El Lobo a écrit : 27 novembre 2020 01:04
scorpion3917 a écrit : 26 novembre 2020 14:49
Corrige moi si je me trompe mais j ai le souvenir que ce syndicat a contribué à la réforme des retraites portant sur les 23 ou 25 dernières années.
Il se peut que je fasse erreur et j attends ton éclairage là-dessus.
En 1995, lorsque Nicole Nota a signé la réforme des retraites, dans le dos des manifestants , la CFDT avait perdu 100 000 adhérents
CFDT en 2019 + de 620 000 adhérents: conclusion, ce qui passait mal en 1995 n' a pas empêché cette conf de devenir la 1ère en nombre d'adhérents et la 1ère dans les élections.
Ce qu'un syndicat réformiste prend la responsabilité et le courage de "signer" (un syndicat ne signe que des accords...jamais une Loi, un Décret, une Ordonnance!) ou plutôt de "soutenir" dans une période de crise sociale...et qui dans un premier temps ne passe pas, s'avère être à moyen terme une décision "intelligente" puisque souvent les
faits, les réalités démographiques, financières, économiques démontrent qu'il avait raison de cautionner une réforme décriée sur le moment.
Mais tu fais une erreur: 1995 ce sont les
ordonnances JUPPE sur la sécurité sociale, Notat n'a rien signé...et encore moins en matière de retraite cette année là!
Notat est une réformiste "à l'allemande", une sorte de Mme Merkel. Elle a porté courageusement le poids des réponses souvent difficiles aux déficits structurels de la sécurité sociale.
"Elle a le courage de ses convictions"
"Discuter avec le patronat, ce n'est en aucun cas le dédouaner", assure Nicole Notat en mai 2002, lors de son dernier congrès. Louis Viannet, son homologue de la CGT, dira d'elle : "C'est une femme qui n'a vraiment pas les mêmes conceptions que moi du syndicalisme, mais dont je suis obligé de reconnaître qu'elle a le courage de ses convictions".
Pour obtenir quand même un vote du Parlement, Alain Juppé décide donc d'engager la responsabilité de son Gouvernement. Il obtient, sans difficulté, le quitus de l'Assemblée, mais le problème est posé. Il faut donc modifier la Constitution. Il faut également mettre en œuvre toutes les mesures contenues dans son plan, ceci est fait par une série d'ordonnances.
Les principales mesures, outre la création des lois de financement (voir La constitution est modifiée pour les LFSS), sont les suivantes :
- Début de désendettement de la Sécurité sociale avec la création de la CADES, financée par la CRDS (voir La Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS)).
- Début d'une certaine forme de régionalisation du système de soins avec la création des Agences Régionales d'Hospitalisation (ARH) (voir Lancement des agences régionales d'hospitalisation).
- Volonté de réguler les dépenses de santé avec la mise en place de l'Ondam (objectif national des dépenses d'Assurance maladie). L'Ondam n'est pas vraiment une nouveauté : au tout début des années quatre-vingt-dix, sous l'impulsion de trois Ministres socialistes de la santé - René Teulade, Jean-Louis Bianco et Claude Evin - ont été créés les OQN, Objectifs Quantifiés Nationaux, qui s'appliquent progressivement à toute une série de professionnels de santé : cliniques, masseurs, infirmiers, mais à l'exception des médecins. En faisant rentrer les médecins dans l'Ondam, Alain Juppé s'attire une véritable opposition du corps médical, qui vingt ans après reste vivace.
- Création de l'Agence Nationale d'Evaluation et d'Accréditation en Santé (ANAES) (voir Lancement des agences régionales d'hospitalisation).
- Création des Conventions d'Objectifs et de Gestion (COG), conclues entre l'Etat et les caisses nationales de la Sécurité sociale.