L’affaire Darmanin continue de plomber le gouvernement
L’association « Pourvoir féministe » a écrit mardi 21 juillet au procureur de la République de Lille pour dénoncer des faits « susceptibles de relever du trafic d’influence passif » et saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique pour « conflit d'intérêts ».
La discussion « d’homme à homme » entre Emmanuel Macron et Gérald Darmanin n’a pas suffi. La polémique suscitée par la promotion du maire de Tourcoing au ministère de l’intérieur s’est même étendue ces derniers jours, des réseaux féministes, toujours mobilisés, au cœur de la droite française.
Mardi 21 juillet au soir, Anaïs Leleux, ancienne porte-parole du mouvement #NousToutes et présidente de la toute nouvelle association Pourvoir féministe, a écrit au procureur de la République de Lille pour relancer la procédure concernant Sarah*, l’habitante de Tourcoing qui avait déposé plainte en février 2018 pour abus de faiblesse.
Cette femme, que Mediapart avait rencontrée à l’époque, avait accusé Gérald Darmanin d’avoir profité de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles. Elle assure avoir rencontré en 2015 celui qui était maire de Tourcoing pour lui demander de l’aide dans sa demande de logement et sa recherche d’emploi. Selon ses déclarations, Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de « passer à la casserole », ainsi qu’elle l’a expliqué aux enquêteurs.
« Gérald Darmanin a abusé de moi mais il ne m’a pas forcée à avoir des relations sexuelles avec lui. [...] Je me sentais obligée de le faire pour avoir un logement et un travail », a-t-elle indiqué aux policiers, d’après le procès-verbal que Mediapart a pu consulter.
De son côté, Gérald Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, mais selon lui librement consentie. Il « n’a jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque », avaient indiqué ses avocats à Mediapart en février 2018.
Cette plainte a été classée par la justice en mai 2018 : l’enquête n’a « pas permis de caractériser dans tous ses éléments constitutifs une infraction pénale », selon le parquet de Paris.
Gérald Darmanin est visé par une autre plainte, déposée par Sophie Patterson-Spatz, pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance, pour des faits présumés remontant à 2009. Cette procédure est quant elle toujours en cours : après un classement sans suite et un non-lieu, la cour d’appel a ordonné la reprise des investigations le 11 juin dernier.
Dans le cas de Sarah*, la militante féministe Anaïs Leleux estime, dans son courrier adressé au procureur, que « la presse, relayant cette affaire, a mis en avant des SMS, courriers, factures semblant attester de faits susceptibles de relever du trafic d’influence passif ».
« En particulier, il apparaît que Monsieur Darmanin ne nie pas les rapports sexuels ; qu’il a écrit aux dirigeants de quatre bailleurs, parmi lesquels Lille Métropole Habitat, dont il est alors lui-même l'un des administrateurs. M. Darmanin, investi d’un mandat électif, aurait dès lors sollicité ou agréé un “avantage” sexuel pour abuser de son influence en vue de faire obtenir de l’administration publique un logement et du travail à une administrée », précise la militante dans cette lettre consultée par Mediapart.
Sa démarche a, sur le papier, très peu de chances d'aboutir. Mais elle repose des questions au cœur des débats qui agitent les juristes, depuis les premières révélations sur les plaintes visant Gérald Darmanin, qui bénéficie de la présomption d’innocence (lire notre article de février 2018).
Le « trafic d’influence », défini par l'article 432-11 du code pénal comme le fait, pour une personne chargée d’une mission de service public, de « solliciter ou d’agréer, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques pour elle-même ou pour autrui ». Et ce dans le but « d’abuser de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une autorité ou d’une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable ».
Les faveurs sexuelles, si elles étaient démontrées, pourraient être considérées comme un « avantage quelconque ». Des précédents de « corruption sexuelle » sont très rares mais ils existent.
« Pourvoir féministe », qui se présente comme un « laboratoire d’idées et d’actions », interpelle aussi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en dénonçant « un conflit d’intérêts » : « Comment être sûr que des policiers pourront mener leurs investigations alors que l’intérêt de leur chef est d’être reconnu innocent ? »
La lettre de déport, signée par Gérald Darmanin à son arrivée Place Beauvau (à lire ici), ne convainc pas celles et ceux qui contestent sa nomination au ministère de l’intérieur.
Ces derniers jours, la protestation s’est déplacée au cœur de la droite : deux femmes, Rachida Dati et Valérie Pécresse, ayant rejoint le chœur des critiques, quand une large palette d’élus LR (ou ex-LR), dont Xavier Bertrand, le président de la Région Hauts-de-France, ont défendu leur ancien camarade.
Emmanuel Macron « envoie les pires symboles en considérant qu’une suspicion de viol, de harcèlement et d’abus de confiance ne serait “pas un obstacle” à diriger le pays », écrit Rachida Dati.
Voilà qui va faire plaisir à notre ami gag! "Pouvoir féministe" a la même lecture de l'affaire que lui!
Y'a p'têtre une ouverture gag
Non mais plus sérieusement elles vont lui avoir la peau à Darmanin, la présomption d'innocence dans l'histoire n'est pas vraiment respectée, la justice non plus d'ailleurs puisque les décisions sont remises en cause.
Ça me fait de la peine de voir l'énergie déployée pour dézinguer un type porté sur la chose quand on voit l'impunité totale aux yeux de la populace dont bénéficie Sarkozy pour avoir mis le chaos en Libye. Idéfix ouais ben faut avouer que je ne comprend pas...