viande de chèvre séchée est une sorte de jambon, et que l’on s’abstient de relever le fait que, pour une fois, Macron n'a pas pensé au blé,(« Ayant bien songé à ce dont j'avais le plus besoin, je pris premièrement trois coffres de matelots, que j'avais forcés et vidés, et je les descendis sur mon radeau. Le premier je le remplis de provisions, savoir : du pain, du riz, trois fromages de Hollande, cinq pièces de viande de chèvre séchée, dont l'équipage faisait sa principale nourriture, et un petit reste de blé d'Europe mis à part pour quelques poules que nous avions embarquées et qui avaient été tuées. »
Mais, étrangement, Macron semble avoir oublié la suite du roman :
« Je pensai ensuite aux munitions et aux armes ; il y avait dans la grande chambre deux très bons fusils de chasse et deux pistolets ; je les mis d'abord en réserve avec quelques poires à poudre, un petit sac de menu plomb et deux vieilles épées rouillées. Je savais qu'il existait à bord trois barils de poudre mais j'ignorais où notre canonnier les avait rangés ; enfin je les trouvai après une longue perquisition. Il y en avait un qui avait été mouillé ; les deux autres étaient secs et en bon état, et je les mis avec les armes sur mon radeau. »
Voilà qui donne une toute autre saveur aux bons conseils du président Macron, expert en naufrage.
