Relax a écrit : 04 août 2022 18:24
L'antisionisme remet en cause le droit d'Israël à exercer sa souveraineté et son droit à protéger son territoire et sa population.
Aucun état de la planète, mis à part l'état juif, n'est confronté à cette malveillante absurdité.
Primo, il faut bien comprendre que l'antisionisme n'est pas forcément le fait de remettre en cause le droit d'Israël à exercer sa souveraineté. Aujourd'hui, la majorité des critiques sont fondées sur le statut des territoires palestiniens et sur la condition des arabes.
Deuxièmement, les premiers antisionistes de l'histoire sont des juifs. Avant la Seconde Guerre mondiale et le judéocide, les antisionistes rejetaient l’État juif projeté, mais alors inexistant. Après sa création, la plupart d’entre eux prônent sa « désionisation », c’est-à -dire sa transformation d’"État juif" en "État de tous ses citoyens". Dans la première période comme dans la seconde, la quasi-totalité des antisionistes sont juifs : les qualifier d’antisémites est donc une contre-vérité historique.
Troisièmement, je te renvoie vers cette enquête Ifop (
https://www.ifop.com/publication/les-fr ... ns-israel/) pour les 70 ans d'Israël dans laquelle des français sont interrogés. Selon cette enquête, 57 % d’entre eux ont une "mauvaise image d’Israël", 69 % une "mauvaise image du sionisme" et 71 % pensent que ce pays a "une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens". Sont-ils pour autant antisémites ? Évidemment non. Sous le titre « Un antisionisme qui ne se transforme pas en antisémitisme », l’enquête montre que les sympathisants de La France insoumise et du Parti communiste sont à la fois les plus critiques de la politique d’Israël ET les plus résistants aux préjugés antisémites 
"Au niveau individuel, cette même enquête montre qu’il n’y a pas de relation évidente entre l’antisionisme et l’antisémitisme." Sur le site Akadem, Brice Teinturier, qui présente l’enquête, note : "On ne peut pas, rapidement et un peu caricaturalement, dire que l’un dissimulerait l’autre".
A titre personnel, je me fou un peu de l'existence d'un Etat juif mais je considère qu'il y a là -bas une situation diplomatique préoccupante et croire que cela est seulement le fait des palestiniens serait faire preuve d'une grande naïveté. Je suis grosso-modo pour l'autodétermination des peuples mais je ne pense pas non plus que les militants qui étaient contre l'indépendance de la Catalogne (et donc de sa légitimité en tant qu'Etat) soient racistes envers les catalans. Le gros problème c'est lorsque cette auto-détermination tourne aux dérives nationalistes.
Pour moi cette confusion entre antisionisme et antisémitisme est surtout le fruit de communications politiques, comme cela a pu l'être avec la notion d'islamogauchisme. Le premier chef d'Etat français a avoir mené à la confusion est Macron qui a déclaré lors de la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la rafle, le 16 juillet 2017 : "Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme." Jamais un président de la République, même pas Nicolas Sarkozy ni François Hollande, dont on sait l’attachement à l’État d’Israël, n’avait repris à son compte cet étrange amalgame : Emmanuel Macron confond en effet dans une même réprobation un délit – le racisme antijuifs, condamné par la loi comme toutes les autres formes de racisme – et une opinion. Cette dernière conteste, comme son nom l’indique, l’affirmation par Theodor Herzl de l’impossible assimilation des juifs et donc de la nécessité d’un État où ils se retrouveraient tous. Il ne s’agit évidemment pas, comme le répète une certaine propagande, de détruire l’État d’Israël.
On ne peut être que stupéfait par l'ignorance historique de Macron...
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze