C'est très juste. Les créanciers et investisseurs ont tout intérêt à ce que la situation actuelle persiste. L'émission de titres de dettes publiques attise l'appétit vorace de certains investisseurs, ce n'est pas pour rien si, même avec des taux d'intérêts négatifs, les titres de dettes publiques sont si attractifs.AAAgora a écrit : 12 mai 2022 23:21 Un créancier aime qu'on lui rembourse les interêts de la dette, mais surtout pas la dette, car cette dernière est la source d'interêts.
Sans dette, pas d'interêts, le suicide du créancier assuré.
Comme quoi l'économie est accessible à tout le monde et il ne s'agit pas de répéter bêtement ce que l'on entend à la télé. Sofasurfer semble également avoir bien cerné certaines problématiques qui gravitent autour de la dette publique.
Il y a beaucoup de questions autour de la dette publique. Par exemple, qui pratique le commerce d'OAT (Obligations Assimilables du Trésor) ? Principalement des assureurs, des fonds de pensions et des bourgeois. En sommes, des spéculateurs qui n'apportent pas grand-chose. Je pense notamment aux bourgeois auxquels on pratique de nombreux cadeaux fiscaux depuis quelques années et qui, en parallèle, achètent des OAT pour que l'Etat, dans un même temps, leur verse des intérêts.
Le marché n'a pas à servir de "garde-fou" aux Etats sociaux, ni même à discipliner les peuples "dépensiers". C'est un problème politique majeur à l'heure actuelle car la dette publique discipline nos "démocraties" et conditionne en bonne partie les politiques menées par les gouvernements.
Pour ma part, je regrette le manque de discernement et d'honnêteté intellectuelle de ceux qui prêchent la rigueur budgétaire sous couvert d'objectivité gestionnaire. Ne pas comprendre que le recours sans cesse croissant au marché pour décider de la marche à suivre va nous plonger droit dans le mur est d'une stupidité sans commune mesure. Nous avons par exemple combattu la pollution en créant un marché des droits à polluer, quel en est le bilan ?
Quel est le bilan de la mise en marché de la dette publique sur le marché secondaire ? L'Etat semble plus enclin à se financer en sollicitant les épargnants qu'en les taxant, c'est la politique des caisses vides qui installe un véritable chantage à la baisse des dépenses publiques. Le refus de combler les déficits par l'augmentation des ressources fiscales (taxe sur les hauts patrimoines et les transactions financières) oblige à sanctuariser le crédit de l'Etat en n'ayant comme seule variable d'ajustement la dévaluation des services publics et sociaux.
En ce qui concerne une potentielle hausse des taux d'intérêts, je pense que ce serait une erreur. D'une part car l'inflation actuelle semble faiblement provoquée par un surplus de masse monétaire (mais le dogme monétariste hérité de Friedman semble avoir encore la peau dure) et ensuite car cela risquerait de provoquer une récession.

