Le SCID-CFDT, qui se trouvait en désaccord avec l’organisation de Laurent Berger, avait été placé «sous administration provisoire» par cette dernière en 2014. La CFDT a été condamnée en appel à verser plus de 25.000 euros.
https://www.lefigaro.fr/social/la-cfdt- ... s-20200122
L’affaire remonte à 2014. Le syndicat francilien Commerce indépendant démocratique (SCID), qui compte alors environ 3500 adhérents, est affilié à l’actuel premier syndicat de France. Opposées sur de nombreux sujets, les deux organisations entretiennent des «relations compliquées» mais justifiées par des intérêts respectifs: la CFDT y gagne cotisations et adhérents, le SCID est pour sa part locataire de sa «maison mère» et se trouve adossé à un partenaire social influent.
Ce statu quo perdure tant bien que mal jusqu’à ce qu’un point de non-retour soit atteint en 2014, à l’occasion du débat sur le travail de nuit et du dimanche dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle. Alors que la CFDT se prononce en faveur, «dans des conditions exceptionnelles», le SCID s’y oppose, allant jusqu’à publier une tribune critiquant directement sa centrale.
«Laurent Berger n’a pas supporté nos prises de position», assure au Figaro Alexandre Torgomian, secrétaire général du SCID. «Un matin de mai 2014, je suis allé dans mes bureaux du syndicat, et je me suis retrouvé avec un service d’ordre qui m’empêchait d’y entrer», reprend-il. Plus aucun membre du SCID ne peut dès lors pénétrer les locaux. L’organisation se trouve sous le coup, selon les termes de la CFDT, d’une «suspension provisoire des instances dirigeantes». La Confédération invoque le «non-respect par le syndicat des règles de fonctionnement internes à la CFDT.»
on constate que laurent berger à la tete de la CFDT se comporte aussi en monarque absolu
rien d'étonnant qu'il s'entende si bien avec macron
etonnant que macron ne l'ait pas pris comme premier ministre
« La CFDT a outrepassé les pouvoirs qu’elle tient de ses statuts »
Arrêt de la cour d’appel de Paris du 16 janvier 2020
Pourtant, le règlement intérieur de la CFDT de l’époque ne permet pas une telle mesure. «Ce n’était pas expressément prévu par les statuts», confirme au Figaro Maître Saadat, avocat de la CFDT dans ce dossier. Ce que l’arrêt de la cour d’appel de Paris confirme: «il ne ressort pas des statuts de la CFDT ni de son règlement intérieur dans sa version en vigueur à l’époque des faits que la confédération avait le pouvoir de mettre un syndicat confédéré sous administration provisoire ou sous tutelle» ; «La CFDT a outrepassé les pouvoirs qu’elle tient de ses statuts», peut-on lire aussi.
